La destruction programmée de la filière littéraire

TCHOBelkacemPerseverareDiabo007BDLa filière « lettres classiques», étroitement liée à ce qu’on appelle encore dans les textes officiels de l’EN la « culture humaniste »,  a disparu depuis déjà plusieurs années. Sa visibilité, c’était l’apprentissage de deux langues mortes : le latin et le grec. Quelques chiffres : à l’université d’Aix en Provence, on compte dix étudiants en première année de Lettres classiques, huit en deuxième année. Ils ne sont plus que deux en licence. Le Capes de lettres classiques a été supprimé et remplacé par un Capes unique, avec option Lettres classiques. On a eu dès lors alors toute latitude pour supprimer ce qui reste du latin. Ce qu’on a fait.

L’enseignement en classe de 6éme incluait une séquence liée à la culture humaniste. Jusqu’en 2011, le programme proposait une liste de textes fondamentaux considérés officiellement comme constitutifs de la littérature européenne : Homère, Virgile, la Bible, Ovide et l’épopée de Gilgamesh.
Depuis 2011, cette séquence a aussi pour objectif d’initier au fait religieux en prenant pour exemple la Bible et le Coran, textes fondateurs. Voici le texte officiel :
« Le socle commun de connaissances et de compétences prévoit, au titre de la culture humaniste (pilier 5) que, tout au long de la scolarité au collège, les élèves soient « préparés à partager une culture européenne par une connaissance des textes majeurs de l’Antiquité (L’Iliade et L’Odyssée, récits de la fondation de Rome, La Bible) » et que soit ménagée en classe une « première approche du fait religieux en France, en Europe et dans le monde, en prenant notamment appui sur des textes fondateurs (en particulier des extraits de La Bible et du Coran) dans un esprit de laïcité respectueux des consciences ».

Tel qu’il est proposé, cet enseignement est basé sur des incohérences historiques, philosophiques et sur une grande ignorance en matière d’anthropologie religieuse.
L’anthropologie complexe et fragile de l’Islam n’est pas la nôtre, lentement élaborée depuis 4000 ans. Les Grecs n’ont pas occupé un pays vide. La Grèce vient de son terroir de l’Orient. C’est la souche sémitique qui a noué la gerbe de toutes les expériences les plus anciennes. La culture grecque que nous avons reçue nous est parvenue par le moule des écrits des Pères de l’Eglise ancienne. Tout ce qui a été sauvé de la culture antique l’a été par le filtre de la première synthèse judéo-chrétienne, caractérisée par la conquête mutuelle de la vérité chrétienne et de la tradition classique. Conquête qui a emprunté une double voie : linguistique, par le latin, langue qui a possédé le privilège de l’universalité, et littéraire, en colonisant des genres et des formes auréolées de prestige.

Le statut du texte coranique est unique dans le monde. Le Coran, la lettre même du Coran selon les théologiens de l’Islam est incréé, il n’appartient pas à la Création. Le mettre à l’étude comparée est tenu pour un blasphème. Le Coran touche à tous les aspects matériels, techniques, socio-économiques de la vie. Il ignore la distinction des deux royaumes, le temporel et le spirituel. L’Islam n’a rien de comparable au « Dieu vit que cela était bon » qu’on trouve dans la Genèse établissant ainsi un fondement solide pour une connaissance du monde sensible et même de la matière, contrairement à la dépréciation du monde grec puis du manichéisme. Cela sera capital pour le développement futur de la physique. Pour l’Islam, la mort résulte d’un problème de difficultés techniques que le Créateur n’a pu résoudre. Il n’y a aucune liberté véritable dans la création islamique. Il en ressort un rapport à la parole bien précis : A quoi bon convaincre si tout est déterminé. Les fondements mêmes de la religion sont hostiles à toute notre tradition de rhétorique.

Le passé de l’Europe et son avenir sont inséparables de trois idées : celle de la vérité objective, universellement valable, résultat soit d’une contemplation pure, soit d’un effort strictement rationnel ; l’idée de la personne humaine, chaque personne ayant une valeur, personne irremplaçable, libre pour une existence unique ; enfin l’idée de la technique maîtresse de la nature, multipliant les pouvoirs de l’homme et ses possibilités de richesse. La première est d’origine grecque, la deuxième d’origine chrétienne – mais diffusée en milieu romain -, la dernière, plus récente, est proprement européenne.

Ce qui n’est pas sûr en revanche, c’est qu’elle se poursuive dans un climat spirituel où la personne garde sa valeur.

Le religieux est au cœur des conflits d’idées et des conflits historiques. Le Moyen-âge s’est affirmé comme un héritier de la culture grecque, héritier sourcilleux et passionné qui va trier l’héritage, en laisser de côté, voire même en rejeter une partie ou transformer ce qu’il juge non recevable. Le XVIème siècle a eu la passion du ciel et le ciel l’a récompensé : la mécanique céleste a été le point d’insertion de la mathématisation des connaissances, le banc d’essai du déterminisme le plus rigoureux. Il a gagné tout le champ de la vie humaine, et il a de commun avec l’Islam la haine de la liberté spirituelle. Le XVIIIème siècle a posé son regard sur les choses qui sont sur la terre, sous la terre, et dans les eaux plus basses que la terre. Le champ religieux après les hautes eaux du XVIème siècle et le début du XVIIème a été balayé par la marée descendante.

Le reflux est venu. Le vide que le christianisme a laissé, l’Islam n’a pas manqué de le remplir. De plus en plus remuant, pour ne pas dire intimidant, il a fait savoir au monde qui il est. Et il l’a fait savoir avec violence.

Ce que Dieu avait à nous dire était si grand, si lourd, qu’il a fallu quatre millénaires pour le faire entrer, lentement progressivement dans l’histoire.
Nous avons trois mères, Athènes, Rome et Jérusalem.  Ni Médine, ni la Mecque ne font partie de notre mémoire culturelle. Mais on peut reprogrammer la culture pour qu’elles le deviennent. Et c’est ce que, selon toute apparence, on a entrepris de faire dans les programmes de l’Education nationale.

Marion Duvauchel

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4 Commentaires

  1. L’Instruction Publique avait pour rôle de donner à chacun le maximum de connaissances qu’il était capable d’assimiler en tirant tous le monde le plus possible vers le haut. La Merducation Nationale vise à transformer l’égalité en égalitarisme qui ne peut se faire qu’en nivelant par le bas. La gauchaille étant majoritaire dans ce domaine, elle formate les élèves pour en faire de bon gauchistes supérieurement intelligents tels qu’on peut les voir sous la bannière naziforme antifa ou bien ces phares de la pensée coruscante d’EELV, NPA ou FG.
    Quant à  » …(en particulier des extraits de La Bible et du Coran) dans un esprit de laïcité respectueux des consciences »… » les lecteurs assidus de RL savent très bien que les fioritures qu’utilise la bien pensance pour enjoliver la LAÏCITÉ ne servent en réalité qu’à la vider de sons sens : ce n’est pas à la laïcité de respecter les consciences mais aux consciences de respecter la laïcité !

  2. Qui sont les responsables. Regardez depuis 2012. Ceux-ci ont accentué le processus. La Zoubida qui flingue l’E.N. a été mise en place pour déstructurer les programmes scolaires, supprimer notre histoire et mettre celle de l’Islam, supprimer le grec et le latin. Mais les collabos de ce désastre sont les SOCIALOS. Maintenant elle s’attaque à l’écriture, l’orthographe de la langue. Ce qui va permettre de rendre encore plus fainéants les élèves qui ne sont pas trop motivés. Puis quand ils seront adultes ce sera plus facile pour les soumettre. Elle nivelle par le bas. Quant à moi, je ne changerai jamais l’écriture la langue française. Je viens d’acheter 2 dictionnaires, avant que leur contenu soit changé en termes débiles, écrits de n’importe quelle manière. Ce n’est pas une merdeuse comme la Najat qui va me faire changer.

  3. Trois marocaines : une à l’ E.N, une à la culture et la dernière à l’emploi. L’évidence de leur mission ne peut échapper qu’aux « biens-pensants » et collabos de notre destruction.

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