La France capitule devant l’Allemagne pour sauver l’euro

Publié le 7 décembre 2011 - par - 502 vues
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Merkel et Sarkozy se sont rencontrés le 5 décembre à Paris pour préparer la réunion des 8 et 9 décembre  de l’ensemble des chefs d’ État de l’Union européenne et voudraient que ceux-ci entérinent une révision des traités, dont le seul but est de sauver la zone euro menacée d’implosion à cause de ses dettes souveraines abyssales.

Le projet franco-allemand prévoit purement et simplement que les pays renoncent à leur souveraineté et acceptent une cure d’austérité pour rassurer les marchés financiers qui doutent de leur capacité à rembourser les prêts que leur ont consenti les banques et les investisseurs privés.

Il est important de savoir que les pays de la zone euro auront besoin de plus de 1200 milliards entre 2012 et 2013 pour pouvoir rembourser leur dette arrivant à échéance.

Les besoins de refinancement de la dette émise vont atteindre 640 milliards € en 2012 et 600 milliards € en 2013, contre 530 milliards € en 2011 (zone euro 11 pays). Il s’agit des sommes que les états de la zone euro vont devoir trouver sur le marché obligataire pour assumer le remboursement de la dette arrivant à échéance.

En effet, chaque année, un certain montant de dette obligataire émise sur les années précédentes arrive à terme. Pour une obligation, tout le capital emprunté au départ est remboursé en une seule fois à l’échéance. Afin d’assumer ce remboursement, l’ État émet une dette « de remplacement »

Le plus gros sera lié à l’Italie, l’Allemagne et la France (70 % du total sur 2012 et 2013). L’ Italie est d’ailleurs  le pays qui a le plus besoin de refinancement sur ces années. L’ Espagne ou la Grèce viennent ensuite largement derrière. La Grèce n’a pas une importance systémique pour la zone euro, l’Italie oui !

L’inquiétude sur les dettes publiques de l’Italie – et de plus en plus de la France – est alimentée par les déficits mais aussi par ces besoins de refinancement. Si les financeurs de l’ État perdaient confiance (déjà le cas pour l’Italie), un effet boule de neige sur la dette publique s’enclencherait. En effet, remplacer 350 milliards € de dettes italiennes (resp. 220 milliards € de dettes françaises) avec un taux relativement faible par de la dette à 6 % ou 7 % ou plus engendrerait une explosion de la charge de la dette.

Au-delà de la lutte contre le déficit, le mur de la dette est le principal risque pesant sur la stabilité budgétaire de l’Italie, de la France et dans une moindre mesure de l’Espagne.

Voici le détail des mesures préconisées par Merkel et Sarkozy qui devraient d’après leurs experts éviter que la zone euro explose dans les prochaines semaines :

1. Des «sanctions automatiques» envers les pays membres de l’Union européenne dont le déficit dépasserait les 3% du PIB.
2. Une «règle d’or renforcée et harmonisée au niveau européen» afin que les cours constitutionnelles de chacun des 17 pays membres de la zone euro puissent vérifier que les budgets vont «vers le retour à l’équilibre». En revanche, comme le souhaitait la France, «la Cour européenne de justice (CEJ) ne pourra pas annuler les budgets nationaux». Dans ce qui apparaît comme une position de compromis, la CEJ devra alors dire si «les règles d’or nationales correspondent à un vrai engagement de retour à l’équilibre budgétaire», a expliqué Angela Merkel. Faute de détails, le mystère demeure sur les pouvoirs de contrôle des budgets nationaux qui pourraient être accordés à la Commission.
3. Un sommet mensuel de la zone euro. La France et l’Allemagne souhaitent une réunion des chefs d’ État et de gouvernement constituant le gouvernement économique de la zone euro «tous les mois, tant que la crise durera».
4. Le fonds de secours permanent avancé à 2012. La France et l’Allemagne souhaitent que le fond de secours permanent de la zone euro entre en vigueur en 2012 plutôt qu’en 2013 comme prévu jusqu’ici. Les décisions au sein du futur mécanisme européen de stabilité devraient être prises à la majorité qualifiée représentant 85% des contributions des États à ce fonds, a affirmé le président français.

Ce plan n’est pas crédible et semble arriver trop tard et ne règle en rien le problème de la crise de la dette sur le continent européen.

A peine le sommet terminé , nous apprenons  que Standard and Poor’s (S&P) a placé ce même jour sous surveillance la note de 15 pays de la zone euro sur 17, dont les six pays encore noté AAA, avec perspective négative. Parmi ces derniers, figurent la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande et l’Autriche. La France serait plus durement sanctionnée puisqu’elle serait la seule à être menacée d’être dégradée de deux crans, contrairement aux autres pays.

Les dirigeants qui nous  gouvernent sont les principaux responsables de la dérive des comptes publics de leurs pays respectifs. Ils ont organisé avec la complicité des oligarchies financières l’endettement des États, des ménages et des agents économiques en espérant soutenir de cette façon une croissance artificielle pour  pouvoir concurrencer les pays émergents dont les économies leurs ont pris  des parts de marché du fait d’une main d’œuvre à bas coût et de la mondialisation des échanges commerciaux qui leur échappe totalement aujourd’hui.

Les pays occidentaux ont vendu des brevets aux pays émergents (je pense plus particulièrement à la Chine) à condition que ceux-ci leur ouvrent leurs marchés intérieurs.  La concurrence déloyale, le libre-échange et la délocalisation des moyens de production ne nous ont pas permis pour autant de gagner des parts de marchés, bien que au contraire, ces pays qui étaient en retard sur le plan technologique peuvent désormais rivaliser avec les pays développés et nous nous retrouvons en position de faiblesse et incapables de rééquilibrer nos échanges commerciaux

Nous avons fait disparaître des pans entiers de nos industries  et nous avons détruit des millions d’emplois au seul bénéfice des multinationales qui voulaient engranger toujours plus de profits et de dividendes pour leurs actionnaires.

Le chômage est devenu une variable d’ajustement pour les grands groupes financiers et industriels avec la complicité des gouvernements des pays occidentaux qui ont encouragé des politiques libérales dont ils pensaient que celles-ci seraient suffisamment efficaces pour relancer la croissance et la richesse

Les lois ayant privilégié le libre échange sans garde-fou ont été désastreuses et nuisibles pour la collectivité. Elles ont creusé les inégalités entre les différentes classes sociales et ont provoqué la crise de la dette qui est la conséquence d’une fuite en avant de nos dirigeants qui pensaient que par l’endettement nous arriverions à redresser nos économies.

Nos politiques bien-pensants et les économistes libéraux ont conduit les peuples dans la paupérisation en déréglementant tout ce qui pouvait permettre aux citoyens de se protéger contre les excès des patrons voulant toujours plus de liberté pour s’enrichir et verser des dividendes à leurs actionnaires.

La cupidité d’une minorité a conduit des centaines de millions de salariés dans la détresse  et il ne nous faudra pas s’étonner que ceux-ci soient en droit de se révolter pour retrouver leur dignité d’homme que la financiarisation de nos économies aura sacrifié sur l’hôtel du profit à court terme.

Réalité grecque : le témoignage poignant de Dimitri

Le quotidien des grecs, quel est-il exactement ? Ceux pour lesquels Merkel insinuait qu’ils se prélassaient au soleil pour écouler leurs interminables congés, ceux que ces philanthropes de financiers ont placé en tête de liste de leurs fameux « PIGS ».

Écoutons plutôt ce témoignage de Dimitri, français d’origine grecque, et méditons sur ce qu’il dit.

http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/realite-grecque-le-temoignage-32798

Sondage : un tiers des Français veulent revenir au franc :

Plus d’un tiers des Français (36 %) sont favorables à un retour au franc, et 45 % estiment que l’euro est un handicap pour l’économie française, selon un sondage Ipsos-Logica réalisé du 18 ou 19 novembre pour l’association Lire la société, publié dans Le Monde . Environ 36 % des Français souhaitent que, dans les années qui viennent, la France sorte de la zone euro et repasse au franc, mais 60 % espèrent que la France reste dans la zone euro, tandis que 4 % ne se prononcent pas, précise l’enquête.

L’euro est « plutôt un handicap » pour l’économie française en général, estiment 45 % des personnes interrogées, mais « plutôt un atout » pour 34 % d’entre eux. Environ 16 % pensent que l’euro n’est « ni un atout ni un handicap », tandis que 5 % ne se prononcent pas. L’euro est « plutôt un handicap » pour faire face à la crise économique et financière actuelle des dettes publiques, estiment encore 44 % des Français, mais il est « plutôt un atout » pour 33 % d’entre eux, et « ni un atout ni un handicap » pour 18 % de Français, tandis que 5 % ne se prononcent pas.

http://www.lepoint.fr/economie/sondage-un-tiers-des-francais-veulent-revenir-au-franc-05-12-2011-1404035_28.php

Dans ce contexte de crise que nous nous apercevons qu’il existe en France des hommes de gauche et des hommes de droite qui ne sont plus d’accord ou qui ne se reconnaissent plus avec la politique menée depuis 30 ans par l’ UMPS qui nous a conduit dans l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Dans l’émission sur Paris première de Samedi dernier de Naulleau et Zemmour, nous avons assisté à un débat très intéressant entre le philosophe Michel Onfray et Éric Zemmour.

Les lignes politiques sont en train de bouger et celles-ci pourraient nous ouvrir des perspectives de recomposition du paysage politique français si la crise de la dette devait conduire à l’implosion de la zone euro que je pense inéluctable.

On apprend qu’ Onfray ne soutient plus Mélenchon, depuis que ce dernier a affirmé que Cuba n’était pas une dictature. Il n’a pas non plus apprécié ses prises de position favorables à la Chine et Chavez (qui soutenait Kadhafi). Onfray votera certainement blanc aux prochaines élections présidentielles.

Il reconnaît cependant être plus proche d’un anti-libéral de droite que d’un libéral de gauche, autrement dit, il est plus proche de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont-Aignan que de François Hollande ou de Dany Cohn-Bendit.

Si Michel Onfray aspire à une union des gauches anti-libérales, Zemmour va plus loin et demande au philosophe ce qu’il pense d’une union de tous les antilibéraux, de gauche et de droite – seule façon, selon lui, de conquérir le pouvoir. Une alliance qui permettrait donc de rallier au sein d’un même mouvement Zemmour et Onfray…

Celui-ci botte un peu en touche, gêné par la présence dans cette union du Front national. Mais Zemmour insiste, aidé par Naulleau, dans son audacieuse proposition : car c’est le Front national qui, parmi les anti-libéraux, attire aujourd’hui – qu’on le veuille ou non – le plus gros de l’électorat…

Onfray concède qu’il ne faut pas diaboliser le FN, mais ne semble pas acquiescer à cette idée zemmourienne de grande union. La meilleure stratégie, d’après lui, consiste à parler au peuple de ses problèmes, ce que la gauche officielle (PS en particulier), sous l’impulsion de gens comme BHL, ne fait plus depuis trente ans. Et c’est ainsi que, selon lui, les électeurs quitteront le Front national pour rejoindre les partis de gauche.

Onfray a le mérite de ne pas être sectaire (et, semble-t-il, de moins en moins), en se reconnaissant plus proche d’un anti-libéral de droite que d’un libéral de gauche, mais il demeure encore un peu frileux, car la proposition de Zemmour est bien la seule chance pour les anti-libéraux de l’emporter dans un avenir raisonnable.

http://www.youtube.com/watch?v=Ye2BRKDnwZE&feature=player_embedded

Marine Le Pen était invitée sur BFM TV dimanche 4 décembre et a commenté l’intervention de Sarkozy à Toulon que je vous invite à écouter.  Elle porte une analyse lucide de la lâcheté de nos gouvernants actuels qui sont prêts à brader à la France aux technocrates de Bruxelles, au diktat des marchés financiers et des agences de notation qui seraient les seuls à nous sortir de l’impasse.

Olivier Mazerolle  a confronté les points de vue de Marine Le Pen, présidente du Front National, et de Jean Leonetti, ministre chargé des Affaires européennes, notamment sur la souveraineté de la France et sur la crise de la dette.

http://www.bfmtv.com/bfmtv-2012-marine-le-pen-face-a-jean-leonetti-actu19996.html

Ma conviction, c’est que le point de non-retour d’un effondrement économique est atteint, et qu’on ira de toute façon à la catastrophe mondiale de tous  les États (y compris USA, Chine, etc.), voire la guerre, et que nos politiciens UMPS ne font que s’agiter pour faire croire qu’ils font face alors qu’ils ne peuvent plus inverser le cours de choses. Ce n’est même pas de l’acharnement thérapeutique, c’est de la fausse thérapie, à la manière des médecins de Molière.

A la limite, ça ne serait pas grave qu’ils s’agitent pour rien. Mais ils sont en train d’accentuer la crise. Même des économistes libéraux anti-keynésiens comme Artur du Plessy ou Delamare pensent que les remèdes « rigueur » à la Merkel accentuent la crise puisqu’on a atteint le point de non-retour. On le voit en Grèce, en Italie, au Portugal, etc…  Ça ne marche pas, et ça ne marchera pas plus en France et en Allemagne. Donc ça ne sert plus à rien de traiter les Grecs de fraudeurs et de fainéants, etc.

Et par dessus le marché, ces politiciens UMPS vont sacrifier totalement les États-nations… en vain ! C’est une attitude totalement criminelle.

Ce qu’il faut préparer, c’est l’amortissement du choc, et surtout l’après-crise. Et là ça passe immanquablement, pour nous autres Français, par la démondialisation, la relocalisation, la reconquête de notre souveraineté pleine et entière.

Tous les patriotes de droite et de gauche doivent se regrouper pour défendre la France dont le destin est menacé par une Europe libérale  au service des marchés financiers qui nous conduit tous à notre perte, si nous n’avons  pas le courage de dire non à la dictature de la pensée unique.

Fabrice LETAILLEUR

Voir son blog

http://lebloglaicdechamps.over-blog.com/

 

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