La France n'a pas besoin d'immigration (4/4)

Que ce soit pour combler un déficit de main d’oeuvre (et en cette période de chômage annoncé en forte progression, il y aurait lieu de sourire si le sujet n’était pas si grave), ou pour permettre le renouvellement des générations et de la population active ( avec un taux de fécondité proche de 2, cela suffit à effacer l’inquiétude), ou encore pour apporter des richesses financières et/ou culturelles (36,4 milliards d’euros de charge par an sur le budget de l’Etat, des collectivités territoriales et des organismes sociaux), la France, aujourd’hui, n’a pas besoin de l’immigration…et continuer à développer une politique migratoire, quels que soient les prétextes qui la justifient, c’est engager notre pays sur une voie qui va, à moyen terme, se révéler lourde de dangers.
Pour être plus complet, il aurait fallu, à ce stade de la réflexion, envisager les causes et les conséquences de l’immigration pour les pays dont sont issus les migrants. Ce sera l’objet d’une prochaine analyse, même s’il faut, dès à présent, remarquer que maints flux migratoires, expliqués comme une sortie « de la pauvreté » par ceux qui s’y adonnent, proviennent de pays qui ne sont pas pauvres. Quand le journal « La Provence » veut, dans un article du 26/10/08, nous émouvoir en relatant l’exode risqué d’immigrés algériens vers l’Europe où,dès qu’ils arrivent, ils brûlent leurs papiers et s’enfoncent dans l’illégalité, il oublie de dire que l’Algérie n’est pas un pays pauvre et que la confiscation de « la rente du pétrole et du gaz » par des castes dominantes l’empêche de se développer et de construire les infrastructures agricoles, industrielles, commerciales, qui permettraient à sa main d’œuvre locale de s’employer, de vivre pleinement sur place et d’enrichir la pays par son travail, ses compétences, sa consommation.

Ce qui vaut pour l’Algérie vaut pour la quasi totalité des pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, où les richesses nationales comme les fonds d’aides mondiaux vont aux couches dirigeantes qui se gobergent gloutonnement ( tout en réinjectant ces fonds dans le circuit international de la finance) sur le compte de peuples dont ils favorisent la fuite vers l’Europe pour, à la fois, alléger leurs propres problèmes et favoriser une économie d’assistanat basée sur les envois financiers des migrants vers leurs familles. Le Maroc, en particulier, se complaît dans cette façon de voir l’émigration comme une industrie nationale qui fait entrer des devises, limite le chômage intérieur et assure une certaine paix sociale aux « élites » dirigeantes. Et il n’est pas le seul ! Il faudrait dire aussi combien ces forces vives qui quittent le pays freinent son développement, et encore plus quand il s’agit d’éléments qui vont acquérir ailleurs une formation qu’ils ne viendront pas valoriser dans leurs pays d’origine.
Ce rapide aperçu montre combien cette «libre circulation de la main d’œuvre », calquée sur la libre circulation des marchandises et des capitaux, participe de cette « division internationale du travail » qu’impose la mondialisation libérale, dont on peut être sûr qu’elle renaîtra encore plus forte des secousses profondes de la crise actuelle.
Elle permet aux tenants du système « capitaliste libéral » de peser sur la main d’œuvre locale dans les pays industrialisés comme le nôtre (salaires, conditions de travail, formation) en la mettant en concurrence déloyale avec une main d’œuvre malléable et vulnérable issue de pays très peu développés économiquement comme culturellement et politiquement. Elle freine, dans les pays historiquement ouverts à la démocratie et au combat politique et social, ce type d’action et enferme chacun dans un clivage économico-ethnique potentiellement dangereux. Elle justifie la faiblesse des aides de toutes sortes (fonds d’investissements, mise en valeur des terres, maîtrise des ressources naturelles, éducation et formation des individus) pour favoriser l’émergence des pays les moins développés tout en organisant les termes des échanges ( le prix des matières premières notamment) dans un sens favorable à ceux qui sont les pays dominants.
On comprend parfaitement que les apôtres d’une immigration permanente et dense pour la France se recrutent dans les sphères idéologiques et économiques dont M. Bouygues est un exemple presque caricatural. On comprend qu’on les trouve aussi chez tous ceux que le système économique dominant (et unique, à ce jour) réjouit parce qu’ils le représentent ou qu’ils en bénéficient ( les média, dans leur quasi-totalité, relèvent de cette dernière catégorie) .On comprend encore que les forces politiques qui se partagent le pouvoir en France (et en Europe), tout en veillant au seuil à ne pas dépasser et en prétendant combattre les flux d’illégaux, s’empressent d’instrumentaliser une immigration dont le poids se révèle déterminant pour instiller l’organisation communautariste de l’espace politique et sociétal à l’anglo-saxonne qu’ils rêvent d’imposer à l’Europe politique en construction.
C’est cet aspect utile de l’immigration qu’il convient de bien analyser, tant il est masqué par l’évidence du bénéfice économique qu’elle apporte aux « patrons » et actionnaires des entreprises de tous secteurs, encore plus en cette période de chômage accru qui va voir l’Etat dégager des fonds publics pour soutenir une activité générale (en réalité pour « subventionner » les entreprises privées) dont nombre d’emplois sont occupés par des travailleurs « importés » …On croit rêver !
Mais on ne rêve pas…pas plus qu’on ne rêve quand on entend les Besancenot, Buffet, Mamère, Bové et compagnie, les politiciens professionnels du PS et les prébendiers des syndicats et autres associations « humanitaristes » réclamer à cors et à cris la régularisation des « immigrés illégaux » et l’ouverture « tous azimuts » des frontières, anticipant par leurs actes et discours irresponsables (mais prétendument « humains ») les désirs d’un capitalisme libéral qu’ils disent combattre par ailleurs ! Voir les tenants de la lutte « des travailleurs contre le Grand Capital » accueillir bras ouverts les masses de manœuvre de ce « Grand Capital » pour effacer le combat syndical et faire gonfler ses bénéfices ne manque pas de sel…Et on en rirait si l’avenir même du socle laïque de notre république, de l’unité de notre espace National n’était menacé.
Car c’est cela que menace l’immigration de peuplement que nous subissons depuis trois décennies au moins. Cet afflux migratoire appuyé sur le regroupement familial sans limite et les flux illégaux, construit, à l’intérieur de la société française, une sorte de société décalquée d’une histoire coloniale renversée : les arrivants réaliseront les tâches nécessaires et ingrates mais mal rémunérées (du fait de l’abondance de cette main d’œuvre fragile en situation de ne pouvoir rien demander) que les « autochtones » ne veulent pas faire, quitte à laisser ces autochtones dans l’assistanat pris en charge par l’Etat et les structures sociales.
Ces vagues successives d’arrivants vont occuper des immeubles construits pour accueillir (c’était l’époque de la « ceinture rouge »en Ile de France) des populations d’ouvriers et d’employés, avant que celles-ci ne les abandonnent au fur et à mesure de leur accès à une certaine « aisance matérielle » et parce qu’elles ne pouvaient supporter la promiscuité imposée. On a pu construire d’autres immeubles, mais la « ghettoïsation » constatée aujourd’hui s’est réalisée par l’entassement de ces populations étrangères en entités ethniques et culturelles en des lieux qui se dégradent rapidement aussi bien intérieurement qu’extérieurement, et par l’accumulation de difficultés et de problèmes aussi bien individuels que collectifs, matériels que culturels, religieux qu’éducatifs. Cette segmentation de l’espace urbanistique fondera la segmentation communautaire où le refus des valeurs portées par le pays d’accueil justifie le repliement sur un ensemble où la légitimité de loi générale, démocratiquement élaborée par tous, n’est pas reconnue.
Ces « banlieues » et autres « cités sensibles » ont été, en même temps, gangrenées par toutes les formes de « l’économie parallèle » (trafics de drogues, vol et recel, travail au noir, mendicité, prostitution…) qui s’interpénètrent pour se justifier mutuellement, et dont les revenus importants permettent de faire vivre « le clan » ( dont la dimension dépasse celle de la famille au sens où nous l’entendons) tout en le situant en dehors de la loi républicaine. Comme, de plus, cette « économie parallèle » s’adosse à toutes les formes de l’assistanat social (qui permet la prise en charge par la société dans son ensemble des besoins fondamentaux, de santé par exemple, de ces populations étroites), elle fait vivre, en un même lieu, très correctement dans l’ensemble, toute une foule de personnes qui se soudent en solidarité agressive face à tout ce (et à tous ceux) qui serait (ent) susceptible(s) de mettre à mal ce confort du quotidien.
Les « bandes » qui se constituent alors comme éléments agissants et dominants structurent une « para-société » où chacune d’elles ne reconnaît que sa loi et ses intérêts et où la finalité est de s’imposer sur un territoire que personne ne doit venir revendiquer, ni une autre « bande », ni la société « réelle » . Il est, de plus, évident que , quand une telle situation permet à celui qui la vit de gagner plus d’argent que ne pourrait lui procurer un emploi normal et déclaré, il ne faut pas s’attendre à ce que les intéressés courent vers « des formations » ou vers les agences de l’ANPE…Deux articles de presse parus le même jour (27 / 10 / 08 ) l’un dans « Le Figaro.fr » pour le 19ème arrondissement de Paris, l’autre dans « La Provence » pour la cité des « Iris » à Marseille , illustrent parfaitement cette analyse.
Cette propension au repli « communautariste » c’est-à-dire en un espace politique où la loi des minorités et/ou des groupes d’influence s’exerce au détriment de la loi générale élaborée démocratiquement par tous, et qui se définit non par le suffrage universel mais par « des propriétés sociales, culturelles, économiques, religieuses au nom desquelles une règle peut être produite »relève également de trois facteurs qui l’organisent en profondeur.
Tout d’abord, ces lieux de vie sont taraudés par l’idéologie « islamique » activement véhiculée par des imans venus de différents pays où l’islam est religion d’Etat ( pensons ici à l’Arabie Saoudite en particulier) dont l’ambition est de rassembler ces populations en situation de déracinement économique, culturel, historique, autour de leur loi religieuse et politique ( c’est une redondance quand on parle de l’islam) pour les enfermer, à l’écart des valeurs portées par la civilisation qui les a accueillies, dans la tradition étroite, aliénante et anachronique qui est celle de leurs espaces originels ( Maghreb et Afrique sub-saharienne notamment..). Il s’agit pour ces prêcheurs religieux de maintenir sur place l’emprise religieuse, sociale, politique qui est « la tradition » du « là-bas » et d’engager en même temps un processus prosélyte à partir de ce « noyau dur », processus destiné dans un premier temps à attirer les descendants des populations immigrées les plus anciennes.
Ensuite, il faut bien se rendre compte que ces populations venues , dans les dernières décennies, de multiples pays soumis à la loi d’une religion unique et imposée, sont porteuses d’une histoire, d’une culture , de traditions, de mœurs , qui sont en totale rupture avec ce que notre civilisation a élaboré au cours des siècles écoulés, notamment en matière d’histoire des idées …C’est peu de dire qu’elles n’ont qu’une idée très floue de la notion d’espace public, de démocratie, de primauté de la loi générale sur la loi « clanique », tribale, coutumière , religieuse…
C’est peu de dire que leur rapport à « l’autre », que leur conception de la famille, que leur sens de la justice comme valeur collective sont différents de ce que nous leur demandons d’accepter au nom du processus d’intégration indispensable pour qui veut rester ici…C’est peu de dire que l’idée de Nation est, pour elles, toute nouvelle, comme l’est également l’idée d’égalité des droits et des devoirs, comme l’est encore la notion de laïcité de l’espace sociétal…Si l’on ajoute à tout cela les difficultés de communication, d’éducation, d’insertion que recèle la méconnaissance de notre langue dont l’apprentissage est ardu pour des êtres peu intellectualisés, on voit qu’il y a là des obstacles sinon infranchissables, du moins fort périlleux et repoussants.
La campagne agressive de « constructions de mosquées »menée par les groupes islamiques par delà les besoins réels – l’islam n’est reconnu comme religion de référence que par 4 % de notre population (enquête « CSA- Le Monde des Religions » de janvier 2007 , confirmée par l’étude parue dans « La Vie » du 01 /03 /07 ) et pratiqué par à peine un quart de ceux-là mêmes qui le reconnaissent – témoigne de ce désir de « communautarisation » car la mosquée, ce n’est pas seulement un lieu de culte, c’est le lieu de reconnaissance de la « communauté musulmane » à travers son école coranique, son service social, ses commerces spécifiques, ses espaces de rassemblement. La future « grande mosquée » de Marseille sera, de ce point de vue, un exemple significatif !
Enfin, il ne faut pas oublier ici l’extrême responsabilité portée , dans le refus d’intégration manifesté par ces populations immigrées de première, deuxième ou troisième génération,, par toute la caste intellectuelle de « la gauche caviar », par toute la représentation médiatique de la « bobocratie parisienne », par le discours complaisant et larmoyant de la « sociocratie » à la mode, bref, par toute une « intelligentsia » droit-de-l’hommiste, alter-mondialiste, écolo-caritative , dont les agissements et les analyses complaisamment ( et presque exclusivement) propagés par les différents média sont destinés à justifier toutes les formes de communautarisme (islamique tout particulièrement) , toutes les tendances au repliement clanique et identitaire, toutes les violations de « la loi générale » au nom de leur haine (inavouée) de la Nation républicaine, démocratique , sociale et laïque…dont ils voudraient le dépeçage, anticipant ainsi sur le développement futur de l’Europe politique et confortant la libre circulation de la main d’œuvre immigrée que demande l’économie libérale.
En cultivant l’argument de la responsabilité totale de la société et de « l’Etat » dans le pseudo-misérabilisme social de ces populations, en répandant l’idéologie de la culpabilité historique et de la repentance pour des faits historiques rapportés de manière biaisée et souvent erronée, en encensant les langages violents et réducteurs d’une « culture métissée » qui s’exprimerait dans la « forme ultime de l’expression artistique qu’est le rap des banlieues », en pratiquant la vieille technique de « l’encanaillement » chère à la bourgeoisie du XIXème siècle, en exhibant en permanence la notion de droit sans jamais l’assujettir à celle de devoir, en justifiant le repliement communautariste autour d’une religion importée, ces « castes » du « haut-pavé » parisien des média, de la politique, du show-biz, des « dîners en ville », approuvent la destruction de l’espace sociétal démocratique et laïque par ceux-là mêmes qui en auraient le plus besoin , et apportent leur caution morale à ceux qui veulent en découdre avec la République.
Ainsi les forces dominantes du marché libéral sont-elles rejointes (consciemment ou non) par les tenants d’une idéologie « humanitariste » et « gauchisante » qui deviennent les apôtres d’un islam organisant dans l’espace sociétal unique de la République des espaces communautaires où les lois de la République(qu’ils honnissent le plus souvent) sont bafouées. Théorisant l’adage imbécile « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » (puisque les pays théocratiques musulmans sont les ennemis supposés des USA, et que « l’islam politique » s’oppose à la République…), ils essaient d’exploiter là un nouveau « lumpenprolétariat », se substituant à la messianique « classe ouvrière » ,qui leur donnerait des couleurs « électorales », à eux qui n’arrivent plus à influencer le monde du travail dans notre pays. Portant au plus au point leur rejet de notre Histoire et de son processus de création d’une République indivisible et laïque, ils espèrent de l’émiettement en communautés religieuses et/ou autres un affaiblissement de la nation, courant de ce fait au-devant des intentions de tous ceux qui veulent construire l’Europe politique sur la « déstructuration » des nations et l’éclatement sociétal en un modèle anglo-saxon.
Le bal des « faux-culs » de la pensée et des fossoyeurs de la Nation démocratique et laïque est organisé par le modèle économique libéral et les forces politiques qui se partagent les pouvoirs en Europe… Il se déroule sur des espaces territoriaux, administratifs, sociétaux organisés bientôt en mosaïques de régions et de communautés mises en concurrence… Il suit la partition générale de l’humanitarisme larmoyant destiné à faire accepter les flux migratoires continus nécessaires à la mise en forme du projet sociétal à l’anglo-saxonne… Il est rythmé par les appels des muezzins et les discours des idiots utiles du capitalisme triomphant.
L’immigration n’a pas qu’une fonction économique : elle a aussi un rôle actif dans la mise en place du futur espace politique et sociétal européen.
Pour préserver l’intérêt de tous, l’unité de la Nation, son socle laïque et démocratique, il convient d’instituer un moratoire qui suspendra toute immigration légale, permettra de lutter efficacement contre l’immigration illégale, laissera le temps à ceux qui sont présents de s’intégrer dans le respect strict et total de la loi républicaine et des valeurs laïques de notre pays ( avec possibilité de retour pour ceux qui ne les accepteraient pas), donnera la possibilité de construire une politique d’éducation et de formation capable de satisfaire et les nécessités de « l’insertion citoyenne » et les besoins d’emplois de l’économie en général.
Pour cela, il ne faut pas confondre « intérêt national » et « intérêt étroit du capitalisme égoïste ».
Robert Albarèdes
www.laic.fr

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