La gauche porridge

Publié le 18 juillet 2013 - par - 1 308 vues
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Je l’ai déjà écrit dans un autre texte, les signes religieux, c’est comme les pantoufles, ça se porte à la maison. A l’extérieur, ils sont source de rivalité et de conflit : tu portes le voile, alors je porte la kippa ; et moi une croix sur le bréchet. Et le bouddhiste une robe orange avec une swastika tatouée sur le front. Qui peut les en empêcher ?

On imagine une salle de classe ainsi bariolée. La petite Salimah refuse d’être assise à côté d’Itzak, parce qu’il est juif et les juifs sont les ennemis de sa religion. Et en plus, c’est un garçon, elle n’a pas le droit d’être assise à côté d’un garçon. Cela fait venir de mauvaises pensées, qu’elle trouve d’ailleurs personnellement plutôt bonnes mais on lui a fait croire le contraire. On lui propose de se placer à côté de Monique. Ah non, elle porte une croix, c’est une mécréante. Du fond de la classe, un musulman (pas encore barbu, il n’a que treize ans) se met à apostropher le bouddhiste : ‘vous nous persécutez en Inde et en Birmanie, tu vas voir ta gueule à la récré ! ‘ Le bouddhiste  reste zen.

Toute cette belle jeunesse en oripeaux exhibitionnistes a oublié un principe non-écrit de la laïcité, le principe de discrétion. Il devrait aller de soi mais les prêtres, les rabbins, les imams sont d’un autre avis, pour la conquête, il faut se montrer en uniforme. Dieu, sous ses divers noms, saura se montrer reconnaissant.

Reste le problème du prof. S’il est du gabarit tarzan, il pourra tant bien que mal maintenir le radeau à flot, si c’est une femme, elle est mal barrée. L’une d’elles a écrit le récit de ses expériences traumatisantes sous le titre : ‘Madame, vous êtes une prof de merde.’  Non sans humour, elle raconte que l’élève qui l’insultait ainsi  ne la tutoyait pas et disait même Madame, tout n’était pas perdu.

Nous devons cette situation qui ne peut qu’empirer à une gauche sans ressort, sans boussole, incapable de taper sur la table ou ne le voulant pas pour des motifs intéressés (électoraux). Il y avait, il y a toujours la gauche caviar. On peut aussi dès lors parler d’une gauche porridge, qui sert un brouet que le plus édenté des (é)lecteurs peut avaler sans mâcher. C’est le but.

André Thomann, Genève

 

 

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