La Médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme

Publié le 10 novembre 2018 - par - 9 commentaires - 862 vues
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  1. François Hollande voulait tout d’abord attribuer la Légion d’honneur à titre posthume à toutes les victimes du 13 novembre 2005. Mais cette proposition a été fortement critiquée pour ne pas dévaluer (encore) la Légion d’honneur qui est censée récompenser le mérite. Une solution a donc été trouvée… il y aura une nouvelle médaille qui rendra hommage à ceux qui ont été tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger. Pour marquer fortement les esprits, il faudra qu’elle soit placée à un rang protocolaire très élevé… du niveau du président de la République.

La promulgation du décret n° 2016-949 du 12 juillet 2016 portant création de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme[1] est pratiquement passée inaperçue. Le décret s’applique aussi aux faits de terrorisme survenus depuis le 1er janvier 2006. « La médaille nationale de reconnaissance a vocation à honorer les victimes du terrorisme et à participer à leur résilience. C’est ainsi une décoration particulière qui n’a pas pour objet de récompenser des services rendus », peut-on lire sur le site de la Légion d’honneur[2].

Peu de médias ont relayé cette information et surtout mis en lumière les problèmes liés à cette création.

La France dispose d’une hiérarchie d’ordres et autres décorations qui lui permet de différencier ses marques de reconnaissance à l’égard de ses citoyens.

Au sommet de la pyramide des honneurs nationaux se situaient quatre décorations, toutes créées par le chef de l’État à travers les époques, et remises aujourd’hui au nom du président de la République. Depuis 2016 une cinquième a été ajoutée : « la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme ». Les autres distinctions officielles, militaires et civiles, qui les suivent dans l’ordre protocolaire relèvent des ministres.

Les décorations militaires sont attribuées pour des citations, blessures de guerre ou présence effective au sein d’unités combattantes lors de conflits définis. Il ne faut pas oublier non plus les décorations décernées pour actes de courage qui peuvent être assimilées à des citations de nature civile. Elles récompensent le secours porté aux personnes en danger, souvent au péril de la vie des sauveteurs. Par exemple : médaille d’honneur pour actes de courage et de dévouement, médaille d’honneur des sapeurs-pompiers, médaille d’honneur du sauvetage en mer, etc.

La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme [5] occupe donc un rang protocolaire très élevé dans l’ordre des décorations, car remise au nom du président de la République !

Pour de nombreuses associations d’anciens combattants, voire de victimes, cet ordre pose problème en donnant une priorité aux victimes « passives » par rapport à ceux qui ont combattu ou combattent pour la France. Elle se trouve en effet devant les médailles et décorations du monde combattant (croix de guerre 1914-1918 [6], croix de guerre 1939-1945 [7], croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures [8], croix de la valeur militaire [9], médaille de la gendarmerie nationale [10], médaille de la Résistance française [11], médaille des évadés, croix du combattant volontaire 1914-1918, croix du combattant volontaire, croix du combattant volontaire de la Résistance, médaille de l’aéronautique, croix du combattant, médaille des blessés de guerre, etc.).

Comme d’habitude, le président et le gouvernement se sont précipités et, dans l’urgence, ils ont agi sans prendre le temps de la réflexion, de consulter les parties prenantes et d’évaluer les conséquences d’une telle mesure. Ils ont, une nouvelle fois, fait passer l’émotion avant la raison.

L’union nationale des combattants « déplore son ordre inconvenant dans la préséance des décorations, à savoir sa situation au cinquième rang protocolaire des décorations, après la Légion d’honneur, la croix de la Libération, la Médaille militaire et l’ordre national du Mérite, prenant ainsi place devant les décorations plus spécifiquement militaires et décernées par le ministre de la Défense : les trois croix de guerre, la croix de la valeur militaire, la médaille de la gendarmerie nationale ou la médaille de la Résistance.[3] ». La réponse du Premier ministre à cette question a été du niveau habituel de la Macronie : « Cette place a été arrêtée par le président de la République après avis du grand chancelier de la Légion d’honneur. […] La place ainsi retenue ne vise pas à établir une hiérarchie entre les décorations et encore moins entre le mérite de leurs titulaires respectifs, qui ne saurait être comparé. [4]» Circulez… il n’y a rien à discuter et, de toute façon, nous ne changerons rien !

Il ne s’agit pas d’occulter la souffrance des victimes qui ont subi l’horreur et la violence aveugle des terroristes. Il est normal que la Nation leur apporte reconnaissance, aide et soutien, et témoigne de la solidarité du pays envers les blessés et les familles des tués. En revanche, il faut laisser à chacun la place qui lui revient et, dans ce domaine comme dans celui des ministères, l’ordre protocolaire est important. M. Castaner, ministre de l’Intérieur, a-t-il apprécié de se trouver en 10e position au sein du gouvernement ? C’est peu probable, même si l’ordre protocolaire ministériel n’a pas d’utilité autre que symbolique ou honorifique.

  1. Hollande a brisé l’échelle de valeurs en opposant les victimes du terrorisme à ceux qui consacrent leur vie à la France tant sur le territoire national qu’en Opex. La victime d’un attentat n’agit pas, elle subit, elle ne lutte pas contre le terrorisme, elle en est la victime, contrairement aux forces de l’ordre et aux militaires. De nombreuses victimes sont mortes pour s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment.

Ce n’est pas le principe, mais le placement dans l’ordre des décorations qui est inapproprié, voire choquant. Être victime de Charlie Hebdo, du Bataclan ou encore de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice devient ainsi plus honorifique que de combattre ou d’exposer sa vie pour son pays. Tout est fait pour nier les valeurs de sacrifice et d’engagement.

Cette médaille est également le signe que le terrorisme s’installe durablement dans notre pays et qu’il faudra s’y habituer. Ce sera certainement le seul ordre national qui pourra être décerné à des enfants.

Johan Zweitakter

[1]La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme est une fleur à cinq pétales marqués de raies blanches, intercalée de feuilles d’olivier, suspendue à un ruban blanc. Elle porte à l’avers la statue de la République érigée sur la place éponyme, à Paris, avec l’exergue « République française », et, au revers, deux drapeaux français croisés avec la devise « Liberté-Égalité-Fraternité ».

[2]http://www.legiondhonneur.fr/fr/page/la-medaille-nationale-de-reconnaissance-aux-victimes-du-terrorisme/1013

[3]Question écrite n° 23454 de M. André Reichardt (Bas-Rhin — Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 13/10/2016 — page 4380

[4]Réponse du Premier ministre publiée dans le JO Sénat du 08/03/2018 — page 1059

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Notifiez de
Wiélé

Le monde à l’envers ! Il est anormal que les victimes des attentats soient mieux considérés que ceux qui ont combattu pour leur patrie,la France

Stratediplo

L’Etat reconnaissant aux égorgés et sacrifiés du rite mahométan semble chercher des volontaires, de la même manière que l’islam trouve ses sacrificateurs en leur promettant une récompense (ou soixante-douze). La prochaine étape serait de faire comme chez les Aztèques, accorder les honneurs aux futurs sacrifiés de leur vivant et assurer leur famille des bienfaits que lui procurera le sacrifice de l’un des leurs…

DUFAITREZ

Chacun doit avoir sa médaille !
J’en succombe ! Celle du Con tribuable, de l’Automobiliste surfacturé, de l’abonné à Linky, et des 101 taxes Dalmatiennes !
Mort ? Médaille d’avoir été vivant !
Plus sérieusement, « La Distribution gratuite, efface le Mérite » !

geronimo

vous avez remarqué, elle est emaillée de VERT, couleur de l’islam, et les deux rameaux forment des croissants….je ne sais pas qui a pondu cette breloque minable, mais même si j’etais une victime de la barbarie et de la betise et de l’incompetence des dirigeants qui ont permis le passage à l’acte de ces fous sur notre territoire, je n’en voudrais pas de cette merde…ils auraient au mins pu y mettre les couleurs nationales !!!!

BERNARD

Rassurez vous, dans 5 ou 10 ans, lorsque Tariq Ramadan sera président de la république islamique française, le brave salah abdeslam recevra la légion d’honneur islamique, on ne parlera alors plus des victimes des attentats.

Esprit critque

Il est évident que vouloir placer dans un classement, un ordre protocolaire, cette médaille visant a marquer du souvenir une victime d’abomination n’a aucun sens.
Il faut trouver d’abord un autre terme que « médaille » ou même décoration, Les victimes on les dénombres , on les vengent! on honore leur souvenir, on ne cherche pas a les exploiter.

Toto Frutti

« La résilience est un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus, ou ne pas, avoir à vivre dans la dépression et se reconstruire. »
Et pour ça, on lui décerne une breloque qu’il n’a plus qu’à se carrer bien profond là où le soleil ne brille plus pour être guéri ! Elle est pas belle la vie ?

Jill

Quelle connerie ;on n’a aucun mérite à être une
victime.

Fradth

Jamais un jour je n’aurai imaginé que recevoir une décoration de cet état puisse être non pas une source de fierté, mais de honte.
J’espère ne jamais être médaillé de ces médailles ignobles qui signifie que l’on meurt en mouton sous les balles de barbares sans moufter et sans rien faire.