La France en Afrique, 1520-2020 : Vérités et mensonges

Publié le 13 octobre 2020 - par - 10 commentaires - 1 329 vues
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Notre ami Jean-Paul Gourevitch nous a fait l’honneur de nous faire parvenir son dernier livre, sur cinq siècles de présence française en Afrique, et les vérités et mensonges qui tournent autour de ce sujet. Une bonne occasion d’approfondir certaines questions avec cet auteur prolifique…

Riposte Laïque : Il se passe rarement beaucoup de mois avant que vous ne proposiez un nouveau livre à vos lecteurs, souvent sur le sujet de l’Afrique, de l’immigration, parfois de l’islam, et même des livres pour enfants. D’où vous vient ce qui ressemble à une frénésie de l’écriture ?

Jean-Paul Gourévitch :
L’écriture est effectivement ma seconde vie qui m’occupe autant que la première. Ce qui me passionne, c’est de parcourir des chemins qui sont mal balisés ou n’ont pas été explorés. Autrement dit de combattre la désinformation sur des sujets sensibles, d’où qu’elle vienne, mais aussi de produire des OLNI (objets littéraires non identifiés) comme le premier dictionnaire illustré de la littérature pour la jeunesse sur cinq siècles, un tour du monde sur l’imaginaire des cocktails mis en scène par 80 aquarelles, des jeux de l’oie, de mots croisés et de cartes autour des écrivains, Et ce n’est pas fini. Dans quinze jours (pub, pub !) je sors le premier docu-récit français, Le piège (Les éditions Ovadia), un mélange de journalisme d’investigation et de thriller, dans la tradition américaine, sur une arnaque internationale parfaitement authentique avec documents à l’appui.

Riposte Laïque : Vous avez été consultant international pendant 25 ans, et vous paraissez avoir une passion particulière pour l’Afrique. D’où cela vous vient-il ?

Jean-Paul Gourévitch :
Je suis parti en mission en Afrique dès 1987 pour des organismes divers, ministères, Banque mondiale, Unesco, Fonds nordique, Commission européenne, cabinets, ONG… J’y ai passé 26 ans à temps partiel évidemment, au Maroc et surtout dans une dizaine de pays de l’Afrique subsaharienne francophone. J’ai beaucoup écouté, observé, appris des Africains et ai choisi de ne rien publier pendant 10 ans. Et puis j’ai considéré que je ne devais plus me taire devant ce que je découvrais, d’autant plus que depuis longtemps je travaille aussi avec les diasporas africaines implantées en France. D’où tous ces ouvrages sur l’Afrique, les migrations, l’économie informelle, l’islam radical…

Riposte Laïque : Votre nouvel ouvrage s’intitule donc « La France en Afrique, 1520-2020, Vérités et mensonges ». Vous y dites, en préambule, que la présence française en Afrique a suscité, depuis 1960, l’écriture de plus de cinq cents ouvrages. Qu’amène de plus ce nouveau livre à ce qui a déjà été publié ?

Jean-Paul Gourévitch : Une partie des ouvrages sur la présence française en Afrique est l’œuvre de politiques et d’idéologues dont certains ne connaissent l’Afrique que par des séjours d’une semaine dans des hôtels trois étoiles et des conversations avec leurs chauffeurs de taxis. Une autre est rédigée par des Africains qui souvent généralisent l’exemple de leur pays à tout le continent, sont parfois formatés par une propagande anti-française très répandue chez les intellectuels, et méconnaissent les répercussions des événements d’Afrique et de l’immigration africaine sur l’opinion publique métropolitaine.

Il se trouve que travaillant à la fois avec des Français et des Africains, j’ai accès à des sources d’informations multiples. Ce qui permet de dissiper les confusions entre traite et esclavage, de rétablir quelques vérités sur les royaumes africains préexistant à la colonisation, sur la traite arabo-islamique qui a fait à peu près autant de victimes que la traite atlantique, sur le bilan économique, culturel et social de la colonisation, sur l’évolution de l’image que les Français ont de l’Afrique et les Africains de la France… Sur chaque événement j’indique mes sources, ma démarche, les opinions des uns et des autres, les résultats auxquels j’aboutis et les marges d’incertitude pour vulgariser une information la plus loyale possible.

Riposte Laïque : On vous reproche parfois vos positions souvent mitigées, que vous attribuez à la neutralité de l’expert, sur le choc démographique, le prix de l’immigration, la réalité de l’islamisation de la France. Certains vous considèrent comme infréquentable, parce que vous fréquentez ceux qu’on appelle l’extrême droite, et d’autres vous prennent pour un gauchiste ayant noyauté la mouvance patriote. Vous paraissez toujours vouloir vous situer entre deux positions radicales, pour apparaître comme quelqu’un de raisonnable. Le sous-titre de votre livre « Vérités et mensonges » implique cela. Pensez-vous cette position tenable, à une période où un véritable tsunami migratoire déferle sur notre continent, et où les pratiques africaines se répandent en France, en toute impunité ? 

Jean-Paul Gourévitch : Il est exact que je passe pour un empêcheur de penser en rond et que je suis ostracisé par les uns et instrumentalisé par les autres. Mais on ne peut pas me reprocher d’avoir des opinions « mitigées » ou « raisonnables ». Je crois avoir été le premier, après Pierre Milloz qui le faisait pour des raisons idéologico-politiques, à proposer une analyse documentée et que j’actualise en permanence des coûts de l’immigration régulière et irrégulière (et de l’expatriation). J’ai publié dès 2000 la France Africaine, ai participé en 2010 à vos Assises internationales sur l’islamisation de nos pays malgré votre cousinage avec les identitaires, ai alerté sans succès le MAE sur la radicalisation progressive des jeunes cadres musulmans africains et l’imminence d’attentats islamistes à Ouagadougou , à Bamako, à Abidjan et à Dakar (pour l’instant épargnée), , ai proposé une approche quantitative et qualitative de la présence musulmane en France et ai, avant Gérard Collomb, exposé le risque d’un basculement du côte-à-côte en face-à-face du fait de la chaîne de connexions entre l’économie informelle et le terrorisme islamiste. Bref je me considère davantage comme un lanceur d’alerte qui utilise une démarche scientifique pour analyser des faits de société.

Quant à votre évocation du « tsunami migratoire » qui mériterait un autre débat, je m’en tiens quant aux immigrés et à leurs descendants directs, aux chiffres de mon ouvrage de 2019 sur Le Grand Remplacement réalité ou intox ? très proches de ceux de l’OFII mais j’y ajoute les migrants irréguliers et les mineurs non accompagnés, un flux ingérable et longtemps passé sous silence.

Riposte Laïque : Vous avez récemment signalé, sur le site Atlantico les manipulations de France 2 sur la période de la colonisation française, et les débats à sens unique qui s’y déroulent.
https://www.atlantico.fr/decryptage/3592868/le-cours-magistral-de-france-2-sur-la-decolonisation-ou-le-decolonialisme—jean-paul-gourevitch
Vous pointez du doigt, dans votre ouvrage par ailleurs très riche, quelques soucis culturels africains, sur le rapport au travail, l’alcoolisme, l’absence de transmission de savoir-faire, une fonctionnarisation pléthorique, et vous auriez pu parler de la corruption massive. Votre regard d’expert international vous amène-t-il, tel Kofi Yamgnane, à penser que c’était mieux au temps des Blancs, et surtout des Français ?

Jean-Paul Gourévitch :
La comparaison entre le temps des Blancs et l’actualité immédiate n’a pas grand sens pour moi. On ne peut regarder l’Afrique d’aujourd’hui avec l’œil collé au rétroviseur. L’avenir de l’Afrique appartient aux Africains même si ceux-ci sont souvent victimes et parfois responsables de l’exploitation économique de leur pays par des puissances et des intérêts étrangers et pas seulement français. J’ai largement démontré que si l’aide au développement et les transferts de fonds contribuent à améliorer le sort de certaines familles, ils ne feront pas décoller l’Afrique, et que loin de freiner l’émigration des populations africaines, ils en accroissent le désir.

Riposte Laïque : Où se situe votre livre, entre les écrits d’un Bernard Lugan qui s’oppose totalement au transfert des valeurs de l’Europe en Afrique, considérant que le fonctionnement de ce continent est d’abord tribal et ethnique, et ceux d’un Kakou Ernest Tigari, que nous avions interviewé, qui appelait à sortir l’Europe de la repentance, et les Africains à prendre leur sort en mains ?
https://ripostelaique.com/desintoxiquer-lafrique-sortir-leurope-de-la-repentance.html
Jean-Paul Gourévitch : Je ne cherche pas à me situer par rapport à des collègues dont je respecte le travail même si je ne partage pas toujours leurs opinions. Bernard Lugan avec sa revue l’Afrique Réelle est un des meilleurs connaisseurs de l’histoire, de la géographie et des enjeux géopolitiques de ce continent. Et Tigori a raison de stigmatiser une attitude de repentance qui détourne les Africains de s’interroger sur leurs propres responsabilités.

Riposte Laïque : Je crains que nombre de lecteurs de Riposte Laïque ne s’étranglent en lisant la fin de votre livre. Vous y expliquez qu’il peut y avoir de bons apports à l’immigration massive africaine, et surtout ne paraissez entrevoir aucune autre solution pour les Français que le Grand Remplacement dénoncé par Renaud Camus, puisque vous excluez toute perspective de remigration, ligne politique que vous attribuez à l’extrême droite. Vous pensez donc possible, sur un même territoire, la cohabitation entre Africains et Européens, et entre chrétiens et musulmans ?

Jean-Paul Gourévitch : il est illusoire de croire et de faire croire qu’on reconduira par la force les Africains dans les pays d’où ils viennent ou qu’ils y retourneront d’eux-mêmes. Quand un Africain arrive sur le territoire européen, il y reste et profite de l’absence d’une politique européenne pour faire ce que j’appelle son « shopping migratoire », ce qui n’est pas un terme injurieux mais correspond à ce que nous faisons tous quand nous cherchons le lieu où nous trouverons le plus d’avantages et le moins d’inconvénients. C’est pourquoi la politique de « hot spots » installés à l’intérieur des frontières de l’Europe est un leurre.
En revanche il n’est pas exclu que le développement de l’ « immigration virtuelle » pousse certains Africains à se demander s’il ne vaut pas mieux rester en Afrique auprès de ses proches en étant payé par le Nord- moins que ceux du Nord mais plus que ses compatriotes- plutôt que d’aller chercher l’Eldorado dans les remblais du boulevard périphérique.

Aujourd’hui les Africains sont là même si le « Grand Remplacement » n’est pas pour demain matin. J’ai effectivement écrit qu’il y a chez les Africains de France, y compris chez les jeunes, des facultés de création, de renouvellement des énergies, d’apport des cultures qui constituent autant d’atouts pour une France vieillissante et prisonnière de ses certitudes. Elles ne préjugent en rien de l’avenir compte tenu des problèmes d’insécurité, d’économie informelle, d’intégration, de coexistence de mentalités, de religion ou de culture différentes et parfois antagonistes que j’ai largement traités. C’est tout le sens du travail d’inventaire et de « réinformation » que j’ai entrepris avec ce parcours sur cinq siècles de présence française sur ce continent. Avec une certitude qui déplaira peut-être mais qui est le moteur de cet ouvrage. Le XXIe siècle ne se construira pas sans les Africains ni contre eux.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelques chose, Jean-Paul ?

Jean-Paul Gourévitch : Je remercie Riposte Laïque de me donner un espace d’expression malgré les divergences qui nous séparent. Et je regrette que cet exemple ne soit pas suivi par les donneurs de leçons médiatiques qui n’ont à la bouche que le « vivre-ensemble » mais ne supportent que l’ « entre-soi ».

Propos recueillis par Pierre Cassen

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Notifiez de
Requiem

Les noirs n’ont jamais rien créés, ils ne bossent toujours pas en Europe et aux Amériques.
Etrange que Gourevitch vante leurs facultés de création et leur “culture”.
Quand les blancs seront exterminés, par massacre ou métissage, ça sera retour au paléolithique. Et encore. Les artistes de Lascaux avaient un talent que les nwars sont incapables d’égaler.
Mais si quelques milliers d’européens ont mis au pas des centaines de millions de “racisés” il n’y a pas si longtemps, pourquoi serait-ce impossible de refaire la même chose ?
Même le blancos le plus bovin, camé à BFMTV et la propagande de l’éducation nationale, pourrait se réveiller quand il n’aura plus le choix que l’extermination ou le soulèvement.

François BLANC

Gourevitch le centriste est un manipulateur antiFrance et un bouffon incompetent à l’ egard du seigneur LUGAN

Anne-Marie G

Les Africains pourraient, dites-vous, nous apporter leur énergie, leur créativité, selon moi leurs pays respectifs au vu de l’état où ils sont en auraient encore plus besoin que nous. Que nous ont apporté les Africains en France ? Une insécurité et une culpabilisation croissantes, une adaptation de l’histoire telle que de plus en plus ils exigent qu’elle soit réécrite à leur goût et en ce domaine les noirs africains sont plus véhéments que les maghrébins. C’est peut-être ce que vous entendez par apport de culture et “énergie”. Vous êtes un chercheur et passez la moitié de votre vie à écrire, vous ne vivez avec les Africains qu’en tant qu’observateur et non pas en tant que simple quidam. Ils sont votre gagne-pain vous devez les ménager mais au quotidien, la réalité est plus rugueuse.

Marnie

JP Gourévitch a écrit quelques bons livres c’est vrai. Mais, comme beaucoup d’autres qui ont approché de très près les habitants du continent africain il se mélange les pinceaux grave. Car en fait, soit nous disparaissons, soit ils s’installent -pratiquement- définitivement et là il a malheureusement raison. Est-il encore temps d’endiguer le flux migratoire imposé par certains ? Avec l’UE et avec Macron c’est impossible.

Jacques Barrio

” Il est illusoire de croire qu’on reconduira par la force les Africains dans les pays d’ou ils viennent, ou qu’ils y retourneront d’eux-mêmes…” …

Cette opinion défaitiste, soumise et puant la dhimmitude, n’engage que JP Gourévitch lui-même.

Il existe de nombreux Français qui rêvent au contraire d’un ” Grand Rembarquement” au lieu du Grand Remplacement auquel se résignent beaucoup.

Ce sentiment se répand dans toute l’Europe. Pour l’instant les Patriotes Européens sont anesthésiés, muselés, intimidés en permanence, parfois menacés et même condamnés ( les dirigeants de RL en savent quelque chose )

Si les Patriotes partout en Europe se réveillent, le Grand Nettoyage pourra commencer…

Jill

Que serait l’Afrique sans le colonialisme ?
C’est à cette question que les antis vivant à nos dépens devraient répondre si ils avaient un minimum d’honnêteté intellectuelle.

djeffcrs85

Excellente interview

patphil

couleur de peau ou couleur de l’ame ?

Lisianthus

Je m’étonne toujours que l’on ne parle jamais de la raison de la différence des couleurs de peau. Les Blancs qui vivent sous les Tropiques sont très sujets au cancer de la peau, et les Noirs qui vivent en Finlande ou au Canada sont en carence de vitamine D, c’est logique et naturel.
Enfant je me suis demandé pourquoi on qualifiait de noirs des gens qui ont la peau marron, chocolat, café, en aucun cas noire, et de blancs des gens saumon clair ou beige-rosé…

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