La France en danger, discours de Pierre Cassen : la préférence nationale est historiquement de gauche

Publié le 12 mars 2012 - par - 1 075 vues
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En 1998, dans l’hebdomadaire Marianne, le regretté Christian Jelen, journaliste et écrivain, publiait un article dont le titre en surprendrait beaucoup, 14 ans plus tard : « La préférence nationale vient de la gauche ». Certes, Christian Jelen ne parlait pas de la gauche Hollande, Mélenchon, Eva Joly ou des anti-racistes, celle que le journaliste Hervé Algalarrondo, du Nouvel Observateur, appelle la gauche de « La préférence immigrée ».

Le journaliste se contentait de rappeler qu’historiquement, Karl Marx, dès 1864, appelait les organisations ouvrières à la vigilance contre l’utilisation par le patronat de la main-d’œuvre immigrée pour peser sur salaires et conditions de travail. Il évoquait les demandes de la CGT, en 1915, en pleine guerre, et après la crise de 1929, en période de chômage massif, pour cesser de recourir à la main-d’œuvre étrangère, afin de préserver le travail des salariés français, et des derniers étrangers qui avaient besoin d’un emploi pour s’intégrer. Il parlait de ces hommes de gauche, Millerrand, en 1899, ou bien Herriot et Daladier, auteurs de décrets qu’il qualifiait de « brutaux ».

Plus proche de nous, faut-il rappeler que Georges Marchais était beaucoup plus lucide, dans les années 1980, quand il demandait l’arrêt de l’immigration que quand il qualifiait le bilan des pays communistes de « globalement positif ». Au syndicat du Livre CGT, dans ces années, nous réclamions le rapatriement des travaux français imprimés à l’étranger, malgré les protestations des gauchistes, qui y voyaient un chauvinisme incompatible avec les valeurs internationalistes du monde du travail. La CGT toujours avait un mode d’ordre « Fabriquons français ». Malheureusement, un jour, le quotidien Libération avait publié, en page une, lors d’une manifestation, une banderole avec ce mot d’ordre, placée sur une voiture qui s’avéra être une Mercédès, ce qui faisait quelque peu désordre…

Faut-il rappeler qu’aujourd’hui, le protectionnisme, qui est une autre façon d’appeler la préférence nationale, ne dérange pas toutes les forces de gauche. Ainsi, la fonction publique nécessite, pour y travailler, d’avoir la nationalité française. Quand trois illuminés verts, dont l’inévitable Mamère, ont déposé au Parlement un projet de loi demandant à ce qu’elle soit ouverte aux personnes de nationalité étrangère, les organisations syndicales qui, pourtant militent pour la régularisation des clandestins, se sont montrées bien discrètes.

Ces autres défenseurs des clandestins, nos artistes, parfois milliardaires et souvent exilés fiscaux, sont également ravis de bénéficier de ce qu’on appelle l’exception culturelle française, qui leur a permis de sauver la culture française, et bénéficiant de mesures protectionnistes. Il n’en est que plus indécent que des fonctionnaires et des artistes, qui profitent de la préférence nationale, la refusent au salariat le plus vulnérable, les travailleurs du privé, victimes d’une double concurrence : celle de pays où la main d’œuvre est moins chère, ou celle de salariés étrangers acceptant des conditions de travail qui tirent les acquis sociaux vers le bas.

Nos dirigeants n’aiment pas la France. Dans un entretien avec Philippe de Villiers, en 1999, l’actuel président, Nicolas Sarkozy, lui exprimait sa surprise : « Toi, Philippe, tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi cela me laisse froid, la seule chose qui m’intéresse, c’est l’avenir ».

Que dire de François Hollande, dont personne n’a oublié la manière de bafouiller, en 2008, sur un plateau de télévision, qu’il se refusait à défendre les intérêts des ouvriers français, parce que, internationaliste, il se devait aussi de penser aux travailleurs des pays pauvres. Qui imaginerait un délégué syndical, dans son entreprise, expliquer à ses camarades de travail qu’il ne devait les défendre eux d’abord, mais penser à l’ensemble du salariat français et international… Il se ferait jeter dans la Seine, et ce ne serait que justice !

Comment mieux résumer ce non-amour, qui se révèle être une véritable trahison, de nos dirigeants avec leur pays et leur peuple, que l’anecdote que révélait, à son Journal des Résistants, Christine Tasin, hier soir. A Toulouse, le maire socialiste, Cohen, envisage de débaptiser le pont Bayard, et de l’appeler « Pont du 19 mars 1962 ». Outre l’indifférence obscène  aux crimes commis après cette date contre des Français et de l’horrible massacre des harkis, quelle insulte contre la mémoire de notre pays, et d’un de ses plus héroïques défenseurs. Que Bayard dégage, place au FLN, voilà le message !

Le 30 octobre 2010, dans un meeting de soutien à Geert Wilders, à Amsterdam, l’homme politique anglais Paul Weston disait, s’adressant aux socialistes de son pays, et à tous ceux qui livraient l’occident à l’islam : « Vous avez le pouvoir maintenant, mais dans une décennie, nous détiendrons le pouvoir et nous vous demanderons des comptes. Nous vous trainerons devant un tribunal de style Nuremberg, où vous serez jugés pour haute trahison, et, pour la première fois depuis longtemps, nous serons vos juges ».

Comment ne pas penser, dans la période où notre France traverse un danger mortel, à ces mots de Pierre Brossolette : Sous la croix de Lorraine, le socialiste d’hier ne demande pas au camarade qui tombe s’il était Croix de Feu. Dans l’argile fraternelle du terroir, D’Estienne d’Orves et Peri ne se demandent point si l’un était royaliste et l’autre communiste. Compagnons de la même libération, le père Savey ne demande pas au lieutenant Dreyfus quels Dieux ont invoqués ses pères.

Camarades, j’ai entendu quelques-uns d’entre vous protester contre certains propos de Christine. Mais si demain, nous voulons avoir encore le privilège de pouvoir nous engueuler sur les Régions et l’Europe, la Révolution française, le droit à l’avortement et l’identité charnelle, nous sommes condamnés à combattre ensemble, aujourd’hui, contre nos ennemis communs islamistes, européistes, mondialistes et communautaristes. Il en va tout simplement de la survie du plus beau pays du monde, la France.

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