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La France n’a aucune raison de chercher des noises à la Russie

Lorsque nos médias mainstream parlent de la Russie contemporaine, ils sortent leur revolver. Vladimir Poutine est leur tête de Turc favorite, une cible à abattre, le pire criminel de tous les temps, responsable de tous les maux (curieusement notre presse fut moins sévère avec Staline en son temps). Ils sont même allés jusqu’à couvrir la mise en scène du faux meurtre du journaliste Arkadi Babtchenko (bien en vie encore aujourd’hui) et en accuser Poutine. Tout est bon pour combattre l’ennemi, ennemi que l’on s’est  par ailleurs fabriqué sans raison.

Car nous ne le répèterons jamais assez, la France n’a absolument aucune raison de chercher des noises à la Russie tant ce pays est naturellement notre ami. Nous n’avons aucun contentieux sérieux avec lui. Nos anciens Présidents l’avaient compris, de De Gaulle à Chirac en passant par Mitterrand. Même si en période d’URSS les liens avaient été évidemment plus distendus.

Certains me diront que Poutine n’est pas un grand démocrate. C’est un argument que l’on peut entendre mais dans ce cas-là nous devons souligner que la France entretient d’excellents rapports avec des pays aux régimes bien pires. Ainsi nos gouvernements se prosternent devant l’Arabie saoudite, pays où l’on décapite des jeunes femmes pour des histoires de mœurs. Mais ce pays a tellement blanchi l’argent de l’or noir en France qu’on l’oublie.

L’inimitié de notre presse envers la Russie va jusqu’à soutenir tous les opposants y compris des nationaux socialistes en Ukraine notamment. Alors qu’un simple ralliement à Pegida vaut une disparition des médias (n’est-ce pas, Mélanie Dittmer ?).

Aujourd’hui la presse française parle globalement des Russes comme une certaine presse française parlait des Juifs durant les années trente (pas toute la presse d’ailleurs). Le Russe est devenu le Juif à abattre.

Et pourtant je le répète, la France n’a aucune raison d’en vouloir à la Russie. Notre pays, depuis la réintégration au commandement de l’OTAN comme le reste de l’Union européenne, a opté pour une soumission aveugle aux États-Unis dans le domaine diplomatique. Les États-Unis ayant décidé sans raison sérieuse de continuer la guerre froide contre la Russie comme si la chute du communisme en Europe n’avait pas eu lieu, la France est devenue antirusse.

Or lorsque la France s’est éloignée de la Russie, cela s’est généralement très mal passé (Napoléon par exemple). La Russie devrait être notre premier allié. Mais notre vassalisation otanesque aboutit à la condamnation de ce pays ami sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme. Une posture moraliste mais sans vision, donc sans avenir, nous commençons hélas à être habitués. Cela ne mène évidemment à rien. On ne gouverne pas ainsi. Il faut faire des choix basés sur du concret, sur les intérêts de la France. Et ces intérêts passent par une bonne entente voire une amitié avec la Russie. Mettons-nous donc à l’ouvrage.

Platon du Vercors