La misère intellectuelle du ministre de la Justice

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Au fur et à mesure que les “dommages collatéraux” d’une politique visant à faire disparaître les notions mêmes de “crime” et de “sanction” (comme relatés plus longuement ici et ) déploient leurs conséquences des plus néfastes, il semble opportun de faire comme un point d’étape autour de cette emphase intitulée “sentiment d’insécurité” assimilé à un “fantasme” pour l’actuel garde des Sceaux afin de comprendre “d’où il parle”…

Il recycle en réalité une affirmation lapidaire issue du compostage lénifiant d’un Michel Wieviorka (dont voici un florilège) ; le ministre actuel de la Justice en vient ainsi à réduire la notion de “sentiment” à une sorte de fugacité pulsionnelle alors que pour Pierre Janet  la notion même de “sentiment” n’est pas une émotion/pulsion parmi d’autres mais bien un “jugement” visant à une “régulation de l’action”: ainsi, après avoir accumulé un ensemble de sensations synthétisées en impressions plus ou moins traumatisantes, celles-ci viennent alors se proposer à l’analyse pour en tirer précisément un jugement : ce travail, logique, vient alors en chercher les points communs, tout en les recoupant peu à peu avec d’autres impressions provenant de tiers (de manière réaliste sans préjugés ou biais ou le moins possible d’où justement la confrontation des points de vue avec les “pairs”) afin de passer de cette saisie (inter)subjective (provenant d’un sujet observant en lien avec des groupes et cercles de référence qui lui permettent de comparer et d’affiner) vers une étude synthétique plus vaste dite “objective” et ainsi passer du “logique” au”rationnel” :

il s’agira alors de peser si l’on peut passer du singulier au particulier puis au général, à savoir l’universel, c’est-à-dire de juger si telle action violente est “seulement” un fait “divers” (que l’on peut diluer sur cinq-cents ans…) ou un fait “phénomène” au sens qu’il synthétise “chimiquement” en lui de nombreux cas dont la sédimentation physique forme alors de plus en plus de distorsions de troubles, ici et maintenant (ne pas confondre alors les analyses historiques, démographiques, et politiques) ; ce qui fait déjà que l’observation ne peut se diluer dans la seule approche “socio-économique” (pauvreté, misère, environnement urbain) puisque des zones bien plus marginalisées encore ne connaissent pas ce genre de dégradation.

Aussi si “sentiment d’insécurité” il y a cela signifie qu’il se passe bien quelque chose de signifiant (et même le fantasme ne provient pas de “rien”) car lorsque cette jeune fille en minijupe ou short passe sous les yeux de divers mâles à la culture peu encline à admettre qu’elle ne doit pas être sifflée de manière méchante, tout en la traitant verbalement de “pute” alors qu’autrefois le sifflet (populaire) pouvait être plutôt admiratif, à l’ancienne, mais sans plus, force est de constater qu’il existe bien une différence, objective, et non pas fantasmée, entre la culture française populaire – celle qui aime la beauté des femmes et qui a fait évoluer son regard depuis les années yé-yé –  et la culture plus inégalitaire envers les femmes comme l’est encore la culture islamique et qui pense toujours que l’aspect seyant d’une femme doit être d’emblée consommée physiquement (voire sans son consentement) et non pas seulement perçu plastiquement esthétiquement, quitte ensuite lors d’une rencontre entre deux regards s’appréciant et la séduction opérant, les choses s’affichent autrement…

Mais de telles subtilités dans l’analyse n’ont plus lieu d’être visiblement : un ministre de la Justice va ainsi écarter le sentiment d’insécurité de cette jeune femme en minijupe en le jugeant imaginaire, tandis que d’autres, dans sa foulée, vont considérer qu’elle exagère ou ne comprend pas les demandes “naturelles” et qu’elle est donc “raciste” si elle les refuse ; d’autres encore proposeront “d’élargir les trottoirs” ou constateront seulement qu’il n’y a pas les mêmes critères d’appréciation de part et d’autre, ce qui fait que lors d’un jugement pénal en cas d’agression, les personnes ne les ayant justement pas, ces “critères” (ces “codes”) seront jugées selon leur provenance : ainsi les unes, étrangères, seront excusées (puisque ne connaissant pas les “codes”) les autres, autochtones, et surtout ayant un nom du cru (lesdits “souchiens”) seront-elles sévèrement réprimandées…

D’où le fait que l’actuel ministre de la Justice ne veuille plus incarcérer ; ce long détour n’aura donc pas été vain : c’est bien parce que ce sieur est issu de tout un courant de pensée qui dilue les notions de “crime” et de “sanction” jusqu’à les réduire à des dommages exogènes que nous nous trouvons dans une impasse que bien des policiers également relèvent : quand bien même en effet y aurait-il des arrestations, elles se heurtent de plus en plus à des jugements relativisant crime et sanction.

Ce qui fait que l’on bascule d’un “sentiment d’insécurité” à une réalité d’injustices, suite à l’illusion dominante stipulant que les violences envers autrui ne seraient « que » des pulsions sociales fomentées par une “violence symbolique des dominants blancs” alors qu’il s’agit non pas de pulsions mais d’impulsions c’est-à-dire d’intentions pour une part préméditées et formatées par toute une culture non seulement de l’excuse mais exaltant l’inégalité en l’occurrence féminine ; or tant qu’un travail de fond n’aura pas été fait dans cette direction, en rappelant la responsabilité de chacun à respecter le fait d’être ensemble (et non pas de seulement cohabiter) on en restera à un vague rappel institutionnel (comme le propose Habermas) au sens  par exemple de faire des brochures et des conférences en milieu scolaire alors qu’il s’agit réellement de se demander pourquoi de telles violences “gratuites” ont-elles lieu de plus en plus un peu partout jusqu’à penser parfois à un nihilisme du quotidien lorsque “sentant” que l’on bénéficie d’une atmosphère d’impunité, d’aucuns iront attaquer les cibles dont l’agression est de toute façon légitimée à longueur d’ondes par les entrepreneurs/vendeurs de perceptions en stipulant que la femme blanche est une proie, de même que le mâle sera un raciste colonisateur qui a pillé l’Afrique et que sans cela cette dernière aurait le niveau de vie des USA ou de l’Allemagne (discours de dirigeants FLN dans les années 60) : du pain bénit pour le djihadisme “en marche” (qu’une Valérie Pécresse avalise également)…

Du pain sur la planche donc, qu’un “arrêt” de l’immigration ne résoudra cependant pas tant celle-ci est aussi un problème mondial de corruption généralisée et de globalisation ratée,  et que tout un travail de profondeur en interne reste à faire à tous les niveaux (voir d’ailleurs la série La belle et les truands en particulier 2 et 3).

Lucien Samir Oulahbib

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6 Commentaires

  1. moretti ? il faut dire monsieur moretti-le-raci-sé-rital car pour monter les échelons l’ayant mené au pouvoir, il a toujours fait en sorte qu’on le prenne pour une victime de l’immigration…..d’où son comportement d’ado éternel où le wokisme guerrier a été inventé comme marche-pied pour tous les fantasmes issus de l’interprétation subjectiviste- individualiste-ultra de la Réalité. (c’est « ma » pensée perso à moi qui compte POUR TOUS en lieu et place de l’acceptation d’une pensée habituellement partagée-consensualiste dans laquelle se situe le plus grand nombre).

  2. Preuve formelle de la misère intellectuelle de Dupond-Moretti : Il se définit lui-même comme « métis franco-italien »… mais les Français étant blancs et les Italiens étant également blancs, même l’idiot du village pourrait en conclure facilement que les « métis franco-italiens » n’existent pas. S’il continue à ce rythme-là, Dupond-Moretti a plus de chance de voir un jour des petits hommes verts ou des éléphants roses que des « métis franco-italiens ».

  3. Illisible, déjà dit.
    Chaque paragraphe (encore) est une phrase sans ponctuation. (point).
    Une phrase de 13 lignes ???

    • Polyceute: merci de dire ce que j’ai déjà dit, ces articles sont carrément illisibles et suent la prétention de paraître érudit en présentant les ches d’une maniè.re aussi complexe que possible. Quant au jugement sur les « florilèges » de Michel Wieviorka, que je ne connais pas, je les ai trouvés, ces « florilèges » bien plus clairs et argumentés que le charabia de cet article. Florilèges d’ailleurs sans aucun rapport avec le titre, titre sur lequel nous sommes tous d’accord.

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