La faillite socialiste porte en elle les prémisses d’une révolution

L’affaire Cahuzac ; l’affaire Augier ; l’affaire Bettencourt ; l’affaire des frégates de Taïwan ; les affaires à venir ; les paradis fiscaux ; les blanchiments d’argent ; les comptes secrets ; les comptes suspects ; les agences-conseils en placements financiers qui expliquent comment contourner la loi ; les «oubliés» des «75 %» ; les non-déclarés en tout genre qui, connaissant les subtilités fiscales mieux que personne, savent s’en servir à leur avantage ; les riches qui congratulent les riches et se décernent des oscars ; les nappes blanches accueillant des mains qui ne sauraient rivaliser sur ce point ; les réceptions officielles ; les galas et autres falbalas ; les opérations de prestige lancées à grand renfort de capitaux (alors que parmi nos frères en humanité, d’aucuns traînent à même le sol des couloirs du métro) ; les trafics souterrains et ceux qui se pratiquent dans la rue, à la vue de tous (la police fermant les yeux sur ordre) ; les messages de paix qui s’accommodent des ventes d’armes ; les Droits de l’Homme mis au placard sitôt qu’il s’agit de signer des contrats «juteux» ; les insultes faites à ceux qui n’ont rien que leur force de travail pour survivre ; les prix qui flambent (1) ; les bas salaires toujours en cendres et toujours majoritaires ; le racket de plus en plus insupportable des radars routiers ; l’accroissement du chômage ; la multiplication des emplois précaires ; la diminution des retraites et des allocations familiales ; l’augmentation des cotisations ; la suppression des heures supplémentaires défiscalisées et des prêts à taux zéro ; la baisse du taux d’intérêt du livret A ; la hausse des loyers ; la location de studios n’excédant pas 9 m2 (!) ; les passe-droits de ceux qui, dans le souci d’assurer un logement à leur enfant, payent pour l’année le jour de la signature ; l’explosion de la délinquance ; la désintégration de la justice qui auditionne la plainte du cambrioleur et sanctionne le cambriolé ; la minimisation des viols et des meurtres (les premiers n’étant jamais que la faute des femmes, et les seconds, de la société !) ; la suppression des peines plancher ; l’acceptation tacite des «zones de non-droit», de la polygamie (qui grève la sécurité sociale), de l’égorgement sans étourdissement préalable des animaux destinés à l’alimentation humaine – ce qui, de vous à moi, bafoue la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal (2), dont même les bien-pensants se moquent ; la publicité vantant la nourriture pour chiens et chats quand des Français ont juste de quoi se nourrir ; la démission de toute forme d’autorité, notamment dans l’enseignement ; le culte des nouveaux dieux des temps modernes que sont l’image et l’enfant-roi ;  la culture jetée dans le caniveau des émissions télévisées «grand public»…

… voilà qui donne raison à Céline lorsqu’il affirmait : «Ce monde n’est, je vous l’assure, qu’une immense entreprise à se foutre du monde» !

Et c’est encore se «foutre du monde» que de vouloir soudainement le «moraliser» au nom du respect, voire de l’amour, que l’on doit à chacun ! «Ecoutez-moi bien (…) petits bonhommes, couillons de la vie, battus, rançonnés, transpirants de toujours – poursuivait Céline – je vous préviens, quand les grands de ce monde se mettent à vous aimer, c’est qu’ils vont vous tourner en saucissons de bataille (…). C’est le signe (…). Il est infaillible» (3).

Il est pourtant bien des signes qui se cachent sous ce signe, et qui disent que les «transpirants de toujours» ne transpireront pas toujours en vain : on appelle cela les prémisses d’une révolution !

Maurice Vidal

(1) En 2003, 0,979 tonne de gaz coûtaient 935,21 euros TTC. En 2013, 0,999 tonne de gaz coûtent 2011, 98 euros TTC.

(2) 15 octobre 1978.

(3) Voyage au bout de la nuit.

 

 

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