La lutte contre l’illettrisme a coûté combien à la France du XXe Siècle ?

Publié le 21 septembre 2014 - par - 752 vues
Share

bonnet_d_aneNous sommes d’accord, la maladresse sémantique et verbale (involontaire puisqu’il s’est excusé) d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et de l’industrie a été perçue comme un mépris par ceux d’en bas qui se lèvent tôt le matin, paient leur loyer, leurs contraventions, et leurs impôts. Un mépris blessant qui s’ajoute à un autre mépris celui des « sans dents ». Tout cela génère du désordre dans les rangs de la gauche, d’où à l’évidence il ne peut plus sortir qu’une seule tête, au grand dam de son timonier.

La twittosphère s’enflamme car le sens des mots leur échappe à eux aussi. Maladresse sémantique certes mais peut-être vérité au-delà des Pyrénées ?…

Gad, société bretonne d’abattage de porcs, est en grande difficulté économique. Ces difficultés menacent de licenciement 850 salariés. N’est-ce pas elle qui fait abattre ses porcs en Allemagne de l’EST ? Parmi ses salariées 20% sont des femmes illettrées, qui n’ont pas le permis de conduire, qui savent à peine lire et écrire à l’image de la bonne bretonne Bécassine, tête ronde mais un peu vide. Le père de Bécassine lui a confisqué un livre qu’elle avait entre les mains pour le brûler dans la cheminée afin qu’elle restât illettrée. Autodafé et soumission à l’ignorance.

Ces femmes de Gad ont toujours fait les mêmes gestes d’équarrissage sans jamais penser qu’un jour tout peut basculer. Le chômage de masse plombant tour à tour toutes les sociétés, tous les états.

Question : Combien a dépensé la France depuis le début du XXe Siècle pour lutter contre l’illettisme ?

Le professeur technique que j’ai été après 40 ans le dos au tableau a souvent dit à ses élèves que se cultiver était un devoir de tout un chacun pour apprendre un métier. Qu’une des causes essentielles du chômage avait pour origine la DEQUALIFICATION. Devant le chômage conjoncturel de certains BAC+n, ajoutons que l’illettrisme et la déculturation rendent impossibles les chances de retrouver une formation puis un emploi même dans des métiers manuels d’ouvrières manoeuvres. La robotisation moderne supprimant depuis les années 70-80 ces postes à faible valeur ajoutée.

Je ne suis pas socialiste, mais membre de l’UMP depuis presque une décennie, mais dans le contexte qui accable de tous les maux le jeune ministre de l’Industrie E. Macron, je lui donne raison d’avoir eu le courage de parler vrai. De ne pas avoir eu peur de dire qu’avez-vous fait de ces millions versés par l’état, lorsque vous étiez aux commandes, toutes ces années dans le cadre de la formation continue pour adultes, de l’apprentissage, des fondamentaux. Dans les poches de qui se trouve cet argent ?…

Sursitaire de la classe 08-1972, et durant mon service militaire au 159e RIA de Briançon, je me suis vu affecté sous les ordres d’un officier conseil le capitaine Rousse. Avec lui j’ai entrepris de préparer et de former au Certificat d’Études Primaires trois jeunes bûcherons des Ardennes et de Lorraine, qui se sont vus affectés dans une compagnie de Combat de Reconnaissance et d’Appui parce qu’ils étaient illettrés. Les bouteilles de bière du Foyer du soldat se vidaient plus vite que les pages de dictées et de calculs se remplissaient. Ma détermination d’appelé sursitaire à leur donner des cours, puis leur succès au certificat d’étude les a menés à réussir le permis de conduire et à devenir de bons chauffeurs routiers. Mission bénévole accomplie.

Cependant, je suis indigné par la réaction de Mme la député Laure de la Raudière préférant se révolter par des mots sans rechercher à les inclure dans le contexte local, histoire de perpétuer la langue de bois et de polémiquer à l’infini sur le politiquement correct qui a déjà fait tant de mal dans ce pays. Une démarche négative qui ajoute du mal au mal, et devient même contre productive, lorsque l’on est une élue des rangs de l’opposition et qui recherche l’opposition jusque dans les mots.

Dénoncer la stigmatisation affectant des personnes n’ayant pas résolu ou surmonté, à titre personnel, leur illettrisme, c’est aggraver encore plus la situation politique de ce pays, c’est utiliser les mêmes armes idéologiques que ses adversaires.

Le chômage c’est essentiellement la déqualification. L’illettrisme est un facteur dominant.

J’ai parfois du mal à comprendre la logique du fonctionnement des élus de ma propre famille politique.

Joseph Hattab

UMP 93

 

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.