La guerre culturelle menée par les oligarques contre les peuples


La culture reste longtemps le privilège de l’intellectuel classique et forme l’ordre du cultivé. Le mot de culture exprime l’idée d’un développement, d’un perfectionnement de la personne, personne qui « a enrichi en s’instruisant son goût, son sens critique et son jugement », d’après André Lalande (1867-1963). La culture ainsi comprise caractérise un individu et signifie son développement spirituel. L’étymologie du mot culture rend la culture proche de la nature. Culture vient du verbe latin colère qui reconnaît trois notions très proches, la culture de la terre, la culture de l’esprit, la culture du culte religieux.

La culture de l’esprit implique la nécessité d’un travail, d’un apprentissage, d’une activité permettant l’acquisition de connaissances. Colere est un verbe transitif direct. L’homme laboure et ensemence son propre esprit par la découverte et l’étude. Vue sous cet angle, la culture est l’appropriation d’une vertu, d’une force qui garantit une élévation personnelle. L’ancrage de la culture, c’est l’esprit de l’homme. La mémoire entrepose un savoir qui ne se suffit jamais à lui-même, mais qui doit fournir les éléments nécessaires à la réflexion. Ainsi, la culture traditionnelle, intellectuelle, représente l’instruction, le savoir, la morale.

Cette connaissance permet à l’homme de comprendre son présent, son environnement, de mieux le vivre, de prendre parti, de préjuger d’un possible avenir, d’élaborer sa pensée, de diriger sa vie. Cette culture classique est critiquée, elle serait élitiste et fastidieuse. L’instruction peut n’aboutir qu’à l’érudition, à l’accumulation de connaissances. Le savoir appris peut se révéler inefficace. Le savoir apporte à l’homme un enrichissement personnel, mais n’est que ruine de l’âme s’il n’est pas complété par la conscience. L’éducation livresque amène au dogmatisme, à l’affirmation catégorique de vérités. L’accumulation de connaissances ne suffit pas à l’homme pour être pleinement homme. Et la culture de l’esprit reproduit souvent la hiérarchie sociale. La culture de l’esprit émane d’une sociologie obstinément élitiste. La culture classique, individuelle, est donc menacée par un risque d’isolement. Un homme cultivé est toujours instruit, mais un homme instruit n’est pas forcément cultivé. La culture est plus qu’un savoir universaliste, humaniste, élitiste.

La culture mode de vie s’oppose à la culture classique traditionnelle. On peut étendre la culture aux actes quotidiens banals et élémentaires, par exemple, façon de se vêtir, de construire et d’organiser son habitat, de régler ses rapports sociaux, de s’adresser aux dieux, d’honorer ses morts. Des facteurs contribuent à renouveler et étendre la définition de la culture. Des facteurs philosophiques. Les sciences humaines assimilent la culture au mode de vie, à la civilisation, c’est-à-dire l’ensemble des modes de représentation, d’organisation, de transformation du milieu par les hommes. La culture est désormais liée à la civilisation. Elle désigne le niveau de développement d’une société, les croyances, les comportements, le langage, l’état d’avancement social. Des facteurs sociaux.

Des mutations socio-économiques, une révolution technologique transforment l’attitude face à la culture. Des facteurs politiques. Le choc de Mai 68 modifie l’approche culturelle. Les « activités » culturelles de toutes sortes prennent une place de plus en plus importante dans les écoles, dans les quartiers, dans la vie quotidienne, activités musicales, esthétiques, sportives, artistiques. La culture mode de vie se manifeste de deux façons principales. Après la Deuxième Guerre mondiale, la culture devient une culture de masse. La culture mode de vie s’adresse à la masse. Les activités culturelles se développent et connaissent une faveur croissante. Le « tout culturel » apparaît dans les années 1980 avec l’arrivée de la gauche au pouvoir. Le tout culturel dit qu’ « une paire de bottes vaut Shakespeare ». Alors, le ministère de la Culture doit étendre son action à tout. Une notion nouvelle apparaît : « La culture, c’est la fête ». Ainsi, la jouissance culturelle se démocratise. La culture mode de vie freine ou empêche la pénétration de la culture classique dans le peuple. Le tout culturel, la culture-fête, chers à Jack Lang, aboutissent à une banalisation de la culture, à une vulgarisation de l’objet culturel, à la médiocratisation de la production artistique.

La fête culturelle porte ses limites dans sa nature même, elle est ponctuelle, fugace, et finalement le contraire de ce lent cheminement de chacun vers la pensée et vers l’expression de l’autre. La culture de masse renonce à l’exigence didactique, esthétique, intellectuelle, au profit de la distraction et de l’audimat. La culture de masse satisfait des besoins, mais ne fait pas éprouver le désir de s’enrichir. Sous la pulsion de l’économie et de l’idéologie, la culture s’appauvrit et s’uniformise. La culture de masse est une culture du pauvre, une culture au rabais, qui donne au peuple l’illusion de s’élever dans le monde du cultivé. Mais l’individu est transformé en consommateur passif, manipulé, docile, et même reconnaissant. En conséquence, la société de masse est faite d’indifférence et de matérialisme. La culture de masse implique indifférenciation et relativisme, elle massifie les individus. La société devient égalitaire, mais les inégalités grandissent. Le tout culturel conduit à l’affadissement et à la coercition. En définitive, aucune des définitions de la culture ne donne satisfaction. La culture classique réduit le champ d’admiration et de réflexion au cadre traditionnel des lettres, des arts, et de la science. La culture mode de vie, la culture de masse, le tout culturel, aboutissent à la médiocratisation, à la banalisation des œuvres, à la massification des individus, au conditionnement et à l’endoctrinement des esprits, au déracinement et à la déculturation d’un homme nouveau. Tel est l’objectif des idéologues gaucho-libéraux mondialistes pour mieux asservir l’humanité.

La véritable culture recouvre tous les domaines de la vie, la culture classique relative aux œuvres éternelles du passé comme du présent, la culture mode de vie, mais vue sous l’angle de la sociologie, de l’étude des faits sociaux, sur la durée, et non de la description banale de comportements, la culture scientifique liée aux avancées de la science, la culture technologique de plus en plus prégnante dans notre société. La culture est ce qui élève l’individu, ce qui développe son sens critique et son autonomie de pensée. La culture est encore ce qui crée du lien social. Ainsi, la culture est une tournure de l’esprit, une ouverture de l’esprit, une disponibilité de l’esprit. La culture est aptitude à apprendre, aptitude à s’informer, plus que l’information elle-même, plus que le contenu, les connaissances. La culture véritable est dynamique, progressive, jamais achevée.

La culture, nourrie d’humanisme, vise au développement et à l’épanouissement de la personnalité. Et l’homme cultivé acquiert des qualités intellectuelles, des qualités morales, des qualités sociales. La culture désigne des comportements acquis et transmis par l’éducation, elle est aussi ce qui s’ajoute à la nature. Tous les peuples ont eu des techniques, des croyances, des rites magiques et religieux, des activités esthétiques. Ces expressions du génie humain montrent que la culture s’enracine dans la nature humaine universelle, sous ses formes religieuse, technique, artistique, scientifique. L’anthropologie fait l’inventaire et l’analyse des cultures. La philosophie réfléchit sur la culture humaine. La culture est animée d’une ambition unitaire, de valeurs et de savoirs. Les valeurs représentent ce qui vaut la peine d’être désiré, construit, défendu, les valeurs de liberté, de respect de l’être humain, de vérité, de justice, de fraternité, les valeurs économiques et financières.

La culture générale totalise ces valeurs qui font sens. Les savoirs sont ce qui est transmis, amélioré, réinterprété, de génération en génération, savoir-faire techniques, savoirs intellectuels, savoir-être. La culture générale est riche aussi de diversités. Les diversités collectives sont mises en évidence dans les cultures. Les diversités individuelles s’inscrivent à l’intérieur des déterminations collectives et s’y soumettent, les dépassent parfois dans un message qui peut être universel. Chaque individu peut accéder à l’universel humain, à la culture, aux valeurs universelles, simplement par son action humaine ou sa vie. Ainsi, il se lève toujours des dissidents face à une dictature. La culture générale est le socle qui permet de communiquer, dans l’espace et par-delà le temps. Elle est aussi le catalyseur du perfectionnement humain, dans ses actions comme dans ses choix.

Une culture réussie s’affranchit de toute contrainte, de toute tutelle étatique ou idéologique, de tout dogmatisme, de tout effet de mode, de tout snobisme. Elle inspire et véhicule la morale. Elle favorise une véritable libération de la personne, l’épanouissement de la personne. Elle donne la primauté au sens sur les sens, au fond sur la forme. Elle permet d’appréhender le monde, de se connaître soi-même, et de mieux connaître les autres. Elle encourage la révolte au sens de remise en cause. Elle éveille la curiosité et l’intérêt.

Pourquoi attacher de l’importance à la culture? Les oligarques font tout pour que le peuple n’accède pas à la culture, car la culture est une arme, une source de révolte. Le peuple se révolte quand il sait, parce qu’il sait. Donc le peuple ne doit pas savoir. Mais les oligarques donnent l’illusion de la culture, ils flattent l’ambition légitime du peuple et lui donnent satisfaction. Ils multiplient les offres culturelles, dans les médiathèques, dans les musées, dans les animations culturelles, dans des programmes festifs. Ainsi, ils entretiennent le leurre de la culture, le mirage du savoir. Ils ont fait de même avec l’information. Ils ont décuplé les chaînes de télévision et de radio, et ont fait croire à la liberté de la presse, à une communication souple et tolérante. Mais toutes ces chaînes diffusent le même message, obéissent aux mêmes maîtres, suivent les mêmes consignes, répandent l’idéologie mondialiste et imposent la politique des banquiers et financiers, sans aucune opposition. Ainsi, ils entretiennent la chimère de la pluralité de l’information.

Dans ce contexte d’affaissement de la culture, l’école et les médias transmettent une certaine vision de l’histoire, la culpabilité de la France, accusée de « crime contre l’humanité », la beauté et la grandeur de l’Islam, les bienfaits de l’immigration, les méfaits de la civilisation chrétienne, les aspects négatifs de la colonisation, une certaine vision du sociétal, l’idéalisation de la théorie du genre, l’exaltation de l’homosexualité, l’adoration des transgenres, la modélisation des familles avec des enfants sans père ou sans mère… Tout cela étant posé comme la Vérité, une Vérité intouchable, définitive. Ils ignorent des pans entiers de l’histoire, en particulier l’histoire secrète, pour que nous ne comprenions rien à leurs manigances. Par contre, les oligarques maîtrisent la culture, du moins les décideurs, ceux qui sont en haut de la pyramide. En effet, c’est par la culture, par le mensonge culturel, par la censure culturelle, par la désinformation culturelle, par la dictature culturelle, qu’ils peuvent conduire et gagner la guerre culturelle, c’est-à-dire laver le cerveau des contemporains, amener les masses à se taire et à tout accepter, jusqu’à la servitude, jusqu’à l’esclavage, jusqu’à la mort.

Jean Saunier

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4 Commentaires

  1. depuis le covid qui est un fait historique sans précédent, il faut admettre que les 90% de concernés acceptent leur anéantissement.

  2. acculturation de jeunes français , macron doit jouir de voir son programme réussir

  3. Bel analyse qui ne concerne pas ce qu’on voit… ce ramassis…Qui ne pourrait comprendre…Et à gauche (rien d’étonnant !) la noire qui tient l’écriteau à l’envers….Aïe Aïe Aïe !!!

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