La mascarade de l’élection du président de la Commission européenne

Publié le 26 avril 2014 - par - 1 213 vues

Découvrant que des journalistes de bonne foi nous vantaient dans leurs articles l’ouverture démocratique de l’Union européenne grâce à une innovation du traité de Lisbonne qui consisterait à faire élire le président de la commission européenne à travers le vote du 25 mai prochain de l’élection des parlementaires européens, je suis resté interloqué. En fait, ce serait plutôt un scrutin au suffrage universel indirect comme l’est celui de nos sénateurs élus par les conseillers municipaux, les conseillers généraux,… Même si en l’occurrence, c’est un système pseudo indirect, encore plus hybride, puisqu’il aurait fallu que le vote des parlementaires donne une automaticité dans la désignation du nombre des représentants à la commission européenne qui elle aurait alors élu le président de la commission européenne pour être dans le même système de suffrage indirect que le Sénat. Vous trouverez en fin d’article les termes exacts de ce dispositif.

En fait, c’est encore une mascarade sortie tout droit du cerveau technocratique d’un fonctionnaire bruxellois pour faire croire au bon peuple, tellement stupide qu’il ne se rendra pas compte de la supercherie, que l’on rendrait plus démocratique les instances les plus controversées de l’Union européenne. Effectivement, la commission européenne est régulièrement l’objet d’attaques de la part de ceux qui dénoncent le caractère peu démocratique des institutions européennes et du poids jugé exorbitant en particulier de la commission dans le processus décisionnel.

Mais ne rentrons pas dans le détail. Evidemment, les électeurs se rendront aux urnes pour élire, non pas leur député d’ailleurs, mais une liste de futurs députés, hors sol, qui les représenteront au Parlement européen en fonction de l’orientation politique retenue. En aucun cas, ils ne voteront pour le président de la commission européenne. C’est une supercherie qui ne trompe personne. C’est de la pure propagande bruxelloise. Bien sûr, le résultat du vote pourrait avoir une influence sur la couleur politique du futur président de la commission européenne. Quoique, notre cerveau technocratique a évidemment pondu un système encore plus tordu puisque ce sont en réalité les chefs d’Etat qui proposeront au vote du Parlement le candidat au poste de président de la commission européenne. Et, par exemple, Mme MERKEL considère que le résultat des élections du parlement n’entrave pas la liberté de choix des chefs d’Etat dans cette désignation, nonobstant le poids politique obtenu par les différentes listes et donc l’éventuel candidat naturel porté par la liste ayant obtenu le plus grand nombre de parlementaires européens.

Voilà l’Europe dont on ne veut plus, cette Europe de l’Inefficacité, des mécanismes complexes qui conduisent aux résultats catastrophiques que l’on connait en matière d’immigration,…

Alors, de même que nous ne pouvons pas adhérer à des marionnettes, ces créations frankestaïennes, que représentent un Herman Van Rompuy, pseudo président du conseil européen, ou une Catherine ASHTON, pseudo représentant de l’Union pour les affaires étrangères, nous ne voulons plus de ce machin ventripotent et hideux.

Patrick CLEMENT

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