La Norvège, la liberté d’expression et le contrejihad

Publié le 15 août 2011 - par - 1 310 vues

 par Pamela Geller (*) et Robert Spencer (**)

Depuis les meurtres abominables en Norvège, nous avons été l’objet d’une incessante campagne de calomnie. Il apparaît que le tueur de masse Anders Breivik nous a cités, et de même John Locke, Thomas Jefferson, Barack Obama et une foule d’autres, dans son long manifeste copier/coller ; en dépit du fait que le manifeste est une incohérence idéologique, ses citations de notre œuvre ont conduit à une campagne internationale pour nous blâmer pour le massacre. Le New York Times, NBC, la BBC, CNN, le Washington Post, beaucoup de publications européennes et une foule d’autres ont clamé que nous sommes responsables de la  création d’un climat de « haine » dans lequel un Breivik était inévitable. Non seulement c’est faux mais de telles charges contre nous sont un défi aux principes de la liberté d’expression (1).

Nous publions ce présent article, nous défendant nous-mêmes face au New-York Times, au Washington Post, au Washington Times, au New York Post, la National Review, l’American Spectator, le Guardian et le Wall Street Journal. La plupart de ces journaux ont ignoré de concert notre proposition d’article. La National Review et le NewYork Post ont été les seuls à être gênés de nous informer qu’ils laissaient tomber le morceau. Les principaux médias étaient prêts et impatients de nous diaboliser mais ne voulaient pas nous accorder une juste écoute et une opportunité pour réfuter leurs fausses charges.

En premier lieu, clamer  que nous sommes lancés dans une focalisation de haine et une diabolisation d’un groupe est faux. En fait, c’est plus vrai des attaques sur notre œuvre de nos opposants que de quoi que ce soit que nous avons dit ou fait. Nous nous dressons et nous nous sommes toujours dressés contre le mal que constitue l’usage de la violence à des buts politiques ou religieux et contre tout fanatisme politique et religieux. Nous nous sommes  dressés constamment et nous nous  dressons encore pour la liberté d’expression, la liberté de conscience et l’égalité des droits de tous devant la loi. Toute personne qui, avec sincérité, soutient  et souhaite défendre ces principes, peu importe sa croyance et son origine, nous la considérons comme un allié.

Ceux qui clament que nous avons incité à la haine qui conduit à la violence utilisent un argument qui pourrait être utilisé contre eux-mêmes. Ceux qui critiquent la politique étrangère de l’Amérique ou de l’OTAN devraient observer qu’il y a eu de nombreuses attaques terroristes commises par des gens qui s’opposent à cette politique étrangère. De tels critiques sont-ils responsables de la création d’un climat de haine qui a conduit de telles personnes à commettre des attaques terroristes ? Dans les années 1960, le Ku Klux Klan  a blâmé Martin Luther King Jr. pour les émeutes de Watts. King a toujours été fermement un non-violent mais il était d’accord avec les opinions politiques des émeutiers. Était-il à l’époque responsable de la création d’un climat de haine qui a conduit aux émeutes ? La justesse de sa cause a-t-elle été délégitimée par le fait que certains se sont écartés de ses souhaits explicites et ont eu recours à la violence ?

Ce qu’il y a eu plus, c’est que les défoulements des médias qui nous ont blâmés pour les meurtres de Norvège font deux poids deux mesures. Il y a juste quelques jours, un soldat musulman de première classe, dans l’armée US, Naser Abdo, a été arrêté avec du matériel pour confectionner des bombes. Il a admis qu’il complotait une folie  meurtrière de masse un jihad de terreur, à Fort Hood au Texas, pour soutenir le psychiatre de l’armée Nidal Malik Hasan qui tua là treize Américains dans une attaque jihadiste en novembre 2009. Il y a eu ces dernières années des douzaines de complots de ce genre qui été déjoués, et des dizaines de milliers d’attaques jihadistes à travers le monde (2). Cependant, il n’y a pas eu la moindre réaction qui soit vaguement comparable à l’intense et obsessionnelle couverture des principaux médias dont nous avons été témoins immédiatement après le massacre de Norvège. Les médias n’ont pas cherché à déterminer la motivation des terroristes derrière le complot aux explosifs de Fort Hood ou les autres attaques jihadistes. Pourquoi Brian Williams, Anderson Cooper, le New York Times, le Los Angeles Times, la BBC et tout le reste ne dépensent-ils pas leur énergie sur ces actes comme ils l’ont fait avec les motivations supposées du tueur norvégien ? Pourquoi n’enquêtent-ils pas sur l’idéologie qui a incité ce soldat musulman à préparer une attaque jihadiste et pourquoi ne mettent-ils pas en lumière son intention, déclarée l’année dernière,  de combattre l’« islamophobie » et de promouvoir l’islam comme une « religion pacifique » ?

Enfin, les arguments qui ont été utilisés pour nous blâmer pour les attaques de Norvège pourraient être utilisés contre n’importe qui de n’importe quelle opinion idéologique et frapper au cœur même de la liberté d’expression. Avec leur logique, personne ne devrait critiquer quoi que ce soit de peur que quelque personne diabolique interprète mal une  critique et commette un acte de violence à cause d’elle. Les principaux médias eux-mêmes pourraient être vus comme incitant à la violence dans leur critique acerbe de notre opinion : les meurtres de Theo van Gogh et de Pim Fortuyn aussi bien que  les menaces multiples contre Geert Wilders, Ayaan Hirsi Ali, Wafa’ Sultan et contre nous deux démontrent amplement que la critique des anti-jihadistes peut mener et mène souvent à la violence. Cette critique devrait-elle être mise en sourdine de cette façon ?

La protection constitutionnelle de la liberté d’expression est destinée à protéger l’expression de la controverse, y compris le désaccord politique. L’expression anodine n’a pas besoin de protection. Connaître les vérités que nous énonçons dérange beaucoup de monde. Les principes de liberté pour lesquels nous sommes fermes sont de plus en plus attaqués. Pour cette seule raison, les médias internationaux devraient être plus circonspects quand ils nous diabolisent, nous et notre opinion ; sinon, ils pourraient s’apercevoir, qu’après avoir réduit au silence les voix divergentes, il ne reste plus personne qui soit capable de se dresser pour défendre les libertés dont ils jouissent maintenant.

Pamela Geller (*) et Robert Spencer (**). Article publié le 8/08/2011  

Traduit de l’américain

par Bernard Dick

(*) Pamela Geller est la rédactrice du site AtlasShrugs.com et l’auteur de The post-American Presidency : The Obama Administration’s War On America (Ed. Simon & Schuster)

(**) Robert Spencer est le directeur de Jihad Watch et l’auteur de The Politically Incorrect Guide to Islam et The Truth about Muhammad (Ed. Regnery)

http://www.americanthinker.com/2011/08/norway_free_speech_and_the_counterjihad.html

(1) Le bruyant assaut de la Norvège contre la libre expression  suite à l’atrocité terroriste a pris une allure de chasse aux sorcières : un blogueur, dont le nom est cité dans le manifeste du tueur d’Oslo, fut interrogé plusieurs heures par la police qui lui confisqua son ordinateur.

(2) Les jihadistes clament haut et fort que le Coran est la source de leur action : quel média a critiqué le Coran ? (NDT)

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi