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La France célèbre deux héros, puis envoie Bilal Hassani à l’Eurovision…

Dans le JDD du dimanche 12 mai, la mère d’Arnaud Beltrame mort pour sauver un otage du Super U de Trèbes attaqué par des djihadistes, souligne la différence fondamentale entre le sauvetage de personnes innocentes prises au dépourvu dans leur vie quotidienne et le sauvetage de touristes inconscients qui a coûté la vie à deux jeunes soldats d’élite de l’armée française. Car ici, l’intervention décidée par le Président était destinée à récupérer deux guignols : Patrick Picque, 51 ans, créateur de bijoux, et Laurent Lassimouillas, 46 ans, professeur de piano, venus au Bénin se payer un safari pour fêter leur « voyage de noces », mariage pour tous oblige. Mais la lune de miel a tourné au tragique, car la région où les deux tourtereaux, bravant les consignes de sécurité, s’étaient aventurés, était dangereuse. Bilan : leur guide assassiné et deux soldats tués. Arrachés à leurs kidnappeurs, les quinquagénaires ont, bien sûr, présenté leurs condoléances aux familles des militaires et reconnu qu’ils auraient dû « mieux prendre en compte les recommandations de l’État et la complexité de l’Afrique », couplet de repentance oblige. Mais les héros sont morts et les bobos égoïstes bien vivants.

Cerise sur le gâteau, le président Macron, samedi 11 mai, s’est cru obligé d’accueillir les rescapés à l’aéroport de Villacoublay, hommage qui ne se produit nulle part ailleurs dans le monde où l’on honore les victimes, pas les Pinocchio. Mais, a-t-il ajouté : « Le président de la République est celui de tous les Français et aussi de ceux qui ont commis un acte inconscient et irresponsable en négligeant les consignes de sécurité. » Et, campagne électorale oblige, d’enfoncer le clou : « C’est le rôle de l’armée et de l’État d’aller chercher les otages quels qu’ils soient partout dans le monde, et de mettre les moyens qu’il faut pour les libérer. »

Avec pareils encouragements, les amateurs de sensations fortes, les timbrés des défis suicidaires, les excités et bobos en tous genres en quête d’expériences décoiffantes, pourront partir pour des safaris amoureux, des aventures à hauts risques, puisque désormais, parole de Président, l’armée volera à leur secours. Il existe d’ailleurs des agences spécialisées dans ce genre de voyages-adrénaline, et nul doute qu’elles verront affluer des candidats en quête de frissons et d’orgasmes, alléchés par l’odeur de la poudre et l’illusion de la vie dangereuse et du boarder line. Pourquoi pas des tour operators au cœur de pays en guerre, sur les lieux de combats, dans des régions tenues par des fanatiques assassins, avec l’assurance tous risques de l’armée française ?

N’y aurait-il pas donc d’autres missions plus importantes que celles de mourir pour des idiots irresponsables, des touristes de pacotille et autres affamés de l’extrême ? On peut d’ailleurs se demander avec quels effectifs le Grand Marcheur ira chercher les otages « partout dans le monde en mettant tous les moyens qu’il faut pour les libérer ». L’armée française est déjà à l’os et a bien du mal à assurer toutes les missions qu’on lui confie dans cette Afrique en train de basculer dans l’islamisme. Sans nul doute encore une promesse pour gagner des électeurs.

Mardi, aux Invalides, Macron, une fois de plus, rendra un vibrant hommage aux victimes..Fidèle à sa devise : « Ensemble », il honorera donc les victimes et les crétins. Le temps pourtant n’est plus à la démagogie et il ne s’agit pas aujourd’hui de chanter : « gay, gay, marions-nous… », mais de déplorer la mort de deux soldats et d’exprimer sa colère face à ce sacrifice inutile, image d’un pays à la dérive.

Et pendant ce temps-là, le Franco-Marocain Bilal Hassani, chanteur branché de 19 ans qui collectionne les perruques dont il dit qu’elles sont “ »son identité » et leur donne des noms affectueux (ce qui lui assure la reconnaissance de la communauté LGTB), représentera la France, « le pays des droits de l’homme », précise le journaliste Ludovic Perrin, au 64e concours de l’Eurovision samedi à Tel-Aviv.

Max Chaleil