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La guerre des métaux rares, de Guillaume Pitron, ou l’incohérence des écolos

Il y a une chose terrible : dans les pays comme le Congo, des gosses creusent à mains nues pour chercher le métal rare coltan qui sert à fabriquer nos téléphones portables.

Il y a une chose encore plus terrible : c’est ce que nous explique le livre de Guillaume Pitron : “La guerre des métaux rares, face cachée de la transition énergétique et numérique”.

Voici quelques extraits glanés dans la première partie de ces 300 pages.

“Le cris d’alarme est géopolitique : le monde a de plus en plus besoin de terres rares, de “métaux rares”, pour toutes les technologies de l’information et de la communication, pour fabriquer les portables entre autres. Les voitures électriques et hybrides en nécessitent deux fois plus que les voitures à essence.”

“La Chine détient l’essentiel de ces ressources, Pékin est le maitre des métaux rares.”

“L’extraction et le raffinage des ces métaux rares nécessitent des procédés très polluants.”

“Le secteur des technologies de l’information et de la communication produit 50% de plus de gaz à effet de serre que le transport aérien.”

“Il faut purifier 8 ½ tonnes de roche pour produire 1 kg de vanadium, 16 tonnes pour 1 kg de cérium, 50 tonnes pour l’équivalent en gallium, 1200 tonnes pour 1 kg de lutécium.”

“Les armées prévoient les guerres sans pétrole mais avec des “énergies renouvelables” c’est-à-dire des robots électriques, armes télécommandées, rechargeables grâce à des centrales à énergies renouvelables – concentreraient une puissance de destruction accrue – élimineraient le casse-tête que représente l’acheminement du carburant jusqu’aux fronts.”

“La guerre cible déjà les infrastructures numériques de l’ennemi et ses réseaux de télécommunication, les cyber-armées pourraient remporter les conflits du futur.”

“La transition (énergétique) va mettre à mal des pans entiers des économies les plus stratégiques. Elle précipitera dans la détresse des hordes de licenciés qui provoqueront des troubles sociaux et réprouveront les acquis démocratiques. Elle va fragiliser votre souveraineté militaire. Elle dévastera l’environnement…”

“L’accord de Paris sur le changement climatique ne mentionne pas une seule fois les mots “métaux” et “matières premières”.

“Exploiter les propriétés magnétiques exceptionnelles de certains de ces métaux pour fabriquer des aimants ultra-puissants qui servent dans les moteurs électriques, locomotives, bicyclettes à moteur, brosses à dents électrique, téléphones mobiles, vitres électrique des voitures, ascenseurs.”

“Les métaux rares permettent de produire une électricité propre, ils font tourner les rotors des éoliennes et les panneaux photovoltaïques transforment les rayons du soleil.” (en fait c’est le vent, quand il y en a, qui fait tourner les rotors)

“En Chine, en 2006 une soixantaine d’entreprises de production d’indium, un métal rare qui entre dans la fabrication des panneaux solaires déversaient des tonnes de produits chimiques dans le fleuve Xiang compromettant l’approvisionnement en eau potable des populations riveraines.”

“La purification de chaque tonne de terres rares requiert l’utilisation d’au moins 200 mètres cubes d’eau qui au passage va se charger d’acides et de métaux lourds.”

“terres arables devenues infertiles.”

“Avant même leur mise en service, un panneau solaire, une éolienne, une voiture électrique, une lampe à basse consommation portent le péché originel de leur déplorable bilan énergétique et environnemental.”

“La fabrication d’une voiture électrique, censée consommer moins d’énergie, requiert beaucoup plus d’énergie que l’usinage d’une voiture classique. Cela s’explique notamment par leur batterie, généralement batterie au lithium qui est lourde, très lourde (…) dans la Tesla elle pèse 25% du poids total de la voiture”.

“John Petersen : les véhicules électriques peuvent être techniquement possibles, mais leur production ne sera jamais soutenable d’un point de vue environnemental.”

“La seule fabrication d’une puce de deux grammes implique le rejet de deux kilogrammes de “matériau environ” soit un ratio de 1 à 1000 entre la matière produite et les rejets générés.”

“Un mail avec une pièce jointe utilise l’électricité d’une ampoule à basse consommation de forte puissance pendant une heure, or chaque heure ce sont dix milliards d’emails qui sont envoyés à travers le monde, donc 50 gigawatts/heure, l’équivalent de la production électrique de quinze centrales nucléaires pendant une heure.”

“Les travaux de réparation des dommages écologiques n’ont pas été intégrés aux coûts de production.”

“Le REACH ce règlement européen qui vise à minimiser les risques sanitaires liés à plus de trente mille substances chimiques contenues dans les biens de consommation.”

“Notre ignorance des drames humains qui se jouent dans les coulisses de la transition énergétique et numérique.”

“Cette recherche effrénée de métaux rares cause la fin des derniers sanctuaires naturels, l’exploration minière des océans ne fait que commencer ainsi que l’appropriation/commercialisation de l’espace extra-atmosphérique, les orpailleurs spatiaux veulent capturer les astéroïdes pour en exploiter les minerais…”

Petite liste absolument pas exhaustive de noms que je n’avais jamais/peu entendus auparavant : prométhium, terres rares, graphite, vanadium, germanium, platinoïdes, tungstène, antimoine, béryllium, fluorine, rhénium, cérium, gallium, luthécium, cobalt, tantale, niobium, néodyme, sélénium, tellure, indium, baryte, bismuth, borate, spath fluor, hafnium, scandium, yttrium, lanthane, cérium, praséodyme, samarium, europium, gadolinium, terbium, dysprosium, holmium, erbium, thulium, ytterbium…

« Innovation » : Éoliennes, panneaux solaires, batteries électriques, robotique, intelligence artificielle, hôpital numérique, cyber-sécurité, biotechnologies médicales, objets connectés, nanoélectronique, voitures sans chauffeur, piéger les gaz d’échappement des véhicules dans des pots catalytiques, les lampes à basse consommation, nouveaux matériaux plus légers et robustes, technologies de l’information et de la communication, logiciels de prédiction météorologique, porte-couteaux magnétiques fixé au mur de votre cuisine, iPhone, iPad, bétons translucides, briques en papier, gels isolants, bois renforcés…

N’oubliez pas la génération selfie qui a élu un président smartphone…

Les mines se trouvent en Chine, Asie tropicale, déserts de Californie, Afrique australe, Mongolie, Afrique du sud, Russie, Brésil, Turquie, Congo, Kazakhstan, Argentine… partout, même en France et dans les mers, sous les océans, dans les astéroïdes…

Détail intéressant  : il faut donc ouvrir des mines partout mais NIMBY = not in my back yard – pas dans mon jardin – suivi de BANANA = build absolutely nothing anywhere near anything = ne construire absolument rien nulle part…

« Les ONG écologistes font la preuve d’une certaine incohérence, puisqu’elles dénoncent les effets du nouveau monde plus durable qu’elles ont elles-mêmes appelé de leurs vœux. »

Conclusion : « Nous ne réglons en rien l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes ; nous ne faisons que les déplacer. » « La formidable erreur originelle dont semble pâtir la transition énergétique et numérique : elle a été pensée hors sol. »

Ajoutez à cela les écrits du prof. Brasseur qui dénonce l’arnaque de l’éolien ou le livre “Eoliennes, un scandale d’état” de Alban d’Arguin. Tout ça pour ça…

Tout ça pour des jeux vidéos, s’envoyer des mails avec chats marrants, se balader dans la rue avec des écouteurs sur les oreilles et des écrans devant les yeux…

Ma voisine travaille dans un bureau « open space » et sa directrice demande que tout le monde ait WhatsApp « pour communiquer »… au fou, c’est peu dire !

Je n’ai pas la formation suffisante pour émettre une critique scientifique de ce livre, je vous le signale pour éveiller votre curiosité.

Question : empêcher les musulmans de sortir de leurs croyances vétustes, nous inonder de polémiques genre testament de Johnny, la petite chanteuse voilée ou la Jeanne d’Arc mulâtre, n’est-ce pas une stratégie pour nous empêcher de prendre conscience  de réalités effrayantes  ?

Question subsidiaire : si tout le monde lisait ce livre et se rendait compte de la gravité de notre situation, quelle serait la réaction ? La révolution ou bien le “bof, on est quand même foutu”… comme disait Léo Ferré « on s’demande si c’est utile et puis surtout si ça vaut l’coup »… si ça vaut l’coup de s’en faire.

Anne Lauwaert