La laïcité veut le bien des religions pour le bien de l’humanité !

Nombreux sont ceux qui pensent que la laïcité est la face cachée de l’athéisme, et que l’athéisme est l’ennemi des religions : ils se trompent, comme se trompent ceux qui pensent que les religions disparaîtront d’elles-mêmes en raison des progrès de la science, et notamment des explications objectives que fournit cette dernière quant à l’origine de l’homme.

Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des religions !

Ce n’est donc pas en affirmant l’absence de Dieu que l’on résoudra les problèmes engendrés par les religions, pas plus qu’on ne résoudra les problèmes engendrés par l’athéisme en affirmant la présence de Dieu. La religion est un ensemble de convictions ; l’athéisme aussi : présent ou absent, Dieu ne se prouve pas !

Que faire donc ?

Maintenir le cadre laïque, seul garant du religieux comme du non-religieux.

Si cela ne convient pas à telle ou telle religion, c’est bien la preuve que cette religion-là est totalitaire, puisqu’elle entend régenter la totalité de ce qui est, y compris la laïcité – qu’elle s’empresserait de supprimer ! Or, dire d’une religion qu’elle est totalitaire, c’est dire que ses visées le sont, quand bien même cette religion se présenterait comme libératrice.

On peut libérer l’homme par Dieu, à condition que l’homme le veuille, et qu’il le veuille sans forcer quiconque à l’imiter. Voilà la tolérance ! Il en va de même pour l’athéisme, qui ne peut s’imposer par la contrainte. Athéisme et religion touchent donc à la liberté de conscience, c’est-à-dire à ce droit fondamental qui permet de choisir sa religion ou de n’en point avoir.

«Impensable de ne point avoir de religion !» – répondront les religieux. «Impensable qu’on puisse avoir une religion !» – rétorqueront les athées. Chacun peut penser ce qu’il veut en ce domaine, et même le proclamer, mais personne ne peut imposer son point de vue !

La laïcité, seule, permet de comprendre cela, car elle invite les hommes à se tolérer mutuellement par la réciprocité des libertés qu’elle accorde à tous.

Maurice Vidal

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