La France n'a pas besoin d'immigration (1/4)

Dans un précédent numéro de « Riposte Laïque » (http://www.ripostelaique.com/Les-dangers-evidents-de-l.html), nous avions montré les dangers évidents de l’immigration clandestine et conclu sur la nécessité de la combattre fermement. Il paraît important, aujourd’hui, de réfléchir aux problèmes posés par l’immigration dans son ensemble, à ses implications démographiques, économiques, politiques, sociétales, culturelles et idéologiques afin de montrer qu’il est indispensable d’aller vers un moratoire qui la suspendrait le temps nécessaire de poser (et de tenter de résoudre), à l’intérieur de notre pays, le problème de l’intégration et/ou du départ de cette population d’origine étrangère.
Le sujet est tabou : la bien pensance qui élabore la « pensée unique » politique, médiatique, sociale, qui fait passer l’analyse, le débat, la réflexion individuelle et collective dans leur totalité sous ses « fourches caudines », interdit qu’on en parle, et, quand elle laisse la bride se détendre, c’est pour nous faire « pleurer sur la misère du monde » que notre compassion républicaine se devrait d’accueillir.
Eh bien, nous allons, ici, briser ce tabou et montrer combien ce pseudo besoin d’immigration correspond, en fait, à une volonté de renforcement économique, politique, sociétal , du système capitaliste-libéral qui nous organise dans le cadre de l’Europe triomphante, et participe du projet de disparition de la Nation comme forme d’organisation de notre espace géographique et historique commun avec toutes ses valeurs d’unité, de laïcité, de citoyenneté affirmées dans une langue commune et une identité historiquement élaborée.

Il faut partir d’une quantification la plus précise possible des flux migratoires ces dernières années, en n’omettant pas de dire qu’il ne s’agit que d’évaluer la population issue de l’immigration légale. Les chiffres sont difficiles à trouver, car répartis à travers maints organismes officiels comme si un esprit malin s’amusait à multiplier les obstacles pour y accéder…mais par recoupements successifs, on peut parvenir à une caractérisation du phénomène migratoire assez proche de ce qu’il doit être dans la réalité.
Au 1er janvier 2008, on peut chiffrer la population immigrée, en France, à 6 900 000 personnes à partir des chiffres de l’INSEE qui donnaient 5 millions d’étrangers en 2004 et de ceux de l’Institut National des Etudes Démographiques qui évaluaient à 215 000 le flux migratoire annuel en 2003 (www.ined.fr) , chiffre sans doute minoré puisque, la même année, « La Direction de la Population et des Migrations » ainsi que « l’Observatoire statistique de l’Immigration et de l’Intégration » évaluaient les flux à 265 000 en 2003, 271 000 en 2004, 251 000 en 2005 et 235 000 en 2006 La population immigrée légale s’établit donc, chiffre crédible, à près de 7 000 000 de personnes soit 11% de la population totale… parmi lesquelles, selon l’INSEE, 3 000 000 ont ou cherchent activement un emploi.
Ce qu’il faut aussi noter , et c’est ce que fait l’OCDE dans son rapport annuel sur « les perspectives des migrations internationales » publié en septembre 2008 pour l’année 2006, c’est que, pour la France, prédominent les migrations « familiales » ( 60% des flux permanents), tandis que les 2/3 des immigrés arrivant en France ont un niveau d’éducation inférieur au niveau d’entrée en 6ème, l’OCDE « s’inquiétant » de ce fait, comme elle « s’inquiète » de l’importance des migrations temporaires de travail (source privilégiée de l’immigration clandestine – NDLR).
On peut donc partir de cette photographie très proche de la réalité migratoire ( rappelons que, selon la définition « officielle », un immigré est une personne née à l’étranger, de parents étrangers, qui a décidé de venir dans un pays d’accueil où elle réside depuis un an au minimum ) pour examiner, tour à tour, les assertions présentées comme des postulats indémontrables à accepter tels quels et qui « justifieraient » la nécessité de cette immigration…
Et, en premier lieu, celle qui fleurit sur la bouche des dirigeants des plus grandes entreprises comme des « anticapitalistes »de gauche, des tenants du libéralisme « pur et dur » comme des adeptes de l’économie mixte, des technocrates politiciens comme des démocrates à « l’écoute du peuple » : la France a besoin de l’immigration car elle a besoin de main d’œuvre pour se développer, pour « payer » les retraites à venir, pour assurer un taux de renouvellement suffisant de sa population.
Il y a quelque chose d’étonnant à affirmer que la France a besoin de l’apport d’une main d’œuvre immigrée alors que sont officiellement recensés 2 000 000 de demandeurs d’emplois ( et l’on nous promet un accroissement dans les mois à venir !) , que le gouvernement en place invente le RSA pour assurer le « retour à l’emploi »de ceux qui sont aujourd’hui assistés socialement dans leur inactivité, que 150 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans aucune qualification.
La logique et une gestion politique saine, conforme à l’intérêt de la nation, voudraient que, par la multiplication des lycées professionnels, le recours à l’apprentissage et à l’alternance, l’utilisation des moyens spécifiques de la « formation continue », le gouvernement réponde, non seulement à la demande des 400 000 emplois qualifiés non pourvus actuellement de l’aveu même du premier ministre à la tribune de l’Assemblée Nationale, mais encore à celle des professions déficitaires (professions de santé, par exemple) par des plans de formation « ciblés » et multiples.
Sur ce dernier point, comment comprendre le projet de directive européenne (voir « Le Figaro » en ligne du 26/09/08) mis au point par les ministres de l’Immigration et destiné à ouvrir la porte aux immigrés diplômés (ingénieurs indiens, médecins africains, informaticiens chinois, la liste est ouverte !) ? Il semble oublier les milliers d’étudiants qui hantent nos facultés et IUT et qui n’arriveront jamais à la moindre qualification professionnelle par absence de filières bien centrées sur les besoins réels et d’une orientation rigoureuse en fonction des compétences de chacun et de l’intérêt général. S’agirait–il plutôt d’importer une main d’œuvre étrangère dont on aura économisé la formation pour la mettre en concurrence avec la main d’œuvre en place dont les garanties professionnelles, les conditions de travail et les rémunérations coûteraient trop aux employeurs ?
Car c’est cela qui explique, par ailleurs, l’apport d’une main d’œuvre immigrée dans les métiers non qualifiés du BTP, des services et des gens de maison, de l’agriculture, du spectacle, ( et c’est la grosse part des flux migratoires vers notre pays)…autant d’emplois qui pourraient être proposés à la population résidente au lieu de l’enfermer dans un assistanat social coûteux pour les finances publiques et dépréciatifs pour l’individu (sans parler des voies qu’il ouvre à la fraude et aux magouilles de toutes sortes, et qui sont légion !). Ce constat, évident pour qui veut garder les yeux ouverts, avait été clairement et cyniquement exprimé par M. Bouygues lui-même, (http://www.dailymotion.com/video/x4f7ad_1970-bouygues-demande-le-regroupeme_politics) dès 1970, au cours d’un débat suite à l’émission télévisée des « Dossiers de l’écran », qui n’hésitait à parler du besoin de cette main d’œuvre à faire venir parce qu’elle « est jeune, courageuse, travailleuse ».
On devine qu’il se retient de dire : « servile, taillable et corvéable à merci » et on comprend qu’il n’ose avouer : « et elle peut être sous payée pour peser sur les salaires des ouvriers autochtones. ». La suite de son interview est la revendication du regroupement familial que VGE imposera en 1975 et que Mitterrand développera ensuite…Ce qui fait que l’immigration actuelle est devenue une immigration de peuplement avec tous les problèmes afférents que nous examinerons plus avant dans l’article.
Le résultat incontestable le plus marquant des conséquences de l’immigration « de travail » des décennies passées est l’implantation dans ( et autour des) les entreprises, les exploitations agricoles, les chantiers du BTP, les activités commerciales (restauration, hôtellerie notamment), les « maisons privées bourgeoises », d’une main d’œuvre sous-payée, malléable, silencieuse, faisant toutes les tâches sans rechigner car soumise à sa propre concurrence, que l’on peut écarter sans « état d’âme » ni contrainte sociale pour lui faire grossir les rangs des « chômeurs » : le taux de chômage dans la population immigrée est quasiment le double de celui de la population locale ( 17,6% contre 9,7% en 2005 selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur- « Le Monde » du 24 /03 / 06) .
Et qu’on ne vienne pas nous dire que « les Français ne veulent pas faire les travaux que font les immigrés »…Dans la commune de 4 000 habitants où je réside, les éboueurs et les employés de la voirie sont tous des « gens du village », fonctionnaires territoriaux, honorablement connus et fort appréciés. Et il en est de même pour les ouvriers des services des eaux et de l’entretien des stations d’épuration ! …Non, c’est en imposant une main d’œuvre immigrée et en la traitant de manière « coloniale » que l’ « on » a fait surgir l’idée que ces métiers n’étaient pas faits pour des « Français ». Cela a permis aux responsables économiques de tous niveaux de s’enrichir, et aux responsables politiques de tous bords de faire supporter aux contribuables une charge sociale indue.
La France n’a pas besoin de l’immigration de travail de manière massive ( ponctuelle, peut-être et encore…). C’est d’ailleurs ce qu’affirmait un rapport de synthèse déposé le 25 /01 /06 à la présidence de l’Assemblée Nationale dans lequel on trouve cette phrase : « c’est pourquoi la France ne semble pas avoir intérêt à s’ouvrir plus largement à l’immigration tant qu’elle n’aura pas résorbé son chômage et amélioré son taux d’emploi » (www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2831.asp). Ce constat est, aussi, celui du « Centre d’analyse stratégique »dès 2006 (www.ladocumentationfrancaise.fr – Rapport : « Besoins de main d’oeuvre et politique migratoire ») . Ce sont les donneurs d’ordres économiques des secteurs non délocalisables, quelle que soit leur dimension, qui en ont nécessité pour leurs intérêts égoïstes. En fait, l’immigration est constitutive de la mondialisation capitaliste libérale : à la libre circulation des marchandises, des capitaux, des unités de production – qui induit les délocalisations destructrices d’emplois- s’articule la libre circulation de la main d’œuvre pour les secteurs non délocalisables – qui conforte ce même chômage-.
Mais les « beaux esprits » qui orientent notre pensée nous disent aussi : « il faut bien maintenir le taux de renouvellement des générations, garantir un volume suffisant à la population active pour satisfaire la demande d’emplois et assurer « les retraites » … »
Ces assertions sont fallacieuses et nous allons le montrer …
(à suivre)
Robert Albarèdes
www.laic.fr

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