La gifle de Valls, ou la justice à deux vitesses…

Publié le 20 janvier 2017 - par - 6 commentaires - 1 054 vues
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Il y a 3 semaines environ, à la suite de l’enfarinage de Manuel Valls nous mettions en garde nos amis concernant le dernier acte politique de celui qui,  Premier ministre encore pour quelques heures, créait une Inspection Générale de la Justice  plaçant ainsi la Cour de cassation sous le contrôle direct du gouvernement. Nous écrivions : « Ce décret semble sérieusement remettre en cause la séparation des pouvoirs, fondement de la République française, et notamment l’article 64 de la Constitution de 1958 prévoyant l’indépendance de l’autorité judiciaire, la plaçant notamment sous le contrôle direct du gouvernement par l’intermédiaire du ministre de la Justice”. Résultat des courses, un citoyen très mécontent, profitait d’un déplacement du « possible »  candidat à l’élection présidentielle pour lui signifier à l’entrée d’une réunion publique, au moyen d’un sachet de farine, qu’il est plus périlleux de faire de la politique “dans la rue” que sous les ors et lambris des Palais de la République. Nous savions que la campagne électorale ne serait pas un long fleuve tranquille pour le « Caudillo » d’Evry.

Nous ne pensions pas si bien dire puisqu’en déplacement en Bretagne le candidat aux primaires de la “belle alliance populaire” -mais quel est le blaireau qui a trouvé un nom aussi con ?- a été souffleté par un garçon de 18 ans aux cris de “Ici c’est la Bretagne”. Interpellation, garde à vue, comparution directe… en 48 h l’affaire était pliée avec une condamnation de trois mois avec sursis après une procédure très peu usitée de “plaider coupable”… Visiblement certains ont conseillé à Valls de se débarrasser de ce “bâton merd…” d’autant que ça commençait à s’agiter sur les réseaux sociaux, constatant que la qualification pénale retenue pour justifier le renvoi devant le Tribunal correctionnel était “violence sur une personne chargée d’une mission de service public”. Or chacun sait que Manuel Valls n’est plus ministre depuis le 6 décembre 2016, mais est à nouveau député depuis le 7 janvier 2017. Cependant, un député en campagne électorale, surtout si la campagne électorale n’est pas encore ouverte, est un simple citoyen lambda qui participe à des réunions politiques (1).

En fait, – contrairement à ce que vont prétendre les médias, dès que l’on va apprendre que le perturbateur facétieux est un jeune proche des identitaires bretons –, ce qui au départ n’est qu’une tape inamicale (un soufflet) va se transformer en “violence”, “gifle”, “coup de poing”, “agression”. Essayez de faire enregistrer une plainte à la gendarmerie ou au commissariat pour un soufflet et venez me donner le résultat des courses. Le Secrétaire Général de la CGT s’étonne d’ailleurs d’une justice à deux vitesses et de la différence de traitement avec des affaires qui mettent plusieurs années avant d’arriver devant un juge.

Tout ça pour quoi ? Pour permettre au système de perdurer et de se reproduire ad libitum. Sur les 7 candidats de la primaire de la gauche on compte un ancien Premier ministre, 4 ministres et un vice-président de l’ Assemblée Nationale (et encore a-t-on échappé à la candidature du président de la République en exercice). Signalons au passage que Vincent Peillon a été poussé par l’Elysée pour enlever quelques points à Valls et que Sylvia Pinel ne savait pas la veille qu’elle devait participer au deuxième débat. Il est vrai qu’elle n’en avait rien à fiche puisque seulement 1 million de téléspectateurs se sont retrouvés devant leur télé. Et on les comprend aisément quand on sait qu’ont surtout été évoqués la dépénalisation du cannabis, le salaire universel  et le farniente (coût de 500 milliards sur 5 ans) et l’obligation pour l’enseignement privé de s’engager avec allégresse dans la mixité sociale.

Vous me direz qu’à droite on dénombrait, à la primaire, un ancien président de la République, deux anciens Premiers ministre ainsi que trois ministres…

… Et que le candidat chouchou des médias et favori des sondages, Emmanuel Macron, a été ministre de l’économie et des finances dans le précédent gouvernement. Il faut bien que l’establishment trouve un candidat de substitution face à la disparition programmée du Parti Socialiste, histoire de maintenir l’illusion d’une alternance. Je ne  sais pas si vous serez d’accord avec moi, mais tout ça mérite plus qu’une gifle.

Richard Roudier

(1) Rappelons pour les puristes qu’une campagne des primaires est un concept qui n’existe pas dans la Vème République et que le général De Gaulle et son futur Premier ministre Michel Debré s’étaient bien gardés de donner une quelconque place aux partis politiques.

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Notifiez de
Exaspéré

Non mais sans blague! Oser souffleter un ancien premier ministre de goooche, quel crime de lese-majeste! Cet impudent mérite d’être écartelé en place publique devant une assemblée de nuits-debouts préalablement shootés au cannabis légalisé cher à Benêt Hamon. Si l’avorton catalan ne peut plus circuler entouré de ses 15 gardes du corps sans risquer une “odieuse agression”,c’est notre fameux “vivre-ensemble ” qui est menacé, les fondements de la République ébranlés! Les agités -de – petite taille -aux – grandes -oreilles atteints dans leur dignité!
Nul doute que SOS -joueurs de flûte se constituera partie
civile.

Sjean-louis

Evidemment, les “primaires” sont anticonstitutionnelles sachant qu’une population, particulièrement concernée, vote en payant !
Par ailleurs, ces pratiques finiront par lasser la population qui subit sans cesse une campagne électorale pendant tout un quinquennat, exemple : les séances hebdomadaires à l’assemblée nationale.

Marino

l’ex-Premier ministre français s’entretiendra avec le jeune Nolan qui lui a asséné une légère, mais célèbre gifle.

«Il y a une demande de me rencontrer. Je le ferai, après cette campagne» de la primaire socialiste, a déclaré Manuel Valls sur la chaîne télévisée BFMTV et la radio RMC, expliquant vouloir essayer «de comprendre» le geste du jeune Breton qui l’a giflé le 17 janvier lors d’un déplacement de campagne.

«essayer, jamais d’excuser, mais de comprendre. Comprendre comment un jeune garçon peut basculer ainsi dans une forme de violence, même si je ne veux pas l’exagérer».

pauledesbaux

BRAVO RICHARD de décrire l’affaire que d’autres n’ont pas voulu transcrire aussi bien
signé paule

Adler

J espère et je croise les doigts que le rosier va prendre une claque magistrale a la primaire des primates gauchos. J ai préparé une bouteille de champagne et espère la boire a la réception de sa veste.

ROB

Il va y en avoir du boulot pour désinfecter de 40 ans d’arrivisme « gôchiste », les fonctions régaliennes de la France.