La francisation passe aussi par le prénom : exemple de François et Emile Zola

Publié le 28 décembre 2009 - par - 530 vues
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Francesco Zolla est né à Venise le 7 août 1796 et mort à Marseille le 27 mars 1847. Brillant militaire et brillant ingénieur de travaux public, il intègre la France et la Légion Etrangère en 1830. Il change alors son prénom « Francesco » en « François », et son nom de « Zolla » en « Zola » (1).

Le fameux écrivain Emile Zola est son fils, né italien à Paris en 1840. Son père ne l’a pas prénommé « Emilio ». Mort en 1902, ses cendres seront transférées au Panthéon en 1908.

Un siècle plus tard, les immigrés ou enfants d’immigrés d’origine musulmane continuent à donner des prénoms arabes à leurs enfants, même nés en France. Il vont même jusqu’à choisir des prénoms imprononçables correctement en Français. Très peu d’entre eux, quand ils acquièrent la nationalité française, ne profite de l’occasion qui leur est donnée de franciser leur prénom, voir leur nom.

Pourtant, la plupart de ces prénoms arabes correspondent à des adjectifs (comme Aziz : bienheureux) ou à des noms (comme Warda : rose), qui trouveraient des équivalents en langue française, voir dans la liste des prénoms français. Et puis serait-ce une insulte à l’islam que de choisir des prénoms dans le calendrier chrétien, où là encore des équivalents existent (Youssef : Joseph) ?

Curieusement, ce souci de donner des prénoms étrangers aux enfants nés français en France n’est pas du tout partagé par la communauté asiatique, par exemple, qu’elle soit bouddhiste, confucianiste ou taoïste : la plupart portent des prénoms français. De même, les Juifs de France donnent très majoritairement des prénoms chrétiens et non hébreux à leurs enfants, et cela depuis plusieurs générations.

Alors, que les musulmans de France ne viennent pas se plaindre de manque d’assimilation ou d’intégration, contrairement aux autres communautés d’origine étrangère ! Il faudrait tout de même savoir ce que l’on veut pour soi, et surtout pour ses enfants.

Roger Heurtebise

(1) Les allitérations qui consistent à double une consonne (dans « Zolla ») sont très prononcées en italien (« Zol-la ») et pas en français. C’est donc une forme de francisation qu’a effectué François Zola sur son patronyme.

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