La France faible se meurt, la France forte se bat

Publié le 5 avril 2014 - par - 1 238 vues
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L’homme faible se meurt, l’homme fort se bat

(Bertold Brecht)

Comme je vais paraître morbide ! Mais il y a franchement de quoi, à vivre au quotidien ce qui nous arrive à tous. Être envahie par un sentiment d’impuissance, puisque nos voix ne portent plus dans les urnes. C’est terriblement frustrant. L’abstentionnisme provoqué par un total manque de confiance dans les caciques de tous poils est devenu un poids dangereux dans notre vie politique. Oui, car l’abstentionnisme, dans notre système arrivé à bout de souffle, n’empêchera jamais ces hiérarques corrompus de se faire hisser aux plus hautes fonctions, par une minorité qui continuera à croire à ce simulacre de démocratie et qui votera. C’est en quoi, il me semble que le vote devrait être obligatoire. Ou alors, qu’une dictature s’installe et qu’on n’en parle plus.

70 ans après la seconde guerre mondiale et 100 ans après la première, l’humanité ne varie guère et c’est le constat désespérant qu’un grand nombre d’éclairés avant moi ont pu faire de notre état humain. Ce qui me conforte bien évidemment dans ma misanthropie profonde. Je ne vais pas manquer à ce point de modestie, mais je crois avoir au moins une conscience qui rejette le système dans lequel je suis contrainte de vivre. Et cette conscience m’empêche de me transporter ailleurs. Ailleurs, je ne pourrai cesser de penser à ce qui se passe chez moi. Autant rester ou alors, si les choses deviennent insupportables, disparaître. Avant de disparaître, il reste encore des choses à faire.

Bien avant Dominique Venner, d’autres grandes consciences ne supportaient plus leur environnement. Tel que Stephan Zweig, ne voyant plus ce qu’il pouvait faire dans un monde livré à la barbarie, a préféré le quitter le 22 février 1942. Il laissa un dernier message dont je livre ici une partie : « Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde. Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux.»  Stephan Zweig était-il pourtant à classer dans la catégorie des hommes faibles ?

DominiqueVenner« Le 21 mai 2013, à 16 heures, devant l’autel de la cathédrale Notre Dame de Paris,  Dominique Venner se donne la mort. »

C’est par cette phrase laconique inscrite sur Wikipédia, que le geste est minimisé. Le contributeur aurait pu développer plus de loyauté en inscrivant le mot « sacrifice », car c’est bien de cela qu’il s’agissait. D’un sacrifice, que la manipulation médiatique instantanée a rapidement transformé en fait divers. Cela est le funeste fruit des technologies innovantes de l’information, qui, en un seul instant peuvent manipuler ou non auditeurs et téléspectateurs. Ce qui nous sauve pourtant, est toujours la technologie des technologies d’information ; le web, pour nous réinformer pour nous souvenir. Dominique Venner était-il également un homme faible ?

La force du geste de Venner était telle, que la gestion de l’événement exigeait de la part du régime socialiste et de ses valets médiatiques, un traitement à minima, des fois que le peuple assoupi par le consumérisme se réveille pour passer à une vitesse supérieure de contestation. Et, ils ont bien travaillé, les valets du pouvoir. Après s’être ému quelques minutes, ils se reprirent avec les tirades habituelles, traitant le sacrifié d’élément d’extrême droite, soulignant son passé OAS, et le tour était joué.  Cela bien entendu sur les chaines d’info en continu et en boucle. La manipulation des masses encore une fois a fonctionné. La famille Venner n’était pas en reste pour préserver sa tranquillité perturbée. Elle exigeait des funérailles confidentielles. Quelques uns d’entre nous, Christine Tasin, Renaud Camus et moi décidions de rendre hommage au héros, le jour de ses funérailles, sur le lieu de son sacrifice. Quelques dizaines de personnes étaient présentes. Autant dire personne. Mais la police du régime en civil veillait, elle, sur les dangereux terroristes que nous étions supposés être. Un homme parmi 65 millions, incarne la valeur de toutes les valeurs, le sacrifice de soi pour tous ! On a même tenté de nous vendre une éventuelle maladie … Tentative coupée court par les textes qu’il laissa et qui prouvaient qu’il était sain de corps et d’esprit.

Dans un texte, Dominique Venner se dit « comblé d’amour par [sa] femme et [ses] enfants ». « J’aime la vie et n’attends rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit, affirme-t-il. Une fois estompé le choc de la douleur, je ne doute pas que les uns et les autres comprendront le sens de mon geste et transcenderont leur peine en fierté. (…) Ils trouveront dans mes écrits récents la préfiguration et l’explication de mon geste », conclut le message.

Dans un autre billet mis en ligne sur son blog, intitulé « La manif du 26 mai et Heidegger », Dominique Venner affirme que « les manifestants du 26 mai [contre le mariage gay] auront raison de crier leur impatience et leur colère ». Mais il juge aussi qu’il ne faut pas « se limiter au refus du mariage gay », et que le vrai « péril » est l’immigration d’origine extra-européenne, qu’il assimile à un « grand remplacement de la population de la France et de l’Europe« . Mettant en garde contre le risque d’« une France tombée au pouvoir des islamistes », il vise dans son texte l’ensemble des responsables politiques, à l’exception du Front national.

Un autre héros me vient à l’esprit, l’étudiant tchecoslovaque Jan Palach, qui s’immolait par le feu, le 19 janvier 1969. Il avait 21 ans, j’en avais 20 et me souviens aussi clairement que du geste de Venner, l’année dernière. Palach était de ses rares héros habité par la valeur des valeurs, le sacrifice de soi au profit du plus grand nombre. Ici, Palach refusait l’occupation de son pays par l’URSS, plus encore, il rejetait l’indifférence de la population à cette occupation totalitaire. Deux autres étudiants imitèrent son geste à quelques mois d’intervalle. Pour éviter une contagion d’immolés, la dictature en place, passée maîtresse en science de la manipulation des masses, fit lire un faux message de Palach mourant, sur les ondes radiophoniques, qui recommandait de rester en vie pour lutter.  Ainsi furent évitées d’autres immolations et les grèves massives.  Vingt ans après, les tchèques n’avaient pas oublié, se tint une méga manifestation pour commémorer le sacrifice des étudiants. Quelques mois après, le régime communiste s’effondrait. Jan Palach restera éternellement la figure emblématique de la chute du communisme dans son pays. Le résistant, qui par son sacrifice avait réveillé les consciences. Mais, c’était une époque de guerre. De guerre froide entre occident et communisme. Guerre clairement identifiable, contre laquelle de manière tout aussi identifiable, les héros pouvaient se mesurer par leurs actes de résistance qui ont marqué à vie ce pays.

IanPallachStephan Zweig, Jan Palach, Dominique Venner étaient animés par le même héroïsme du don de soi à leur pays. Ils refusaient l’indifférence de leurs compatriotes face aux pires barbaries.  Pour le premier ce fut le national socialisme, pour le second le communisme et pour le dernier, le grand remplacement, par des populations extra européennes et musulmanes. Ce grand remplacement idéologisé par le think tank Terra Nova socialiste, dont l’électorat traditionnel s’est écarté et qui préconise clairement la citation de Bertold Brecht dans son ouvrage, La Solution : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a trahi la confiance du régime et devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »

Hélas, un an a passé et l’oubli s’est installé. La situation politique c’est dégradée davantage. Les élections ne servent à rien, puisque ce qui nous sert de chef d’un Etat décomposé, n’a tenu aucun compte du rejet dont il vient de faire l’objet. La nomination d’un nouveau gouvernement qui n’a de « nouveau » que le terme, prouve l’indifférence et/ou l’incompétence du régime en place. Plus préoccupé à placer les copains que de se pencher sur le lit de la France et des Français.  Ce n’est plus une crise que traverse la France. Elle se dirige vers sa disparition pure et simple et aucune figure emblématique ne s’annonce pour arrêter ce qui semble inéluctable. A moins que nos jeunes compatriotes ne décident de prendre notre destin en main.

En effet, en 2014 la France et l’Europe, aveugles et/ou complices, nihilistes, ne réalisent pas que la guerre leur est déclarée par un autre régime totalitaire, l’islam. Une idéologie qui avance inéluctablement, sans chars, sans canons, mais par intimidations et menaces, revendications, accommodements raisonnables et le ventres des femmes, par émeutes récurrentes que l’on attribue trop facilement à la situation sociale des conquérants. Pour paraphraser Bertold Brecht, La France faible se meurt, la France forte se bat !  A vous de choisir dans quelle catégorie vous ranger. Mon choix est fait. Comme les urnes ne servent à rien, entrons en résistance active.

Sylvia Bourdon

 

 

 

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