La Ligue de défense judiciaire musulmane veut criminaliser la liberté d’expression

En parcourant rapidement le site de la Ligue de défense judiciaire des musulmans, où depuis quelques jours je suis le sujet de discussions enfiévrées et endiablées de ses partisans me couvrant d’insultes et d’anathèmes, j’ai pu mesurer Ô combien les défenseurs-djihadistes de l’islam sont obsédés par la charia et aimeraient tant rétablir la loi de Talion en faisant leur propre justice eux-mêmes.

Quant aux lois antiracistes de la république dont ils se prévalent pour criminaliser la critique de l’islam et la personnalité de leur prophète, elles ne sont en réalité qu’une aubaine et un subterfuge pour obtenir une jurisprudence de délit de blasphème. En se considérant comme ébranlé dans sa croyance, ainsi n’importe quel musulman peut demander la condamnation du contrevenant dont les idées et les écrits ont provoqué son émoi.

Plutôt que décréter une fatwa de condamnation à mort de l’insolent comme lors des affaires de Salman Rushdy ou Tasleema Nasreen, ces multitudes d’association loi 1901 dont l’objet est plus idéologique et religieux que républicain, recourent habilement et pernicieusement aux lois de la république pour se donner en même temps une posture républicaine et officialiser par la voie jurisprudentielle la charia, autrement dit l’inquisition musulmane.

Si par extraordinaire, elles obtenaient demain un jugement qualifiant les critiques de l’islam et reconnaissaient implicitement le statut de race aux musulmans en vertu de la loi de 1881, ce serait tout simplement une mise à mort inéluctable de la liberté d’expression et le droit d’exprimer son opinion sur telle ou telle religion sans encourir le risque de passer sous les fourches caudines de la justice.

Une telle jurisprudence sera un véritable requiem pour la démocratie d’une part et d’autre part elle marquera l’amorce officielle de l’inféodation définitive de la France à la charia aux conséquences désastreuses, provoquera un exil politique sans précédent de tous ceux qui ne veulent pas vivre sous la dictature de l’islam telle que veut l’instaurer sournoisement l’O.C.I.

Le crime est moins dans la formulation des idées qui dérangent et qui ne sont l’expression d’un droit fondamental dont l’islam ne connait guère le sens, que dans la réaction démesurée qu’elles suscitent. Ces lecteurs mus pour l’occasion en procureurs ne se rendent pas compte qu’ils sont eux-mêmes les vrais ennemis de leur religion et le meilleur alibi de ceux qu’ils cherchent à crucifier par leur violence verbale en attendant qu’un jour ils puissent leur ôter la vie comme en Iran et en Arabie Saoudite voire dans la plupart des pays musulmans.

Ils n’ont pas appris qu’on ne grandit pas dans la calomnie. Car ce n’est pas en employant un langage ordurier et nauséabond et en traitant la cible de leur courroux de chien, de singe, de porc, de vendu, de sioniste, de sale juif, de mécréant, de laïc (qui est une insulte dans leur bouche) que cela va contribuer au renforcement du crédit de leur religion et lui donner cette image de religion de paix dont ils l’affublent, alors qu’eux-mêmes font preuve d’agressivité et de bellicisme qui ne peuvent que témoigner de leur état de lobotomisation avancée.

Qui dit paix dit aussi sérénité qu’il est difficile de déceler au travers de leurs commentaires exécrables à mon sujet. Juste des insanités, des élucubrations psychotiques et des délires hystériques qui me confortent dans mon idée que la violence est le premier pilier de l’islam et de mes inquiétudes légitimes que ma vie ne vaudra pas chère si un jour ces fanatiques aveuglés par leur passion de leur religion me mettent la main dessus.

Plutôt que faire preuve d’un sens aigu du débat républicain et d’échanges d’idées constructifs nécessaires à éclairer l’opinion publique sur le vrai visage de l’islam, de sa compatibilité avec les valeurs de la république, de la volonté des musulmans de s’intégrer dans la république et de leurs réels attachements à la laïcité qui est une hérésie au regard de leurs dogmes, ils affichent leur hostilité pathologique à toute voix discordante de la leur tout en marquant leur choix préférentiel à l’islam qui prime sur la république.

On ne répond pas non plus à la haine par la haine en l’instrumentalisant à l’image de certains sites de la vertu musulmane, ne serait-ce en lui offrant une tribune, ni en soufflant sur sa braise et attisant la discorde.

Leur attitude excessive et inquisitoriale n’est-elle pas elle-même la preuve que l’islam a peur de l’examen de la vérité qu’il veut étouffer par tous les moyens de peur de se faire démasquer ? Pourquoi s’enflamment-ils et vocifèrent-ils dès lors que des intrus veulent lever le voile sur le visage de l’islam auxquels ils opposent le principe de l’inviolabilité du sacré de l’islam ?

Si la Maison de l’islam est aussi solide et viable, n’est-elle pas capable de résister aux légers soubresauts qui la secouent alors qu’elle-même fait souffler une tornade sur le monde ?

L’islam n’a jamais été en péril, il est lui-même un péril pour les siens et l’humanité comme en attestent la tragédie syrienne et les persécutions sanguinaires des chrétiens du nord du Nigéria. Mais les défenseurs autoproclamés de l’islam préfèrent tirer des boules puantes sur ceux qui lient violence et islam qui interpellent et mettent à nu les textes dits sacrés et la personnalité mythifiée et embellie de leur prophète. Adeptes de la takkyia, elles se font fort de dissimuler leurs intentions malveillantes en cherchant des artifices judiciaires pour islamiser insidieusement la république avec ses propres lois d’une part et de clouer au pilori les islamo-incompatibles. Sous couvert de défense de l’indéfendable, ils désignent à la vindicte populaire ceux qu’ils jugent comme ennemis de l’islam et des musulmans, et ce en violation flagrante de la loi sécurité et liberté et plus grave encore, ils font planer de sérieuses menaces sur leur vie.

Des ligues de défense qui présentent pourtant un réel danger pour les fondements de la république, semblent fonctionner comme de tribunaux inquisitoriaux où le mis en cause est jugé coupable et condamné pour ses idées irrépréhensibles aux yeux de la justice républicaine et répréhensibles au regard de la charia.

A cause de la mansuétude bienveillante de la république, on assiste aujourd’hui au développement d’une nouvelle forme de justice qui excelle dans la multiplication des effets d’annonce des dépôts de plainte qui sont de véritables réquisitoires contre les outrecuidants. Dans les affaires d’apostasie ou d’atteintes au sacré, on n’a pas besoin dans le droit musulman de procès juste et équitable, il suffit de déclarer un individu ayant renoncé à sa foi ou comme étant un ennemi de l’islam pour rendre licite son exécution. . .

Quelle que soit la suite donnée à leur plainte, le jugement est déjà rendu et il revient aux musulmans de l’exécuter en vertu d’une fatwa que n’importe quel imam peut décréter.

Malgré les évidences, les musulmans continuent à seriner partout que l’islam est une religion de paix et de tolérance alors qu’il est fermé au dialogue et allergique à la compréhension mutuelle. Il ne connait du dialogue que sa propre vision de la vérité dont il veut faire l’unique vérité pour tout le monde.

Si l’islam n’était pas hégémonique, expansionniste et totalitaire, ne sanctifiait pas le racisme, l’antisémitisme, les inégalités sociales et sexuelles, ne prônait pas la suprématie des musulmans sur les autres, n’appelait pas au meurtre des apostats, n’octroyait pas le statut de dhimmis aux gens du livre, n’appelait pas à la destruction des systèmes de valeurs qui n’avaient pas son essence, il aurait certainement adopté une toute autre posture que vouloir anéantir ceux qui brisent la loi du silence dont ils veulent faire une loi universelle inviolable comme si elle avait valeur de Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Quand on n’a pas peur du langage de la vérité, on doit rester zen et poli, plutôt que sabrer les voix discordantes.

Personnellement et n’en déplaise à mes procureurs-djihadistes, je ne corresponds en rien au portrait diffamatoire qu’ils brossent de ma personne et qui n’est que le reflet de leur propre mépris et aversion d’eux-mêmes. On projette sur les autres ce qu’on est soi-même. Je ne suis ni vendu, ni mécréant, ni un chien, ni un renégat, ni un mercenaire de la plume, ni un apostat de l’islam, je suis un homme à la pensée libre, guidé par mes seules préoccupations humanistes et inquiet par la montée du péril musulman dans son expression radicale qui semble être la vraie nature de l’islam dans la pure tradition mahométane, longtemps occultée par cette image erronée d’un islam apaisé.

Aujourd’hui c’est le véritable islam qui reprend ses droits, celui que Mahomet a laissé en héritage à ses fidèles dont ses nouveaux défenseurs-inquisiteurs, qui veulent retourner les lois de la république en leur faveur pour censurer et anéantir la liberté de pensée avant d’achever la république elle-même.
Si l’islam ne prêchait pas la violence, pourquoi en font-ils alors une arme de défense de leur religion et ont la haine de ceux qui bravent leurs interdits et défient leurs dogmes sans jamais s’attaquer aux personnes ?

Salem Benammar

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