La descente aux enfers de Laroussi Oueslati, ex-président de l'Université de Toulon

Le 22 novembre 1996, alors qu’en tant que conseiller municipal Laroussi Oueslati s’opposait à la tenue d’une Fête du Livre à Toulon, un adjoint au maire s’écriait « Monsieur le Maire, faites taire le musulman ! »
Il semblerait qu’aujourd’hui le destin – el mektoub !! – l’ai entendu.
Car s’il fut un temps où Laroussi Oueslati était président de l’université de Toulon, maintenant depuis le 28 septembre il n’est plus rien juste dans la peau d’un incarcéré à la prison des Baumettes de Marseille mis en examen pour « corruption passive par une personne chargée d’une fonction publique ».
Pour mémoire, une affaire du trafic présumé de diplômes au bénéfice d’étudiants chinois, lui avait déjà valu d’être suspendu, le 19 octobre 2009, alors qu’il présidait l’université de Toulon.
Puis révoqué ensuite de la fonction publique le 21 mai 2010 « avec l’interdiction définitive d’exercer toute fonction dans un établissement public ou privé », avait annoncé le ministère de l’Enseignement supérieur.
Du temps de sa splendeur le meilleur des exemples d’intégration
Arrivé en France à l’âge de 9 ans, ce fils d’ouvrier, aîné d’une famille de neuf enfants, a toujours été un bûcheur. « Enfants, nous dormions tous dans la même pièce. Il était le seul à garder la lumière allumée tard le soir pour travailler. Il s’est toujours débrouillé tout seul », se souvient Faouzi, son frère, aujourd’hui patron d’une entreprise de maçonnerie dans la région toulonnaise.
Du temps de sa splendeur, les ambitions de Laroussi Oueslati ne connaissaient que le ciel pour limite.
Ce Tunisien d’origine, docteur ès sciences, conseiller régional, président de l’université du Sud-Toulon-Var, commençait à lorgner vers un poste ministériel et rêvait d’entrer un jour à l’Assemblé nationale.
La loi Pécresse adoptée en août 2007 en renforçant l’autonomie des Universités, donc celle des Présidents d’Universités, lui a t-elle été fatale ?
En effet, depuis trois ans le nouveau statut des universités leur permet gérer directement leur budget, recruter leur personnel et commander leurs services administratifs comme n’importe quelle entreprise privée.
Le projet le plus dithyrambique de Laroussi Oueslati était de profiter du projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) de Nicolas Sarkozy pour forger une nouvelle identité au sud méditerranéen reposant d’après ces dires sur une « histoire partagée, un attachement commun à la méditerranée. Cette culture méditerranéenne se décline magnifiquement dans le Var. En nous Varois, se fondent des apports multiples, grecs, romains, juifs, arabes, italiens, espagnols qui à la fois nous unissent à tous les Méditerranéens et nourrissent les différences de nos identités »
Proche de Michel Vauzelle, le président de la région Provence Côte d’Azur, connu pour son engagement en faveur du co-développement, il annonçait fièrement « Je le représente dans l’espace euroméditerranéen pour toutes les questions socio-économiques, culturelles et universitaires ».
A l’approche de la cinquantaine, encore récemment, il expliquait à qui voulait l’entendre que sa vie « est composée de cycles de dix ans « J’ai changé de pays à l’âge de 9-10 ans, puis décidé de devenir universitaire à 20 ans. À 30 ans, j’ai découvert le syndicalisme et la politique. À 40, les sphères de la décision. »
« Peut-être débarquerai-je à l’Élysée ou à Matignon ! » Plaisantait-t’il !!
Il faudra attendre encore un peu . C’est pas fait d’avance.
HUINENG

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