La France de Normal 1er et Taubira : Acquittez les rappeurs, inculpez les policiers !

Publié le 29 juin 2012 - par - 3 211 vues
Share

Certes, nous savons que la justice est indépendante, et que les magistrats y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Mais nous savons aussi que, dans ce milieu, des carrières peuvent être plus brillantes que d’autres, selon que vous êtes dans l’air du temps, ou en total décalage avec le discours du pouvoir en place.

La nouvelle Garde des Sceaux, Christiane Taubira, s’est déjà particulièrement distinguée, depuis sa nomination, en réclamant la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs délinquants multirécidivistes, et la fin des peines planchers. Certains ont compris que la culture de l’excuse, chère à la gauche, revenait au premier plan de la politique judiciaire française, surtout quand, parallèlement, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, multiplie les déclarations compliquant le travail des policiers, qui devraient fournir un récépissé après chaque contrôle d’identité, et utiliser systématiquement le vouvoiement.

Deux verdicts montrent la concrétisation de cette orientation. Le rappeur Youssoupha était poursuivi par Eric Zemmour, pour avoir tenu les propos suivants : : « A force de juger nos gueules, les gens le savent qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards, chaque fois que ça pète on dit que c’est nous, je mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Eric Zemmour. »

Peut-être comprenons-nous mal la langue française, mais nous considérons que cela s’appelle au mieux un appel à la violence, au pire une menace de mort déguisée. Imaginez que Riposte Laïque écrive que « nous mettons un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con de Tariq Ramadan », que se passerait-il ?

En première instance, le rappeur fut – fort légèrement – condamné à 800 euros d’amende avec sursis, et à verser 1000 euros de dommages et intérêts à Eric Zemmour, tout en s’acquittant de 2000 euros de frais de justice. A comparer avec les 12.200 euros d’amendes auxquels ont été condamnés Pierre Cassen et Pascal Hilout, pour ce que les juges ont considéré comme un délit d’intention, alors qu’ils n’avaient pas proféré la moindre insulte, ni menace !

Entre temps, il s’était à nouveau distingué, sur la scène de l’Olympia, en faisant scander à son public : « Zemmour, Zemmour, on t’encule ! », sans que, à notre connaissance, le parquet n’ait réagi. Là encore, imaginons ce qui se serait passé si, à l’occasion des Assises internationales sur l’islamisation de nos pays, pour répondre au maire de Paris, Bertrand Delanoé, qui en avait demandé l’interdiction, le public avait scandé : « Delanoé, Delanoé, on t’encule ! ». Nous ne sommes pas certains que RL serait encore ouvert…

[youtube kKLCkhbXUsU]

http://www.youtube.com/watch?v=kKLCkhbXUsU

Le pire reste à venir. Le malheureux Youssoupha a bien évidemment fait appel, et vient d’être relaxé par la cour d’appel de Paris ! Il paraîtrait que ses paroles, c’est de l’art, et que, d’autre part, comme Zemmour aimerait la polémique, il serait normal qu’il la subisse à son tour !

Deuxième épisode où d’autres juges font preuve d’un zèle qui devrait combler leur nouvelle ministre de tutelle, à Millau. Depuis mercredi soir, deux policiers de la Bac, qui ont commis la grave faute d’essayer de rester vivants, et de ne pas subir le sort des deux gendarmes de Collibrières, ont eu le malheur de tirer sur un fuyard qui, refusant de s’arrêter lors d’un contrôle de police, fonçait sur l’un d’eux. La victime, qui a été tuée, s’appelle Nabil Mabtoul, et bien évidemment, un rassemblement de 250 personnes a déjà eu lieu, à la mémoire de celui que Le Monde n’a pas osé appeler Vladimir, et que chacun présente comme un garçon paisible. Depuis mercredi soir, comme de vulgaires malfrats, les policiers sont cuisinés par des magistrats, et une enquête, voire une inculpation, plane au dessus de leur tête. Le procureur de Rodez estimait que le motif, sous réserve d’une appréciation différente du nouveau magistrat en charge du dossier, pourrait être «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec usage d’une arme et par personne dépositaire de l’autorité publique».

Dans la France de Taubira et Valls, ces deux policiers, qui n’ont fait qu’exécuter leur travail en essayant de rester en vie, sont harcelés par d’autres fonctionnaires. Ils ne rencontrent aucun soutien de leur ministre, qui préfère se précipiter au chevet d’un « jeune » de Villiers le Bel qui fait une mauvaise chute sur un scooter volé.

Ce message Taubira-Valls est parfaitement reçu par la « jeunesse » de notre pays. A Niort, des mineurs, dont le journal ne précise pas s’ils s’appellent Vladimir, insultent des policiers, et se permettent même de les frapper, lors d’un autre contrôle d’identité. Ces derniers auront-ils des comptes à rendre à la justice, et ne seraient-ils pas les vrais responsables de l’incident ?

Voilà donc la France de Normal 1er, de Taubira et de Valls. Un rappeur qui menace de mort Eric Zemmour est acquitté, puisque c’est de l’art. Deux policiers qui tirent sur un homme qui foncent sur eux sont harcelés judiciairement, et risquent des sanctions, quand une marche – autorisée par le Préfet ? – de 250 personnes honorent la mémoire du délinquant, et que personne ne soutient les policiers. Et à Niort, des fonctionnaires de police sont insultés et frappés par des jeunes de 14 à 16 ans, sans que cela ne fasse événement, tellement c’est devenu banal.

Cela n’empêchera pas Valls, à la prochaine mort, inévitable dans ce contexte, d’autres représentants des forces de l’ordre, d’oser venir à leurs obsèques, avec des mots « République » plein la bouche.

L’affaire de Millau est un test. Il serait temps que les policiers reprennent les mouvements de protestation qu’ils avaient entamés – bien tardivement – à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Sinon, le pire est à craindre…

Lucette Jeanpierre

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.