La France des GJ c’est celle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité

Publié le 10 décembre 2018 - par - 10 commentaires - 374 vues

On avait fini par oublier la beauté de cette devise de la République française inscrite au fronton de nos édifices publics. La révolte des Gilets jaunes vient rappeler aux élites qu’ils tiennent leur pouvoir du peuple depuis la Révolution française.
Macron sera-t-il le dernier président de la Ve République ? Ira-t-il jusqu’au bout de son mandat ? Faut-il dissoudre l’Assemblée nationale ? Le Sénat a-t-il une utilité ? Comment faire pour que les citoyens soient mieux représentés ? Quelques semaines après le début de l’insurrection civique lancée par le mouvement des Gilets jaunes, nombreuses sont les questions qui se posent. Elles touchent au fonctionnement même de nos institutions. En quelques jours les revendications purement économiques du début sont devenues politiques. « Macron démission ». Pas un défilé, pas un attroupement de Gilets jaunes sans que ce slogan ne soit repris en chœur par les manifestants.

Pris de court par une crise qu’il n’avait pas vu venir, le pouvoir tarde à réagir. Et quand les ministres prennent la parole, c’est pour tenter de disqualifier en employant les mots de « chemises brunes » (dixit Darmanin) ou de « séditieux » (dixit Castaner) celles et ceux qui manifestent pour s’opposer aux augmentations de taxes sur le carburant d’un gouvernement qui veut leur faire payer au prix fort la transition énergétique.

Il faut être aveugle, sourd, et enfermé dans son bunker comme un dictateur pour ne pas tenir compte des sondages qui depuis longtemps plaçaient le pouvoir d’achat en tête des préoccupations des Français. Comment un chef d’État peut-il mépriser à ce point les corps intermédiaires en prise directe avec les préoccupations des Français ? À quoi servent donc les préfectures – même privées du service des renseignements généraux – si elles n’informent pas le pouvoir dont elles dépendent ? Et que dire du rôle que doivent jouer les députés, notamment ceux de la majorité LREM ?

Pas besoin de relais

Persuadé que le nouveau monde qui s’ouvrait devant lui n’avait pas besoin de relais d’opinion, Macron a cru que tout lui était permis. Qu’il allait réformer à sa guise, fort de sa majorité présidentielle. Et même qu’il pouvait se passer du parlement en gouvernant par ordonnances. Un pouvoir absolu, illimité, qui ne supporte ni la critique, ni la contradiction. Un potentat comme il n’en existe pratiquement plus dans le monde, même en Afrique.

Pour être allé trop loin dans l’exercice solitaire du pouvoir, Macron doit aujourd’hui manger son chapeau et consulter dans l’urgence et tous azimuts sous la pression d’une opinion qui apporte un soutien massif aux Gilets jaunes et à leurs revendications. Mais le problème c’est qu’il n’est plus crédible. Il a perdu la confiance de l’opinion publique. Le pouvoir est dans l’impasse. Le roi est nu. La Constitution lui permet, certes, de poursuivre son mandat. Mais comment prétendre gouverner un pays comme la France, poursuivre les réformes sans le soutien du peuple ? Un peuple qui rejette non seulement l’exécutif mais qui rejette aussi les partis de l’opposition politique (sondage Odoxa pour le Figaro et France info du 5 décembre) qui n’offrent pas une alternative jugée sérieuse et crédible. Un pays au bord de la rupture.

La défiance du corps électoral vis-à-vis de l’offre politique s’était manifestée lors de l’élection présidentielle. Au second tour qui opposait, rappelons-le Emmanuel Macron à Marine le Pen, un électeur sur quatre avait boudé les urnes. 12,1 millions d’abstentionnistes auxquels il faut ajouter 4,1 millions de votes blancs et nuls. Un record depuis 1969 qui traduisait un profond malaise de nos institutions. Malaise qui n’a fait que s’aggraver depuis l’élection de Macron et qui nécessite aujourd’hui de s’interroger sur le fonctionnement de notre démocratie.

Fonctionnement du système représentatif

C’est ce que font les Gilets jaunes qui depuis maintenant plus de trois semaines occupent les ronds-points. Par son arrogance, son entêtement, le mépris affiché des « gens qui ne sont rien », ses discours verbeux inaudibles, Macron a focalisé sur lui la haine du peuple. Sa démission espérée ferait tomber la tension chez les révoltés. Mais au-delà de sa personne se pose le problème du fonctionnement de notre système représentatif. Il paraît aujourd’hui évident que si l’Assemblée nationale venait à être dissoute, la plupart – pour ne pas dire la quasi-totalité – des députés de la République en marche ne retrouveraient pas leurs sièges. Mais dans notre Constitution, c’est au président de la République, et à lui seul, que revient la décision de dissoudre la Chambre. De Gaulle l’avait fait. Chirac aussi. Macron aura-t-il ce courage qui le contraindrait à une cohabitation avec un Premier ministre d’opposition ?

Mais ces décisions – démission de Macron et dissolution de l’Assemblée – et même l’arrivée d’une VIe République ne suffiraient pas pour autant à restaurer chez les Français la confiance dans les hommes politiques. Les « Gaulois réfractaires » qui ont planté fièrement le drapeau tricolore devant leurs campements de fortune réclament une démocratie directe. Sans intermédiaire. Ils refusent que quelqu’un parle en leur nom. Ni trahison, ni récupération ! Ce sont les fondements mêmes de notre système de représentation qu’ils contestent. Illusion ? Utopie ? Un retour à la démocratie directe des Anciens serait-il impossible dans un État moderne ? Certains y croient. Elle est même techniquement possible grâce au Web. Née avec les réseaux sociaux, la contestation des Gilets jaunes pourrait demain ouvrir la voie à une « démocratie électronique ». Une démocratie où chacun pourrait apporter sa contribution au processus législatif. Un simple clic pour remplacer la clique, en quelque sorte !

Alain MARSAUGUY

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Notifiez de
lafronde

La Démocratie représentative a fait ses preuves à l’échelon local (municipalité, canton, comté). De que l’on change d’échelle, ça marche nettement moins bien (voir tous les pays d’Europe de l’ouest). C’est pour cette raison que la dévolution des compétences doit être fondée sur la subsidiarité : dans chaque domaine, est Maître d’ouvrage l’échelon le plus apte. La Solidarité devrait être une compétence surtout locale (reconnaissance mutuelle), et les municipalités et départements devraient avoir une fiscalité directe, consentie par le citoyen et appel à la responsabilité des élus. Au lieu de quoi la double centralisation républicaine et européenne multiplie les rentes (assistanat aux étrangers) et donc les spoliations et vexations des natifs. A quand une grève de l’Impôt et des taxes ?

Garde Suisse

Le gros problème démocratique en France c’est que les gauchistes ne laissent pas la parole aux autres. Dans la moindre réunion de quartier, ils arrivent en nombre et confisquent la parole, dans les préfectures, le relai est pris pas les socialistes directeurs (trices) de cabinet ou sous-préfet. Le Peuple n’a qu’à fermer sa gueule et dire Amen !

Pellerm

Personne ne l’avait oublié cette belle devise …mais ,depuis tant d’années de matraquage de slogans et de terrorisme intellectuel…on avait fini par croire qu’elle avait été faite pour les “migrants” .. à juste titre , puisque c’est pour leur bien-être que nous avons été pressurés aussi sauvagement !
Alors ..? Révolution ???

patphil

on peut tous rêver, mais ces politicards ne sont pas près de donner le moindre soupçon de démocratie directe au peuple de gaulois réfractaires!
ces gueux de suisse, de suède ou des états unis peuvent proposer des lois pas nous! le suicide est programmé par les zélites!

Astérix

Les français ne veulent de Macron a au moins 80%. Ce n’est pas dissoudre la chambre qu’ils attendent c’est de virer le petit coq élyséen. Comment? À suivre réponse après la révolution .

Pellerm

Renversement du pouvoir en place par l’armée ..On retrouve les mêmes coqs dans les préfectures ,les mairies , les associations “humanitaires” ..les banlieues et les mosquées ..
Le boulot ne manque pas !

bm77

Je suis pour continuer le mouvement mais peut -être faudrait-il bloquer les mairies les préfectures et autres établissements tenus par des LREM et leurs amis.

cirrus

Ce n’est pas à la rue de gouverner… Punaise mais ils sont où les 65% qui ont voté Macron ? On ne les entend plus ! On ne peut pas prendre en otage le reste de la population…
Je discutais avec une restauratrice jeudi dernier au fin fond de la campagne poitevine… Pendant plusieurs semaines, elle n’était plus livrée et le restaurant était vide car les gens annulent leurs réservations en craignant d’être bloqués sur la route. Qui va prendre en charge son manque à gagner ?
Cette femme comme des milliers d’autres personnes ne mérite pas cela, cultivant l’esprit français jusqu’au bout des ongles (cuisine traditionnelle, savoir vivre à la française etc.).
Les gilets jaunes devraient aller demander des comptes directement à ceux qui ont notoirement voté Macron…

bm77

Cirrus vous ne pensez pas que la rue gouverne depuis une quinzaine d’années enfin plus exactement les casseurs et les pilleurs les crameurs et ils obtiennent beaucoup de cette façon. Ils ont mis à feu et à sang les cités en 2005 et les politiques leurs ont tout cédé .! les GJ eux sont en colère mais ce sont des gens honnêtes et pour moi ça fait toute la différence

Pellerm

Non , ce n’est pas à la rue de gouverner . Mais quand le gouvernement est sourd , aveugle et muet , il est nécessaire au peuple de le bousculer pour le réveiller .Votre charmante restauratrice ” française jusqu’au bout des ongles” ne l’a donc pas compris ? Il y a une notion de survie et d’identité qui semble lui échapper…!

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