La Pérouse avait déjà tout compris

Publié le 29 janvier 2015 - par - 483 vues
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A dix heures vingt le 21 janvier 1793, place de la révolution, place de la Concorde aujourd’hui, un enseigne de vaisseau arrive à traverser la foule pour annoncer à sa Majesté Louis le Seizième qu’il a des nouvelles de La Pérouse commandant des vaisseaux la Boussole et l’Astrolabe. Louis Capet répondit qu’il lirait la missive à tête reposée, ce qui fut fait deux minutes plus tard. La France étant devenue républicaine elle avait appris à utiliser la guillotine et son inventeur, le bon docteur Guillotin, fut l’un des premiers à tester sa machine. J’imagine qu’il a dû dire à ses étudiants « Regardez bien parce que je ne le ferai pas deux fois ».

Bien, revenons à La Pérouse qui nous a laissé quelques écrits qui méritent réflexion. Je le cite « Il n’y a personne qui ayant lu les relations des derniers voyageurs, puisse prendre les Indiens de la mer du Sud pour des sauvages; ils ont au contraire fait de très grand progrès dans la civilisation et je les crois aussi corrompus  qu’ils peuvent l’être relativement aux circonstances où ils se trouvent. Mon opinion là-dessus n’est pas fondée sur les différents vols qu’ils ont commis mais sur la manière dont ils se prenaient. Les plus effrontés coquins de l’Europe sont moins hypocrites que ces insulaires, toutes leurs caresses étant feintes« .

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Voilà qui me rappelle curieusement quelque chose, la takia peut être ? Dans cet écrit qui date de plus de deux siècles le mythe du bon sauvage en prend un sacré coup. Rousseau s’appelle aujourd’hui la bien-pensance et le bon sauvage est devenu une chance pour la France. Conclusion hâtive me direz-vous, lisons la suite: « Nous n’avons abordé dans leur île , que pour leur faire du bien, nous les avons comblés de présents, nous avons accablé de caresses tous les êtres faibles, particulièrement les enfants à la mamelle, nous avons semé dans leurs champs toutes sortes de graines utiles, nous avons laissé dans leurs habitations des cochons, des chèvres et des brebis qui y multiplieront vraisemblablement; Nous ne leur avons rien demandé en échange, néanmoins ils nous ont jeté des pierres et ils nous ont volé tout ce qu’il a été possible d’enlever« .

Jeté des pierres ! Volé ce qu’il a été possible d’enlever ! Je traduis ici en langage moderne les paroles de Monsieur de La Pérouse: Caillassage – braquages. C’est très exactement ce que subissent les services de la nation comme le SMUR, les médecins, les pompiers et les services de police. Changez pour actualiser les mots graines utiles, cochons, chèvres et brebis par AME, CMU, APL et autres services sociaux et nous sommes revenus plus de deux siècles en arrière.

Monsieur de La Pérouse, un humaniste, a voulu apporter les bienfaits d’une civilisation à d’autres civilisations. Son constat est amer. Si le chien ne mord pas la main de celui qui lui donne à manger il en est tout autrement avec les peuples rencontrés.

Deux siècles et demi plus tard nous faisons le même constat. Autrement dit nous n’avons rien appris. Et le problème aujourd’hui est que les peuplades, à l’époque lointaines se sont installées sur notre sol et n’ont pas changé leurs comportements. Leur loi n’est pas la nôtre, leur langue n’est pas la nôtre, leur nourriture n’est pas la nôtre et leur culture n’est pas la nôtre.

Longtemps j’ai cru ce que m’enseignaient les différents professeurs d’histoire, à savoir le mythe du bon sauvage grugé par le méchant colonisateur qui prenait possession d’un territoire en échange de quelques verroteries. C’est vrai en ce qui concerne les Etats-Unis d’Amérique et il y a d’autres exemples comme ce qui s’est passé avec les aborigènes mais c’est faux dans le cas de la France. Nous avons apporté dans ce qui fut un département français des hôpitaux, construit des routes, des aéroports. Qu’en reste t-il ? A priori peu de chose puisque le président Bouteflika vient se faire soigner en France. Ici encore c’est un constat.

Eux et nous n’avons pas vocation à vivre sur un même territoire, ni nous chez eux, la colonisation a été un échec, ni eux chez nous parce qu’ils refusent l’intégration. Si l’intégration des Espagnols, Italiens, Portugais … s’est bien passée et en très peu de temps c’est simplement parce que nous sommes issus d’une même civilisation gréco-latine, d’un même creuset. Ce n’est pas le cas des populations qui ont un dogme et qui ne changeront pas d’un iota leur théocratie totalement incompatible avec notre République.

Philippe Legrand

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