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La France des policiers face aux élites : politiques, magistrats, journaleux…

Quand les élites trahissent, les sociétés meurent (Albert Camus)

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Les manifestations policières continuent. L’immense majorité de la population est derrière ses forces de l’ordre même si pour l’instant cette majorité demeure le cul dans son fauteuil à regarder les policiers défiler sur les Champs-Elysées.

En quelques jours, nous avons eu deux sortes de manifestations qui symbolisent la fracture française.

D’abord celle des magistrats. Ils n’ont pas apprécié que Hollande les traite de «lâches». Ensuite celle des policiers, ces hommes et ces femmes perçus comme de la viande à barbecue par une bonne partie de la nomenklatura.

Magistrats et policiers, deux univers de plus en plus irréconciliables

Les premiers appartiennent à l’élite. Ils ne veulent avoir de comptes à rendre à personne. «Le parquet n’est pas obligé, par exemple, d’explique un “appel”», dit Michel Neyret, ex-commissaire de police lyonnais, en parlant de son cas. «Ce sont les juges qui communiquent à la presse les pièces des dossiers», affirme Zemmour sur Paris Première.

Les juges, ces chantres de la bienveillance de l’Etat envers les criminels et les minorités, ces pères sévères quand il s’agit de punir ceux qu’ils taxent facilement de fascistes, de racistes, d’homophobes… ont donné de la voix pour se dire humiliés par les propos de Hollande. Mais ceux qui se sentent écrasés, oubliés, effacés par les magistrats –comme les policiers- n’ont que le droit de se taire.

Au sein de l’élite, en compagnie des magistrats, il faut évidemment ajouter les très discrets banquiers, les richissimes hommes d’affaires comme Pinault et Arnault, les politicards nationaux et européens, les “vedettes” du show-biz, les universitaires, qui voient le peuple comme un rassemblement de médiocres, d’imbéciles facilement heureux, de crétins congénitaux.

Ne pas oublier les journalistes

Ceux-là ne supportent pas que leurs discours sur les bienfaits de la mondialisation, sur le bonheur de vivre dans une société multiculturelle ouverte, sur l’identité heureuse, sur Poutine le nouvel Hitler, sur l’immigration (90 % des Français sont contre, mais 90 % des journalistes y sont favorables) ne soient plus gobés tout crus par le peuple. Pour eux, Internet est insupportable parce qu’il véhicule une parole qui n’est pas la leur, une parole qu’ils ne peuvent contrôler et qui fait un malheur dans les couches de la société qui jusqu’ici étaient tenues à l’écart de tout: opinion réelle des “Grands”, petits secrets entre amis, coucheries politico-médiatiques, manœuvres, alliances… Ce que Guilluy appelle la «France périphérique» est aujourd’hui mieux informée et surtout autrement informée, et cela les médias meanstream ne peuvent l’accepter.

Les policiers, eux, sont dans l’autre camp. Ils sont dans le sous-monde, celui des petits ouvriers, petits paysans, petits commerçants. Ce sont les Untermenschen (sous-hommes) de la société contemporaine, les déclassés relégués avec les «sans dents» de Hollande, les «analphabètes» de Macron, dans ces «classes populaires (qui) manquent de capital relationnel et donc de moyens d’analyse» pontifie Alain Mergier, sémiologue et sociologue proche du P.S.

Autrement dit, des cons.

Comme les pompiers, les militaires, les ouvriers, les employés, les paysans, les enseignants (mais eux ne l’ont pas encore saisi, ils croient toujours faire partie de la caste et donc perpétuent la culture de l’excuse), les policiers subissent les vexations, les insultes de la racaille et des juges, l’arrogance et le cynisme du pouvoir.

Leur révolte est un signe formidable.

Un pays comme une civilisation peut s’écrouler rapidement. Pour les sauver, il faut deux choses:

-une élite qui sert le pays et non qui se sert sur le pays, une élite qui aime et défend la grandeur de la nation.

-un peuple ancré dans son héritage, un peuple sûr de lui-même et de ses racines.

Une nouvelle élite doit naître et le peuple retrouver un destin.

Les policiers depuis quelques jours ouvrent la voie. A nous de les accompagner.

Marcus Graven