La guerre d’Indochine : récit de l’enlisement, par Lucien Bodard

Publié le 12 octobre 2019 - par - 30 commentaires - 1 359 vues
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Lucien Bodard explique comment un Corps Expéditionnaire magnifique a pu se faire écraser au bout de sept ans par des guerilleros misérables et dépourvus de tout au début. Le lendemain de la défaite de Dien Bien Phu, dans la ville qui agonise, l’armée française, c’est la revue des ombres, des survivants, des hommes brisés moralement et physiquement, (vaincus) par la pureté cruelle et impitoyable des Vietminh.
Mais c’était l’Enlisement. On pacifiait mais on n’arrivait pas à tuer la guerilla. Et puis ce sera l’embourbement quand l’on aura remis le pouvoir à Bao-Da’i, réfugié dans la négation et la débauche !

Chez les hommes, tout était porté à l’extrême, le pur et l’impur, la bonté et le sadisme. Mais les Viets avaient dans leurs repaires gardé leur vertu rouge. Mais l’on avait oublié que Giap formait sur sa frontière de Chine une armée de choc d’hommes-fourmis. Surtout, l’on n’avait pas compris ce que signifiait la victoire de Mao en 1949. Et, en moins d’un an, on allait tomber de l’Enlisement dans l’orgueil à l’Humiliation de la défaite.
Après cela, la guerre d’Indochine traînera, mais elle était déjà condamnée.
À côté de moi, un colonel pleure : « Je n’aurais jamais cru que les Vietminh puissent anéantir en une nuit nos douze mille meilleurs combattants d’Indochine formés en carré. »

La souffrance est d’autant plus grande que l’espérance s’était insidieusement glissée dans les cœurs.
On s’était persuadé que ce serait le salut si le réduit tenait encore quelque temps.
Ces illusions avaient gagné les états-majors qui commençaient à croire à l’usure des Vietminh. Dans la nuit qui précéda le drame, le commandant avait fait larguer un bataillon de parachutistes. À de Castries qui l’avait réclamé depuis des semaines, il l’avait refusé, pour ne pas accroître le nombre des sacrifiés. Puis, juste avant la catastrophe, il avait pris la décision, comme si sa foi avait soudain augmenté.

On ne sait toujours pas pourquoi Dien Bien Phu est tombé. Il est probable que le réduit français de la jungle craqua à la façon d’un cœur malade. Un colonel donne son opinion : « Un des mystères de la guerre, c’est l’effondrement. On ne peut jamais prévoir le moment où, pour une troupe ou une garnison, l’épuisement amène la fin. Cela s’écroule tout à coup. » Le deuil et l’amertume accablent le Corps Expéditionnaire.
Car, pour tous les combattants du Tonkin et de l’Indochine, Dien Bien Phu, c’était plus que la vie.
Dans toute l’Indochine, des cuisiniers, des plantons, des secrétaires, furent volontaires pour sauter dans la fournaise. Des hommes, à dix jours de leur rapatriement, exigeaient d’être parachutés. Quand on les avertissait qu’ils allaient à la mort ou à la captivité, ils répondaient : « Peu importe. »

Un soldat blessé à l’œil à Dien Bien Phu, au début de la bataille, avait été ramené hors de l’enfer, par un des derniers avions sanitaires. Une semaine avant le désastre, alors qu’il n’était pas guéri, il demanda à sauter dans la cuvette condamnée : « Mon frère y est. Je veux le rejoindre. »
Dans la ville d’après la défaite, des paras boivent effroyablement. Ils sont soldats d’une compagnie de réserve qui n’a pas été larguée. Honteux d’être en vie et en liberté, ils supplient qu’on les « droppe » dans la jungle de Dien Bien Phu. Ils veulent tomber du ciel pour libérer les camarades de leur bataillon.

Dans le reste de la ville, des militaires au visage dur se taisent. Ils répugnent même à parler, à avouer leur peine. Pour quelques civils, l’ignorance est un dernier bonheur…
C’est le radio de Dien Bien Phu qui lança le dernier message du P.C. de Castries. Il avait dit simplement dans l’appareil, pour son ami radio : « Les Viets sont à vingt mètres ! Adieu, mon pote ! »
Dans la ville, les Vietnamiens montrent toute l’indifférence de l’Asie, pas une geste de défi envers les Français, pas non plus un sourire ou une bonne parole. On pourrait croire qu’ils ignorent les événements, mais ils sont déjà au courant. L’impassibilité de l’Orient ne m’est jamais apparue aussi souveraine et cruelle.

Les civils français sont peu à peu pris d’inquiétude. Après avoir cru, pendant des années, au dogme de la supériorité des Français, ils découvrent que les Vietminh peuvent gagner. Menacés dans leur prospérité par la fin de la guerre, ils se disent entre eux : « De Lattre ne nous aurait pas fait cela ».
Mais ils ont oublié qu’ils détestaient de Lattre : ce général méprisait les gens d’argent.
La paix est imminente : ce sera celle de l’humiliation. Un drapeau rouge, marqué en son centre de l’étoile communiste, flotte au bout d’une longue perche. Trunggia, c’est là que doit se tenir une conférence de la paix qui double celle de Genève. Nous entrons dans le fief de l’ennemi : les Français négocient en vaincus chez leurs vainqueurs. De ces êtres, je n’aperçois que des bouts de visage qui n’expriment rien, sans trace de sentiments humains : ils ont l’impersonnalité des volontaires de la mort.

Plus loin, des gendarmes français, (gras et) bien portants, montrent de bonnes figures rondes, des cuirs, tout un équipement. Les journalistes se demandent avec malaise comment des colosses français aussi bien nourris peuvent avoir été battus par des gringalets si désespérément pauvres. Sur la route crevée par les cratères de mines, ces gendarmes sont le symbole de la nouvelle impuissance française.

Pourtant, on se bat encore. La guerre a continué après Dien Bien Phu et après la scène internationale dressée à Genève pour les négociations de paix. Des divisions vietminh sorties de la jungle se jettent sur le delta. Les Français évacuent, se recroquevillent et se rassemblent…
De furieux et obscurs combats se déroulent toujours. Le général Vanuxem jette ses groupes mobiles, ses chars, ses derniers bataillons, dans des contre-attaques acharnées. On remporte quelques victoires. On tient, mais la masse ennemie est infinie, elle s’infiltre toujours davantage. Les Français combattent bravement, même après avoir perdu la foi. Dien Bien Phu avait été pour le Corps Expéditionnaire le symbole suprême : ce devait être un tournoi qui désignerait le vainqueur. Mais, après la catastrophe prévisible et pourtant incroyable, les soldats éprouvent le dégoût d’eux-mêmes.

Les Français qui acceptaient la mort la plus inutile, du temps de l’épopée, n’en veulent plus, dans cette fin misérable de la guerre d’Indochine. Et pourtant, ils sont humiliés de leur soulagement devant la paix.
Les Viets ne se posent pas ces questions. Dans l’ultime semaine, ils continuent à se faire décimer en masse. Leurs corps s’accumulent dans les barbelés des postes. Les volontaires de la mort se font sauter sur les blockhaus avec leur charge de plastique. Cela ne sert à rien puisque déjà tout est réglé à Genève.

Mais Giap en a donné l’ordre, les commissaires politiques l’ont prescrit, c’est pour le bien du peuple !
Enfin arrive le dernier jour de la guerre : le 26 juillet 1954. L’armistice commence le lendemain matin à 8 heures. Je parcours en jeep la voie sacrée du Tonkin, la route de la guerre perdue. La chaussée n’est faite que de décombres. On roule parmi les taches innombrables laissées par les embuscades passées, au milieu d’une terre brûlée, calcinée. La population a disparu, signe que les Vietminh sont tout proches.
On ne voit que l’étalage vain de la puissance militaire française, se succèdent des postes en béton, des batteries en train de tirer, des tanks aux aguets. Mais ce déploiement de forces ne rassure pas, parce que l’ennemi est à côté, en masse, caché dans les restes des hameaux, dans les bosquets de bambou, dans la boue des rizières, à quelques mètres peut-être.

Je veux trouver un homme qui me dise que tout n’est pas perdu et qu’il faut continuer la guerre.
Je pense au dur Vanuxem, le général chargé de la dernière défense. Que de fois ne m’a-t-il pas répété dans le passé que l’on serait vaincu en Indochine parce que l’on n’osait pas faire le nécessaire !
La pauvre armée vietnamienne est dans une situation lamentable. À notre approche, les hommes nous demandent : « Qu’allons-nous devenir ? » Leurs officiers ont disparu. Les autres ont déserté, en laissant leurs armes et des mots d’excuses. Ils ne savent plus s’il existe encore un gouvernement vietnamien.

Le capitaine promet à ces gens que les Français les transporteront vers le sud. Mais un vieux sous-officier lui touche le bras : « Que ferons-noue tout à l’heure, quand les Viets arriveront ? » Le capitaine secoue les épaules en signe d’impuissance. Il me confie : « Je n’ai pas d’ordres, je ne sais que faire ».
C’est pour en arriver là que tant de, Français sont morts ! Mais, plus honteuse que notre défaite, est la trahison à laquelle nous allons nous livrer. Nous avons résisté aussi longtemps dans ce delta pourri parce que deux cent mille Vietnamiens ont été nos soldats et qu’un million d’hommes et de femmes nous ont aidés.
Notre paix les condamne. On va les livrer. Je me demande si une fatalité ne pèse pas sur la France, l’obligeant à abandonner ses partisans, à les laisser aller à la mort…

Thierry Michaud-Nérard

(Propos extraits de « L’enlisement » de Lucien Bodard, Gallimard, 1963)

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Notifiez de
le pote

tout cela me fait penser au film  » apocalypse now  » , avec cet affrontement psychologique entre ceux qui veulent aller au bout du devoir  » hors cadre  » limité par la morale politique comme le colonel Kurts . C’ est lui qui a compris que la morale doit être dépassée , sinon c’ est perdu ; mais il devient la mauvaise conscience ..; dans un autre domaine avec ses livres  » guérilla  » , L . Obertone nous dit aussi que notre  » dressage  » va nous perdre . C’ est affligeant de savoir que lors du chaos seuls les  » sauvages  » vont gagner . L’ affrontement sera terrible ….

Allobroge

Et le pire face à ces montagnes d’héroïsme c’est que les salopards rouges, bien dodus, en France trahissaient sans vergogne nos soldats, du petit syndicaliste aux hommes politiques ! A croire que l’armée française détruite était un but à atteindre de sorte que l’armée rouge envahissant l’ouest n’aurait pas eu à s’y frotter !

BUTTERWORTH

mauvaise gestion POLITIQUE ET MILITAIRE PHENOMENE COURANT POUR LA FRANCE ET POUR LES USA APRES MAUVAISES DECISIONS COMME EN 14 ET 39 http://www.slate.fr/story/177714/guerre-indochine-france-perdu-cinq-ans-avant-dien-bien-phu

Darc

Très peu de personnes parlent du fait que Dien était destiné à attirer « l’ennemi » qui devait être éliminé par l’aviation américaine et que cette aviation n’est pas venue ……. Les américanos anglo saxons voulaient éliminer la France de l’Indochine comme d’autres colonies pour réduire son influence internationale et les bénéfices divers qu’elle pouvait en retirer . Voir, si vous le trouvez, un livre écrit par un vietnamien (Pedro Nguyen) et qui a vécu cette époque dans les deux camps, au Nord comme au Sud . A noter que la trahison américaine m’a été confirmée par des personnes qui ont vécu cette guerre sur le terrain ..

Patrick VERRO

TOUT CECI EST PARFAITEMENT EXACT; et je me réjouis que vous l’ayiez clairement fait apparaître…
A mon avis il n’y a pas un Français sur 1 million qui connaît ce fait historique très important !

Patrick VERRO

La Montagne des Parfums / Pedro Nguyên Long
Livre
Nguyên, Pédro Long (1934-….). Auteur
Edité par R. Laffont. [Paris] ; Phébus – 1996
SUJETS
GUERRE D’INDOCHINE (1946-1954)
RÉCITS PERSONNELS VIETNAMIENS
GUERRE DU VIET-NAM (1961-1975)
RÉCITS PERSONNELS VIETNAMIENS
RÉFUGIÉS VIETNAMIENS
FRANCE
1970-….
CLASSIFICATION
LITTÉRATURES

POLYEUCTE

J’ai connu des Aviateurs qui larguaient Hommes et matériels en « pure perte », par devoir inutile…
Mais l’Histoire ne s’arrête pas, elle oublie.
Algérie, Balkans, Sahel, Kurdes… et j’en passe…
Oui ! Cameron fut un symbole prémonitoire….

meulien

et nous abandonneront les francais musulmans d’algerie qui nous faisaient confiance au non »des valeurs de la republique »

Jill

C’est une légende… En avril 1962, le capitaine Grillot patron du fameux Commando Georges réunit ses hommes afin de connaître leurs souhaits. Il leur était proposé d’intégrer des unités régulières, ou d’être démobilisés sur place moyennant une prime ;200 étaient présents et seuls 23
choisirent d’intégrer des régiments en France ou en Allemagne.
Les harkis étaient pour la plupart d’anciens fells;ils n’avaient aucune convictions et à quelques exceptions près, se fichaient de la France comme de leurs premières babouches.
Nous ne leur devions rien ;ils furent payés pour combattre. Et nous ne sommes pas responsables de la barbarie des Algériens.

Viktor

Ce rappel historique pourrait être une anticipation prémonitoire d’un nouveau Dien-Bien-Phu, voire pire, d’une défaite sans avoir combattu et cette fois, au sein même du sanctuaire national, métastasé par le cancer de l’islam, lui même encouragé par nos gouvernants depuis des décennies : ultime humiliation ! Au regard des quartiers sensibles classés en QSN; QSTD; QSD;QSP selon leur degré de violence, soit plus d’une centaine qui pourraient au signal s’embraser simultanément. Que pourrait faire notre armée, aux effectifs réduits ; ne parlons plus de la police ? Aidés par l’extrême gauche pour qui ce serait le grand soir. Rapidement nous tomberions dans un scénario à la Laurent Obertone, d’un combat de tous contre tous. N’en doutons pas l’armée a évalué ce danger, mais le politique ???

Patrick VERRO

En réalité, nous fûmes trahis par les américains (comme en Algérie) ainsi que le Général Nguyen Van Hinh n’ jamais voulu me le raconter : https://books.google.fr/books?id=N6VSCwAAQBAJ&pg=PT37&lpg=PT37&dq=le+tr%C3%A8s+francophile+g%C3%A9n%C3%A9ral+Nguyen+Van+Hinh,+avec+la+complicit%C3%A9+de+plusieurs+…&source=bl&ots=oBbhKkvpgh&sig=ACfU3U21EmEzlmfR89P0lc8dJSn0MI7bYw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiwz9Hf5pjlAhWM2hQKHX38B_0Q6AEwAHoECAkQAQ#v=onepage&q=le%20tr%C3%A8s%20francophile%20g%C3%A9n%C3%A9ral%20Nguyen%20Van%20Hinh%2C%20avec%20la%20complicit%C3%A9%20de%20plusieurs%20…&f=false

Patrick VERRO

De gaulle et le Vietnam 1945 1969
De Pierre Journoud

UN GAULOIS

Face aux canons, le meilleur soldat ne peut rien. Les points d’appuis ont été labourés à maintes et maintes reprises. Sans oublier, l’affrontement de 2 volontés aussi opiniâtres de chaque côté.

Jill

Une anecdote… mon oncle sous-lieutenant de réserve reprit du service après l’armistice de 1940 et fut envoyé en Indochine. Pratiquement en arrivant, il integra une école lui permettant de se faire activer. Il avait entre autre comme condisciple un officier d’origine vietnamienne.
Ce lieutenant rejoignit la rébellion, et c’est ce même officier qui avec le grade de colonel commandait la fameuse artillerie de Dien-Bien-Phu ;celle qui n’existait pas, et fut néanmoins la cause de notre défaite.
Vers 1990,mon oncle, colonel en retraite se rendit
au Vietnam avec son fils. Je ne sais plus comment, mais il retrouva son ancien camarade qui vivait à la limite de la pauvreté mais les accueillit avec beaucoup de chaleur et d’émotion.

Jill

Suite… Nous étions forcément perdants en Indochine, car Giap avait fait abstraction du facteur humain ;le sacrifice était la règle.
Ainsi à Dien-Bien-Phu, les viets laissérent 10 000
morts sur le terrain, contre 2000 au  » vaincu ».
Les Français se battirent jusqu’au bout de leur potentiel… DBP fût une humiliation pour la France, mais une page de gloire pour notre armée. Je pense que cette bataille devrait être honorée comme Camerone ou Bazeilles. Les parachutistes qui se battirent comme des lions devraient prendre à leur compte cette commémoration.

Allobroge

Tant que des gauchistes seront au pouvoir aucune commémoration digne de ce nom de Dien Bien Phu n’aura lieu. Déjà que les mêmes salopards refusent des places ou rues au nom de Bigeard !

Jill

Les noms des rues et places relèvent des municipalités… celles de droite ;enfin présumées ne se sont pas bousculées pour honorer le grand soldat;pour ne pas déplaire sans doute à ceux qu’il a combattu. Le traître Audin est davantage honoré.

Jill

Le récit de Bodard est très intéressant mais il a un défaut :il manque de recul. C’est un travail de
reporter, voire de chroniqueur mais pas d’historien.
L’armée française vaincue par une horde de va-nu-pieds, c’est un peu simpliste.
Comme toutes les révolutions, le soulèvement viet fût l’affaire de quelques hommes ;mais la cause monta vite en puissance à fortiori avec de l’aide extérieure.
On ne gagne jamais à terme contre une révolution. La France commit beaucoup d’erreurs et notamment celle de ne pas négocier avec Ho-
Chi-Minh qui n’était dans de mauvaises dispositions vis à vis de la France. Elle s’engagea
dans un conflit, sans y mettre les moyens, et perdu d’avance. Nous sortions de la guerre exsangues;ce n’était pas vraiment le moment.

Ménard

Bonne analyse; mais que faisait de Castries ds cet cuvette. Stratégie contraire à tt enseignement de l’Ecole de Guerre? De Castries a été choisi par défaut:
1 / Il n’a pas écouté les services secrets qui avaient compris que les viets de Giap passeraient par les montagnes au nord, (Commandes en masse de bicyclettes Peugeot & de piles Wonder)
2 / Sur ordre les pitons stratégiques tenus par la légion étrangère au Sud de la frontière avc la chine ont été abandonné, plus de verrous.
3/ Au Laos tout proche le colonel Jean Sassi ancien « jeddburgh » avec ses hmongs sauve 200 combattants de DBF?
4/ En fait DBF n’était qu’une bataille, l’armée Fr auraient pu écraser Giap
Mais le gouvernement FR a préféré signer avec Ho Chi min et régler cette défaites aux conséquences incommensurables!

Jill

Ce n’est pas de Castries qui avait décidé de l’opération, mais le commandant en chef
Navarre ce qui ne change rien au bien fondé de votre interrogation :que faisions dans cette cuvette?

Allobroge

Ce que BODARD écrit dans le feu de l’action c’est du reportage. Bien sûr qu’après les historiens feront le tri. Mais il décrivait fort bien ce qu’il voyait et pas toujours à l’honneur de certains d’entre nous !

Filouthai

La guerre d’Indochine est un chapitre méconnu de l’histoire Française contemporaine.
1- Il faut rappeler qu’en métropole « l’effort de guerre » a été soigneusement sabote par les communistes français qui obéissaient aux directives staliniennes et aidaient le parti frère du Viêt-minh : sabotage des armes produites en France, sabotage des convois vers l’Indochine, refus (des dockers marseillais) de débarquer les blessés, etc
2- sur le plan international, Roosevelt (puis Truman) souhaitaient mettre fin aux empires coloniaux, et voyaient d’un mauvais œil la présence française en Asie. Ils n’ont eu de cesse de le remplacer … avec le succès que l’on sait.
3- les politiciens français d’après-guerre ont été (comme toujours) d’une extrême médiocrité, et ne comprenaient pas ce qui se passait

patphil

j’étais jeune adulte quand j’ai lu les livres de bodard, je me suis toujours souvenu de ces pensées et conclusions
quand j’ai traversé pour la première fois une rizière , je repensais à tous ces jeunes qui ont été envoyés au casse pipe avec un barda sur le dos, moi qui glissais en n’ayant qu’un appareil photo;
et je pense encore plus à ces jeunes qu’ils envoient au sahel se faire trouer la peau pour rien!
quant à la trahison des français envers leurs alliés, je pense à louis15 et les acadiens et québécois, aux harkis aux hmongs, aux serbes bombardés, etc.

vendéenne

suite) sonnait la fin de dépenses étatiques « inutiles » . Ces gens se moquaient comme de leur dernière chaussette de l’avenir des vietnamiens et ne voulaient surtout pas entendre parler de la lutte contre le communisme.Ils n’ont pas décolonisé par humanisme. Ils ont surtout tenté de gérer au mieux leurs intérêts financiers.
C’est à peu de choses près ce qui a été réitéré en Algérie, 8 ans plus tard

vendéenne

Suite) et à conseiller leurs amis sur la meilleure façon de tuer les prisonniers avec la plus grande cruauté.
Les soldats Français étaient sûrement les meilleurs sur le terrain, mais ils ont dû faire face à une armée de 80 000 hommes entraînée et armée par les chinois alors qu’ils n’étaient que 13 000 et que très rapidement , ils ne pouvaient plus recevoir aucun approvisionnement, en nourriture, médicaments et armes . La plupart des hauteurs autour du camp étaient occupéé par une artillerie qui normalement selon l’état major Français ne pouvaient pas être implantée là.
Les erreurs de l’état major et la volonté des politiques, ont été directement à l’origine du massacre d’hommes de valeur, d’honneur et de courage.
Mais, pour certains, Dien Bien Phu fut bienvenue car ce massacre

vendéenne

Il me semble que BODARD oublie bien des choses. Pourquoi la défaite de DIEN BIEN PHU ? parce que, relate-t-il les soldats se sont effondrés, ils en ont eu assez, ils ont craqué comme un coeur malade . C’est faire vraiment peu de cas de tous ceux qui sont tombés là bas et de tous ceux qui prisonniers des communistes sont morts dans d’horribles conditions!
Tous ces soldats ont été envoyés à la mort quasiment , volontairement.Ils ont été trahis précisément par les politiques et quelques militaires de haut rang qui savaient que cette cuvette face à un ennemi bien supérieur en nombre était intenable,mais aussi par une partie de la population Française , acquise au communisme, qui avait la bienveillance du gvt en place et qui n’a pas hésité à saboter l’armement Français,

Spipou

Bodard n’est pas un historien, mais un journaliste, doublé d’un écrivain à la plume picaresque et d’un fin psychologue.

Ses livres sont passionnants, mais ils doivent être lus avec le recul nécessaire devant l’œuvre littéraire.

Que si on le lit, on doit compléter cette lecture par d’autres, tels que Jean Hougron, et surtout par celle d’historiens. Personnellement, je conseillerais Jacques Dalloz.

Il n’empêche qu’il pointe de façon très aiguë les défaillances d’une partie du commandement français, et qu’il décrit admirablement le quotidien du français ou du vietnamien loin du front et sur celui-ci, ainsi que le déroulement des opérations militaires – et politiques.

Et qu’il est très loin de « faire vraiment peu de cas » de la souffrance des soldats.

Thierry Michaud-Nérard

Merci pour ce commentaire avisé et compétent.

kabout

honneurs et pensées pour les anciens d’Indochine,voici mon pére engagé en Indochine de 1952 a 1954.

https://images.app.goo.gl/xEaMz7YWhiGYcwxV7

kabout

honneurs et pensées aux anciens d’Indochine,voici mon pére,engagé en Idochine de 1952 a 1954.

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