La parité du gouvernement Hollande est une caricature ridicule de l’égalité politique

Le salafisme gouvernemental tunisien, ce « kerenskisme » post-bourguibisme – de moins en moins provisoire – de la prétendue révolution arabe en Tunisie, a produit un concept qui déclinerait la charia. Il s’agit ici de remplacer l’idée d’égalité homme-femme par celle de complémentarité.

Comme me le faisait observer un médecin originaire d’Afrique : mathématiquement on ne peut parler d’égalité homme-femme…

En effet – lui ai-je fait remarquer – la formule « égalité » peut prêter à confusion. Elle  peut laisser  supposer que par égalité homme-femme, on entend « l’identité », l’interchangeabilité des sexes. C’est cependant ce qui sourd, dans la manière de gérer les unités de police ou de gendarmerie, ce qu’il reste de l’armée française, sans se préoccuper du fait qu’une femme en opération militaire restera une femme, soumise à une condition sexuée se caractérisant, du premier au trente de chaque mois, par des périodes de menstruation pas nécessairement très compatibles avec une action policière, une opération militaire ou d’une nature physique très poussée d’une durée indéterminée.

Comme Trotski  s’emploiera à le démontrer avec précision, dans son ouvrage de référence « en défense du marxisme » : « a n’est pas égal à a ».

Par conséquent, l’égalité homme-femme, au sens de possession des droits politiques, conçue comme interchangeabilité, peut déboucher sur la caricature. C’est  le cas -me semble-t-il- avec la loi et les dispositions devenant contraignantes de ce bricolage idéologique que l’on connaît sous l’étiquette de « parité ».

La « parité » est une caricature ridicule de l’égalité politique

Elle peut déconsidérer le combat légitime pour l’émancipation féminine. On le voit ainsi, avec le nombre de ministres d’un gouvernement François Hollande1, cadré par, ou plutôt empêtré dans la parité.

Le hollandisme ne cesse de parler « d’efforts », de rigueurs, résultat : marié à cette idéologie fumeuse, l’ascétisme gouvernemental a débouché sur un ministère Ayrault étalant complaisamment une économique combinaison paritaire d’hommes et de femmes coûtant nettement plus cher que le gouvernement non-économique de Nicolas Sarkozy.

L’alliance d’une caricature avec une autre caricature,

Produit ici des économies coûtant cher…

L’intention était louable, m’objectera-t-on. Certes, l’intention était louable, bonne et noble, mais comme on le sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

A l’autre bout du spectre du traitement de la femme, on trouve l’Arabie saoudite, l’Arabie du wahhabisme.

On apprend ainsi qu’un millier de nigérianes musulmanes, venues en Arabie pour le « hajj » (hadj), le pèlerinage à la Mecque, sont retenues à l’aéroport de la patrie du wahhabisme, sans eau ni nourriture.

Qu’ont-elles fait pour mériter cela, ces braves musulmanes africaines?

Si elles n’ont rien fait de mal, pour nous autres « impies », elles en ont fait beaucoup, pour les exigeants de la charia et leur police religieuse. Tout simplement, elles sont venues, sur leurs deux pieds, mais sans leur accompagnateur homme.

Elles se sont crues majeures, vous vous rendes compte ?

C’est pourquoi, les autorités wahhabistes leur rappellent, en les gardant prisonnières jusqu’au prochain avion les ramenant chez elles : qu’une femme ne cesse jamais d’être mineure, même à quarante ans, même à cent ans.

Sans accompagnateur masculin, point de défilés autour de la Kaaba.

Sans tuteur pour la circonstance, impossible de tourner en priant autour de la Kaaba, -par sept fois comme faisaient rituellement autour du Temple de Jérusalem les Juifs de Judée.

Sans tuteur provisoire, impossible d’approcher ce lieu d’Arabie se voulant – comme était, en hébreu, Iroushalaïm ha quoddèch/le Saint-espace, c’est à dire l’endroit physique et symbolique qui –pensaient les Hébreux-, marquait la séparation de l’humain et du divin régi par d’autres dimensions et principes de réalité.

Sans l’acceptation de redevenir mineure pour le voyage et pendant le séjour, pas de déplacement féminin fervent autour de la pierre qui serait devenue noire après être tombée blanche du ciel, point de jets de pierres sur le Satan, depuis le mont Arafat.

Qui a osé parler de chocs de cultures ou d’opposition civilisationnelle ?

Préjugés, racisme, que ces chocs ou que ces heurts annoncés qui ne seraient que faux diagnostics de malveillants « d’extrême droite ».

Insistons cependant : La question du statut saoudien de la femme, qui se traduit par un millier de musulmanes nigérianes retenues sans nourriture ni eau à l’aéroport saoudien, ne nous concernerait-il pas ?

Ce fait ne témoignerait-il pas d’une incompatibilité ou, à tout le moins, d’une compatibilité conflictuelle ?

La quête de financements, annoncés par le Premier ministre, auprès des émirats et des émirs et autres princes de la rente pétrolière, ne devrait-il pas nous inquiéter ?

Visiblement, Jean-Marc Ayrault n’est pas inquiet. Il a voulu paraître serein, à défaut d’être porteur d’enthousiasme.

Mais peut-être que l’information, concernant le sort réservé aux musulmanes venues sans tuteur du Nigeria, n’est pas encore parvenue à son équipe de collaborateurs ?

Mais peut-être qu’elle l’est et que l’on s’y est dit : si Paris valait bien une messe, pourquoi des milliards d’euros -nés des investissements, en France, de la finance « islamique » vaudraient bien quelques accommodements raisonnables ?

Lesquels ? On verra bien, quand on nous demandera des contreparties.

Parce que si gouverner c’est prévoir, la normalitude fera, comme Marx avec la dialectique, elle renversera la base du principe de prévision : gouverner, ce sera donc naviguer à vue.

On verra bien, ce que seront les contreparties réclamées par le capital wahhabiste.

A chaque jour suffit sa peine, semble nous dire, sans prononcer un mot, le Premier ministre. On verra bien ?

Ne vous inquiétez pas, nous susurre l’homme de gouvernement, se comportant comme un dentiste du passé s’employant à rassurer son patient avant de passer la roulette ou d’arracher des dents.

Mais déjà, avec le traitement des pieuses musulmanes Nigérianes, qui se croyaient des femmes libres, n’aperçoit-on pas, en pointillés, quelles seront les grosses cordes de la prison morale qui nous menace, avec l’irresponsabilité du premier ministre?

Alon Gilad

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