La fabrique du ressentiment

Le ressentiment, penchant de la nature humaine

On peut sans doute le déplorer, mais les êtres humains n’ont pas reçu les mêmes cartes quand ils sont nés, loin s’en faut. La bonne fée a donné  à certains un corps de rêve, à d’autres une grande capacité de compréhension, à d’autres encore le don d’attirer la sympathie, mais elle en a oublié quand même une grande partie. Sans compter le fait essentiel de grandir dans un environnement favorable ou pas, ou encore à une époque tranquille ou perturbée.

Beaucoup de gens considèrent ces inégalités qui sont parfois extrêmes comme des injustices  et en conçoivent ce que l’on appelle du ressentiment. Dans de très nombreux cas, ces personnes traînent ce sentiment toute leur vie comme un boulet et ne parviennent jamais à être satisfaites, encore moins heureuses.

Chacun a sans doute fait l’expérience de subir sans rien y comprendre l’hostilité d’une personne à qui il n’avait jamais causé aucun tort, si petit soit-il. La raison en est simple, l’autre considère comme une insulte personnelle les avantages particuliers que le hasard ou  votre talent personnel, ou encore votre courage, vous a attribués. Son ressentiment, qui n’était que feu sous la cendre, rejaillit pour une occasion complètement futile, où parfois même inventée. L’actualité nous en donne un exemple, avec la victoire de la famille Lefèvre dans l’émission « La France a un incroyable talent » qui a déclenché involontairement la colère sur les réseaux sociaux.

On pourrait penser qu’une compensation équitable permet de supprimer ces frustrations, mais c’est une erreur, comme en témoigne le couple princier Harry et Meghan. De l’aveu même des gens qui forment l’entourage de la famille royale et qui s’expriment au sujet de Meghan, « On lui a déroulé le tapis rouge, mais ce n’est pas suffisant et rien n’est trop beau pour elle ». Car la logique du ressentiment n’est pas dans la compensation ou le recouvrement d’une certaine égalité, mais l’humiliation et la soumission de l’autre, cela pouvant aller jusqu’à la destruction complète.

Le ressentiment collectif des peuples

Si déplaisant soit-il quand il ne concerne que des individus isolés, ce trait de caractère devient potentiellement explosif quand il s’agit de communautés comprenant des millions de personnes. La réussite d’une culture ou d’une civilisation, par le simple fait d’exister, même si elle ne fait aucun mal aux autres communautés, est très souvent objet d’envie et de haine, sentiments qui deviennent avec le temps de profondes fixations.

Certes, la civilisation occidentale, qui a brillé dans tous les domaines durant quelques siècles, a fait preuve de brutalité dans bien des cas, ni plus ni moins cependant que les autres sociétés qui se sont étendues par des conquêtes territoriales. Mais le point crucial, c’est que ce n’est pas l’aspect conquérant qui déclenche le ressentiment des autres peuples, mais la réussite civilisationnelle qui souligne par contraste l’échec de leur propre culture. Comment expliquer, sinon, que des pays comme la Suisse ou la Suède, qui n‘ont jamais possédé de colonies, soient soumis au même sentiment vindicatif ?

Lorsque le peuple ayant réussi d’une certaine manière reste puissant et sait se faire respecter, le ressentiment à son égard reste uniquement intérieur, mais dès qu’il y a un affaiblissement ou des divisions intestines importantes, l’explosion devient inévitable. Nous expérimentons actuellement à l’échelle mondiale, la violence d’un tel tsunami.

Les pays d’Afrique ont été décolonisés depuis plus de soixante ans, pour la plupart, ils ont donc largement eu le temps de se prendre en main et de se développer, d’autant plus que beaucoup d’Occidentaux les aidaient volontairement et fournissaient toutes sortes de matériels. Ils auraient pu aussi acquérir facilement le savoir-faire de ceux qui avaient développé les cultures et exploités les mines avec succès. Mais rien de tout cela n’a été fait, les systèmes d’irrigation construits par les associations humanitaires ont été abandonnés, les bonnes volontés ont été priées de rentrer chez elles.

Les dirigeants de ces pays ont préféré que leurs peuples subissent la pauvreté et la famine plutôt que de laisser les fermiers blancs travailler les terres et fournir de la nourriture pour tout le monde. Madagascar, la Zambie, le Zimbabwe et tant d’autres n’avaient peut-être pas un niveau de vie très élevé, mais étaient auto-suffisants en ressources alimentaires, le reste ne tenait qu’au développement de l’instruction et du savoir-faire. Mais c’est la violence du ressentiment qui s’est imposée à chaque fois, à la faveur d’un changement  démagogique, les Blancs ont été expulsés et parfois tués, les terres attribuées à des gens qui ne connaissaient rien à l’agriculture moderne, et les rendements sont très vite tombés. Le même processus se produit en ce moment en Afrique du Sud où les fermes sont brûlées et les habitants massacrés, et les résultats seront évidemment les mêmes. Autant pour la sagesse du grand Mandela.

Les motivations du raz-de-marée migratoire

Quand les charognards sentent qu’une bête est faible ou malade, ils tournent autour pour finalement la dévorer morceau par morceau. Il se trouve que la civilisation occidentale est devenue faible pour de multiples raisons, deux guerres meurtrières l’ont fait douter d’elle-même, le consumérisme à outrance et le bien-être matériel ont anéanti sa capacité de résistance, le déclin de la religion a participé également au délitement de la culture commune.

La boîte de Pandore s’est donc ouverte toute grande, à la faveur des désordres du Moyen-Orient et de l’avènement des fanatismes islamistes favorisés par la manne pétrolière qui, ironie du sort, s’est concentrée en majorité dans les pays musulmans. Ceux-ci ont donc profité d’une opportunité unique pour coloniser de l’intérieur leurs anciens ennemis et ont commencé à débarquer en masse sur nos côtes. Le poids de la démographie aidant, les revendications communautaires se sont faites plus nombreuses et variées, port du voile, innombrables constructions de mosquées, nourriture halal, interdiction de critiquer leur religion, etc., etc. Et à chaque fois, nos gouvernements laxistes et nos élus démagogues ont cédé du terrain.

En réalité, toutes ces protestations, et même la religion qu’ils mettent en avant, ne sont que des prétextes. La véritable raison est l’esprit de revanche, comme en témoigne l’élimination progressive des chrétiens d’Orient, le but est de soumettre et d’humilier les populations européennes, voire de les faire disparaître. Même les avantages matériels que trouvent les migrants comme le logement, la nourriture et l’accès gratuit aux soins ne font pas le poids face au désir de revanche. Ceux qui pensent le contraire et se dévouent dans les associations se trompent lourdement, ils sont en fait en grand danger car leur attitude altruiste contraste violemment avec celle de leurs « invités » qui les haïssent d’autant plus pour cela. Il n’est pas rare que ces « bienfaiteurs » se fassent tuer par leurs protégés, mais ils ne voudront pas le comprendre, car l’auréole qu’ils ont mis sur leur tête leur donne une raison de vivre.

Pêle-mêle, les autres pays africains se sont engouffrés dans la brèche ouverte, saturant rapidement les « camps de réfugiés ». D’autres ressentiments se sont fait jour, tous plus délirants les uns que les autres, comme les LGBT, les néo-féministes, les écolodingos, exigeant sans cesse de nouveaux droits et de nouvelles folies. La récente « marche des libertés » témoigne de cette conjonction contre nature.

Le petit nombre de personnes contrôlant réellement l’économie en profite pour encourager ces bouleversements qui détruisent les États qui pourraient les brider. Ils ne s’aperçoivent pas que de cette manière ils se coupent de leurs racines et que le boomerang va leur revenir avec une force dont ils n’ont aucune idée, mais le profit immédiat et la domination des masses semble être leur seule règle.

La boîte de Pandore n’est pas près d’être refermée.

Gilles Mérivac

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11 Commentaires

  1. Remarquable, mais vous suggérez à la fin du texte que les élites économiques profitent de cet état de chose, alors qu’elles font bien plus qu’en profiter, en instrumentalisant des valeurs humanistes, elles organisent le chaos( Ou Ko, si vous préférez).

  2. Excellente votre analyse Gilles ! Vraiment excellente ! Basée sur l’observation de la nature humaine où l’on y trouve d’un coté, l’ouverture d’esprit à la création, au développement face à l’obscurantisme, fainéantise, profits par l’assistanat.
    Votre passage sur la décolonisation de l’afrique voici une soixantaine d’années, me remémore une séquence d’un petit documentaire, où, un chinois exerçant dans un pays africain pour le compte d’une société chinoise, interpelle un africain francophone pour lui reprocher de l’abandon de tout l’héritage légué par les ex-colonisateurs. Idem pour le Zimbawe, Afrique du sud. Et les exemples ne manquent pas !

  3. Félicitations Gilles Mérivac. Ce texte est, à mon avis, le plus lucide sur la situation actuelle que j’ai pu lire depuis longtemps.

  4. « La boîte de Pandore n’est pas près d’être refermée. »
    sauf si les gaulois se décident à aller voter !

  5. Merci beaucoup Gilles Mérivac, pour cette analyse vue sous un prisme différent mais tellement réelle. Excellent. Au plaisir de vous lire bientôt…

  6. Dans le cauchemar qui arrive, j’ai une petite satisfaction (que j’entretiens depuis longtemps) :
    Nos envahisseurs savourent leur vie chez nous. Pour des raisons légales (aides diverses) ou illégales (méfaits). Ils vivent sur le dos de la bête tant que nous entretenons et soignons la dite bête.
    Mais j’imagine ce que deviendront nos pays quand cette immigration sera aux commandes ! Ils ne sauront pas gèrer ce qu’ils nous auront volé et s’étoufferont dans leurs excréments.
    Nos pays seront des décharges, les rats et les corbeaux s’en donneront à coeur joie.
    Tout ce qu’ils touchent se transforme en merde….
    Et nous ? Bah nous discuterons encore et toujours des « droideloms » toussa toussa du fond de nos geôles en leur trouvant des excuses.

    • Le problème, c’est qu’ils nous mettent déjà dans la merde sans être officiellement aux commandes… Merci qui ?
      Merci Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Choupinet, pour ne citer que les principaux responsables de notre malheur !

  7. Et le ressentiment croissant des (vrais) français à l’égard de leurs prétendues « zélites », on en parle ?

  8. Des « Pans d’Or » ont disparu, en effet, avec les Danaïdes…
    Restent les Pandores qui se suicident…

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