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La machine de guerre médiatique vent debout contre le Pr Montagnier

33e jour du confinement.
Des nuages grisâtres sur les collines.
La météo ressemble au moral des confinés, et à la vie, des hauts et des bas.

Le laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4) de Wuhan commence à tenir la une de l’actualité.
Pour le professeur Montagnier, prix Nobel, le Coronavirus serait un virus de chauve-souris modifié pour créer un vaccin contre le VIH. Il se serait échappé au laboratoire P4 de Wuhan.
Aussitôt la machine de guerre médiatique – comme elle l’a fait pour Didier Raoult – a pilonné les positions du professeur Montagnier. Pour avoir relayé son interview, j’ai eu droit à un avertissement des « Déconneurs » du Monde sur Facebook.

Les scientifiques bien en subventions nient.
Le virus n’est pas estampillé made in China et ne porte pas la signature de l’ingénierie génétique (comme si le créateur d’un virus allait clamer sur sa création « voilà mon nom, c’est moi qui ai fait ce splendide virus à couronne »).
Les journaleux, par peur d’être étiquetés « complotistes », s’interdisent une fois encore d’informer.
Quant à l’OMS prochinoise, elle souligne qu’il n’existe aucune preuve que le virus a fui le laboratoire.

Mais il est de plus en plus probable que c’est bien le cas. Le virus et le labo P4 ne seraient pas étrangers l’un à l’autre.

L’histoire de ce labo est intéressante.
L’idée a germé après l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui frappa la Chine en 2003.
Jean-Pierre Raffarin, le monsieur Chine à l’intérieur de la politique française, pousse alors Chirac à une collaboration avec Pékin dans le domaine des maladies infectieuses. De là sont posées les fondations d’un laboratoire P4 – laboratoire de très haute sécurité biologique où sont effectuées les études de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n’a pas de vaccin – en Chine communiste.

Les militaires français ne sont pas enthousiastes. Ils savent bien que ces labos, sous couvert de recherches civiles, sont des instruments de guerres bactériologiques. De plus, la Chine, contrairement à l’accord passé avec elle, refuse de dire ce que sont devenus les laboratoires mobiles de biologie P3, financés par le gouvernement Raffarin après l’épidémie de Sras.

Malgré ces réticences, Michel Barnier, alors ministre de la Santé de Chirac, lance le projet. En 2008, une direction bicéphale s’installe aux commandes : le Lyonnais Alain Mérieux (le seul P4 français est installé à Lyon et a été baptisé Jean Mérieux) et le docteur Chen Zhu, un spécialiste des maladies infectieuses formé en France. En 2010, sous Sarkozy, les travaux commencent.

Des entreprises françaises de haute technologie coopèrent mais ce sont des entreprises chinoises qui assurent le gros des travaux. Résultat : les sociétés françaises refuseront de certifier le bâtiment. La qualité ne semblait pas au rendez-vous. Le 31 janvier 2015, le chantier est terminé.

La collaboration entre les scientifiques français et chinois mentionnée dans les accords restera lettre morte. Les 50 chercheurs français annoncés en février 2017 lors de l’inauguration du labo par le Premier ministre Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé Marisol Touraine ne viendront jamais en résidence. La coopération franco-chinoise entre le P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan demeurera dans les silences de l’histoire.

Le labo fonctionne à partir de janvier 2018. Macron est alors en visite officielle à Pékin.

Les chercheurs se penchent sur… les Coronavirus hôtes des chauves-souris.
Très vite, des doutes sur la fiabilité des installations et des équipes apparaissent. Les mesures de sécurité sont insuffisantes, d’après des visiteurs de l’ambassade américaine.

Les services occidentaux (britanniques, américains, français) – d’abord du bout des lèvres, puis de plus en plus clairement –, pensent, comme le professeur Montagnier, qu’un employé du laboratoire a trimbalé le virus jusqu’au plus important marché aux animaux vivants de Wuhan. À partir de là, on connaît le succès mondial de la bête ultra-couronnée.

Ce succès a été possible grâce au silence criminel des autorités chinoises.
Le 13 novembre 2019, deux cas de « peste pulmonaire » étaient signalés. L’information fut rapidement étouffée par Pékin.
Le 30 décembre, Ai Fen, la patronne des urgences de l’hôpital central de Wuhan alertait les autorités sur la présence du virus mortel.

Le 2 janvier, le chef de la propagande dans l’hôpital l’accusait de « créer des problèmes », « de ne pas respecter la discipline d’équipe ». Ai Fen a aujourd’hui disparu.
C’est seulement le 20 janvier 2020 que le gouvernement communiste chinois admet qu’il se passe quelque chose à Wuhan d’un point de vue sanitaire. Un confinement de la population est prévu. Des millions d’habitants quittent précipitamment la ville.

Aujourd’hui, à la mi-avril 2020, les autorités françaises et l’OMS font toujours semblant de croire que la Chine a cessé toutes ses activités économiques et industrielles pour 80 000 contaminations et 4 000 décès.
Les estimations des services occidentaux vont de 50 000 morts à 200 000.
Nous ne le saurons sans doute jamais.
Souvenons-nous que nous ne connaissons toujours pas le nombre d’étudiants massacrés sur la Place Tian’anmen le 4 juin 1989.
« Transparence » est un mot inconnu des autorités communistes chinoises.
Xi Jinping est une ordure.

Reste à savoir si Macron et quelques autres chefaillons occidentaux ne rêvent pas de profiter de la pandémie pour lui ressembler.

Marcus Graven