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La France de Macron me rappelle de plus en plus le Cuba de Castro

J’ai eu la chance, il y a vingt ans, de visiter Cuba. Non pas dans un village de vacances aseptisé, mais avec un périple à travers l’île, chez l’habitant. Magnifique pays, mais pauvre pays, privé de tout, et en particulier de toute liberté. Je ne pensais pas, vingt ans après, retrouver en France des souvenirs de ce temps-là. Et pourtant…

Il y a deux ans, je me trouvais à la gare du Nord, et je remarquai la présence de plusieurs jeunes, portant chasuble siglée RATP, qui déambulaient sur les quais. M’approchant d’une carte pour repérer mon parcours, deux d’entre eux se jetèrent sur moi, me demandant où je voulais aller. Ils étaient prêts à me renseigner, cherchant visiblement à se rendre utiles : je les laissais donc m’expliquer. Me revint alors en mémoire ces établissements cubains, où vingt-cinq employés étaient là pour servir trois clients : pas de chômage à Cuba, on partage le temps de travail, quitte à ne rien faire ou presque. Et bien sûr, pour un salaire de misère, dix dollars par mois à l’époque… Nos jeunes à nous doivent désormais se contenter de ces boulots factices, faute d’industries que le socialisme a chassées de notre pays en quelques années.

À Cuba, le pays tout entier était astreint à écouter les interminables discours de Castro : un soir qu’il s’exprimait à la télé, je me trouvais parmi une famille d’infirmiers, et il fallait garder la fenêtre ouverte jusqu’au bout, que tous voient bien qu’ils accomplissaient leur devoir en écoutant le Lider Maximo. Un Lider Maximo qui triomphait ce soir-là : Cuba venait, selon ses dires, de dépasser la Hollande pour la production de viande. Une fois les fenêtres refermées, la vieille grand-mère m’expliqua que cela faisait des années qu’elle n’avait pas vu le moindre bout de gras dans son assiette… En France, Macron nous assène, lui, sur toutes les chaînes, que la France a tout réussi dans la lutte contre la covid, bien mieux que les autres pays, que nous sommes à la pointe de tout. Et c’est relayé par les médias, les commentateurs autorisés approuvent : nous savons tous que c’est faux, mais voilà, c’est comme ça, c’est officiel. À Cuba, le téléphone était gratuit, les cabines publiques nombreuses : un bon moyen pour le régime de surveiller la population ! En France, tout est bon pour fliquer les gens : réseaux sociaux contrôlés jusque par l’administration fiscale, attestations pour sortir de chez soi, attestations nominatives pour aller au café ou au restaurant, quand le pouvoir daignait encore les laisser travailler…

À Cuba, la religion chrétienne était quasiment interdite ; j’ai rencontré des gens qui cachaient les reliques des saints et statues de la Vierge chez eux. En France, les crèches sont désormais « non grata », les sapins de Noël chassés des places publiques de certaines villes, et tout est fait pour entraver la pratique du culte.

Mais voilà que désormais la France me rappelle aussi la RDA, que je n’ai connue que par médias interposés. Et c’est notre inénarrable Castex qui pourrait tenir le rôle d’Honecker, la faconde méridionale en plus. Car voilà désormais qu’on veut empêcher les Français de partir du pays, pour aller skier en Suisse ou en Espagne : le retour des frontières, en mode LaREM, c’est un nouveau mur de Berlin, sur les Pyrénées ou les Alpes… La France est devenue le pays le moins libre d’Europe, le royaume d’Ubu de la bureaucratie tatillonne et répressive. Fatalement, elle se retrouve fuie par ses enfants, et finira comme la pauvre et triste RDA d’antan. Au moins ces pays-là, Cuba ou RDA, connaissaient-ils l’ordre et la sécurité…

Le déclassement de la France est total : économique, mais aussi politique et moral. La France n’est plus le pays des libertés, c’est un enfer pour l’homme normal, honnête, travailleur, traqué jusque devant sa télé ou son ordinateur, insulté, culpabilisé, obligé de fermer boutique pour compenser les catastrophes du gouvernement, obligé de demander l’autorisation pour sortir de chez lui, aller au café, faire du sport… Comme Cuba et la RDA, la France se targue d’un système de santé optimal. Mais peut-on vivre seulement pour ne pas mourir ? Jusqu’où va-t-on descendre, vers Cuba, ou vers la RDA ?

Olivier Piacentini