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La Masure branlante prend l’eau, elle n’intéresse plus personne…

Il fut un petit larbin cathodique, dérisoire, rose, et obsessionnellement branché mais aussi un grand reporter et envoyé spécial à Paris-ville qui sut échapper, au péril de sa vie narcissique, aux embouteillages, aux tartes à la crème, aux crottes de chiens, aux baffes dans la gueule et aux coups de pieds au cul, dégâts collatéraux encourus par nos tristes guignols de l’info, idoles incontestées en Boboland.

Ambassadeur obséquieux et faussement impertinent de la rue de Solférino, serviteur zélé du Grand Yaka, perroquet servile, caniche bien dressé, il a prêché la bonne parole gauchiste des années durant, ne mordant jamais la main qui le caressait et lui apportait sa pâtée.
Ayant pris pour tête de Turc un de ses confrères, Joseph Poli, plutôt âgé, et n’ayant plus grand poids dans la maison, il n’hésita pas, courageusement, à le moquer à chaque fin de journal, faisant ainsi le bonheur quotidien du bon peuple avachi dans son salon, tout en entretenant à peu de frais sa gloriole à l’aide de plaisanteries et jeux de mots poussifs. Allait-il, en privé, jusqu’à donner des baffes à sa grand-mère ?

En 2003, Michel Drucker lui consacra une émission entière, il valait bien ça. Grand moment télévisuel dans le microcosme gaucho-propagando-médiatique. Drucker et Masure s’admirèrent mutuellement le nombril dans un grand essai de brosses à reluire. C’était touchant ! La présentation de différents journaux télévisés, pendant treize ans, par Masure, est un des événements du XXe siècle – où ai-je la tête ? – qui m’a échappé. Il a écrit là-dessus, on a écrit là-dessus, on l’interroge encore sur ce sujet passionnant. C’est devenu durant des années son fonds de commerce, sa boutique ambulante. Dans toutes les gares, dans les supermarchés à côté des rayons charcuterie en promotion, Masure a vendu du Masure aux masos.

Mais tout passe et la vieille bicoque aigrie par une épopée cathodique aussi peu glorieuse que finie, tente de faire encore parler d’elle de façon la plus minable crachant, en pleine coronafolie, une glaire visqueuse sur un de ses confrères qui a le tort, à ses yeux, de préférer une heure en compagnie d’un sabotier de la Lozère à une sauterie petits fours champagne version gauche caviar.
La masure branlante prend l’eau, plus personne n’en veut et qui l’écoute encore ? Il est grand temps que, dans son entourage, quelqu’un lui donne ce conseil salutaire : Bruno, ferme définitivement ta gueule, tu fais pitié !

Jim Jeffender