La Licra claque la porte de l’UMP ! Bon débarras !

La dépêche AFP est tombée lundi 12 juillet au soir : « La LICRA décide de ne plus participer aux conventions de l’UMP ». La raison avancée par le groupuscule présidé par Alain Jakubowicz est que lors de la convention de l’UMP du 6 juillet sur l’immigration, il y aurait eu un « climat délétère ».
Qu’est-ce qui aurait causé ce « climat délétère » selon la lettre ouverte du genre « je suis venu te dire que je m’en vais » qu’a adressée Alain Jakubowicz à Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP ? Citons ce qu’en rapporte l’AFP.
1. « La représentante de la LICRA à la convention, Sabrina Goldman, s’était « violemment fait conspuer » ».
Alain Jakubowicz s’aperçoit donc que son mouvement est mal vu par les militants de l’UMP. Mais je l’avais prévenu dès mars 2010, quand il a pris la tête de la LICRA : il voulait faire prendre « un tournant », et j’avais dit que ce « tournant » à 180° allait entraîner la LICRA dans « l’impasse suicidaire et destructrice du MRAP ».
2. « Alors que Patrick Gaubert, président d’honneur de la LICRA, aujourd’hui à la tête du Haut Conseil à l’intégration (HCI) a fait connaître son opposition à une politique de statistiques ethniques, on a entendu dans la salle : »qu’on le pende », rapporte la LICRA. »
Le militant excité qui aurait lancé ce cri inadmissible ne représente certainement pas l’UMP, mais donne une idée de l’exaspération que commencent à ressentir les gens envers la LICRA tout comme ils en ressentaient (et en ressentent encore) envers le MRAP et SOS-Racisme.

Alain Jakubowicz - Patrick Gaubert - Jean-François Copé

Du temps où Patrick Gaubert dirigeait la LICRA tout en étant député européen UMP, les rôles étaient plus simples : la LICRA était à l’UMP ce que le MRAP était au PCF et SOS-Racisme au PS : une courroie de transmission électorale et une caution « antiraciste ». Mais le « tournant » d’Alain Jakubowicz, et surtout son acharnement contre Éric Zemmour, a cassé toute cette belle mécanique.
3. « Des propos comme « la France n’est pas une poubelle » ou encore « on en fait entrer un maximum ; c’est la colonisation à l’envers » ont été entendus, ajoute la LICRA. »
Il est tout de même stupéfiant qu’on s’étonne que des militants souhaitent que la France ne soit pas « une poubelle » ! Quant à la « colonisation à l’envers », et le fait qu’on fasse « entrer un maximum » d’étrangers, « c’est un fait », comme dirait Éric Zemmour. Mais alors pourquoi les militants qui ont tenu ces propos soutiennent encore l’UMP et Nicolas Sarkozy, qui a poursuivi allègrement et même amplifié la politique d’immigration massive et incontrôlée de ses prédécesseurs ? Et faut-il croire que la LICRA serait en faveur de la colonisation et d’une France poubelle ?
4. Selon l’association, le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca aurait déclaré : »La dernière fois qu’on a eu des registres communaux, c’était durant Vichy. Mais Vichy c’est aussi le 1er mai et on le fête ».
Effectivement, la remarque n’est pas très fine. On rappellera tout de même que sous Vichy, nous étions envahis par l’Allemagne nazie. Lionnel Luca prête donc le flanc à une superbe « reductio ad hitlerum » de la part de la LICRA, mais il faudrait savoir à quels « registres communaux » actuels ou souhaités il faisait allusion. Un recensement des étrangers ? Mais ça ne serait pas choquant, parce qu’on aurait enfin des chiffres fiables sur le nombre d’étrangers, et surtout sur des concentrations locales qui, comme chacun sait, pénalisent l’intégration et l’assimilation en particulier celles des enfants.
Ce que traduit en fait ce « clash », c’est le ras-le-bol que ressentent les militants et certains cadres de l’UMP. Face aux commissaires politiques de la LICRA, c’est tout à fait normal : une majorité de Français en a marre de tous ces groupuscules dits « antiracistes », et Alain Jakubowicz n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
Mais par contre, on se demande pourquoi ces militants et ces cadres soutiennent encore la politique catastrophique de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration (tout comme en matière de sécurité ou de laïcité). C’est drôle, ces « conventions » UMP qui se multiplient sur les « sujets sensibles » un an avant l’échéance présidentielle ! Qu’ont-ils dit, qu’ont-ils fait, tous ces gens, pendant les quatre premières années de la présidence Sarkozy ? Ils ne se réveillent que maintenant, et parce que Marine Le Pen atteint des 20% dans les sondages, ou bien prennent-ils seulement conscience des dangers que nous dénonçons depuis des années ?
Et il est tout aussi curieux que la veille même de cette réunion de l’UMP, la LICRA et le ministre UMP de l’ Éducation nationale signaient une « nouvelle convention » sur la « prévention et lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l’École » ! Il faudrait savoir, Maître Jakubowicz…
"Partenariat" Licra - Education nationale

Ces « conventions » entre ministères et groupuscules idéologiques et politiques, véritables policiers de la pensées, sont d’ailleurs inadmissibles. L’ État et les collectivités locales sous-traitent ainsi certaines de leur mission de service public à des officines de propagande partisane et qui ne représentent qu’elles-mêmes, sans aucun mandat populaire ni fonction publique. C’est anti-républicain, anti-laïque, anti-démocratiques et c’est une dérive dangereuse.
On peut donc espérer que le « clash » entre la LICRA et l’UMP aille jusqu’à son terme, c’est-à-dire la résiliation de toutes ces « conventions » entre LICRA et ministères, qui ne servent que de pompes à fric et de tribunes partiales et doctrinales pour les activistes de la LICRA et consorts.
Quant au militant UMP de base, j’imagine sa réaction en lisant ce matin que : « la LICRA décide de ne plus participer aux conventions de l’UMP ». A sa place, je me dirais : « Bon débarras ! »
Roger Heurtebise

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