La peste brune ? Les leçons des médias suisses !

 

Dans le grand barnum de la sphère politique, la crise du coronavirus a favorisé les fonds de pension qui ont fait des allers-retours pour réaliser des plus-values considérables.

Les valeurs boursières ne sont pas toujours des valeurs de vérité. Dans le domaine des perspectives économiques, jamais une étude ne fera office de preuve, car elle s’exonère parfois des zones de turbulences qui peuvent déjouer les meilleures données analytiques et prédictives. Elle est donc soumise à de nombreux aléas.

D’une manière générale, les soubresauts en provenance des spéculations financières se nourrissent toujours des faiblesses des sphères politiques [1] et géostratégiques gouvernementales. Par une conséquence sociétale inévitable, les structures organisées par les multinationales qui sont des entreprises privées disposent d’une fiscalité avantageuse ainsi que d’un levier foncièrement supérieur aux investisseurs individuels.

L’impact des plus-values financières diffèrent selon que l’on soit puissant [2] ou insignifiant. Les capacités financières des fonds de pension disposent d’un espace de liberté et d’influences qui leur procure des interventions omnipotentes dans le domaine des valeurs potentielles [3].

Et dans l’espace financier, les investisseurs individuels doivent mesurer, hormis les ratios d’investissement et les grandes variables économiques, la concordance des temps, à savoir : le coup d’œil sur l’histoire, le recul vers une période passée ou, comme aurait dit Racine, vers un pays éloigné.

Et ce pays éloigné et si proche n’est autre que la Suisse. En 2005, sa dette avoisinait les 130 milliards de FS et cette dernière a été réduite à quelque 104 milliards de FS à la fin de 2020. Et lors de la crise du coronavirus, l’économie suisse a montré une résistance remarquable. La récession, en 2020, a été limitée à 2,4 %. Et le rebond cette année devrait permettre à l’activité de retrouver rapidement ses niveaux d’avant-crise contrairement à son grand voisin français.

De plus, la dette brute et la dette nette, ainsi que le taux d’endettement brut en % du PIB et le taux d’endettement net en % du PIB demeurent stables dans la Confédération helvétique. Autrement dit, une bonne gestion des dépenses, une dette réduite, des taux d’intérêt bas, procurent des excédents de financement à la Confédération helvétique.

Nombreux sont les médias français qui parlent, critiquent et montrent du doigt. À l’inverse, les médias helvétiques sont bien plus respectueux de l’intérêt national. Après sept ans de négociations, la Confédération helvétique vient de tirer un trait sur l’accord-cadre devant régir ses relations avec l’Union européenne, estimant sa souveraineté menacée.

La presse suisse n’a nullement considéré cette décision politique comme étant le signal des pires ennuis à venir pour leur pays. Par contre, l’immense majorité des médias français n’ont pu se dispenser de leurs positions idéologiques lors de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Du Brexit au professeur Didier Raoult, la presse en général a fait défaut en France !

Pour deux malheureux costumes offerts à François Fillon en 2017 par un soi-disant ami qui a trahi sa confiance… la France a tourné le dos au rétablissement progressif des comptes publics. Comme quoi, les évènements surmédiatisés sont de nature à perturber sérieusement les rouages politiques et fausser ainsi la démocratie. Dans l’espace médiatique, tout ce qui est excessif et forcément dommageable.

Que dire du silence du Président Emmanuel Macron et de Jean Castex, Premier ministre, au sujet des propos tenus par Jean-Marc Borello, directeur général d’En marche, à l’encontre d’Éric Zemmour ? Peut-on affirmer que 15 % du corps électoral est atteint d’un virus et annoncer l’arrivée de la peste brune ?

L’ancien Président François Mitterrand n’a nullement fait mystère de sa sympathie pour le maréchal Pétain et de ses relations amicales avec René Bousquet, chef de la police de Vichy pendant l’Occupation. Pendant les deux mandats présidentiels de feu François Mitterrand, les vents de la liberté n’ont jamais soufflé sur les braises de la déconsidération humaine. Comment ne pas penser aux mots émouvants de François Mitterrand à l’égard de Pierre Bérégovoy livré aux chiens !!!

S’il est vrai que les Suisses auront la possibilité d’acheter quelques pièces d’or pour se garantir de certaines dépréciations et se protéger des inflations futures, par contre, pour une grande majorité de Français, ils n’auront que la possibilité de donner un grand coup de balai lors de la prochaine élection présidentielle.

Henri Ramoneda

[1]Est-il vrai que Jean-Paul Delevoye, n’avait pas mentionné sa fonction d’administrateur au sein d’un Institut de formation de l’assurance (Ifpass) dans sa déclaration d’intérêts à l’HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique) ?

[2]En 2018, le Président Emmanuel Macron a transformé l’ISF par un impôt sur le patrimoine immobilier (IFI) et par la mise en place d’une « flat tax », un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital. Ces deux réformes ont favorisé particulièrement les ménages les plus aisés. Nul n’ignore si cette réforme a généré le ruissellement… Par contre, elle a été bénéfique pour les 5 % les plus riches redevables de l’ISF et les 15 % des contribuables dont les revenus sont les plus élevés.

[3]Alors qu’il venait d’engager la loi Pacte et la réforme des retraites, est-il vrai que le Président Emmanuel Macron a rencontré Larry Fink, PDG du groupe BlackRock, considéré comme le plus grand fonds de pensions au monde, le 10 juillet 2019 au palais de l’Élysée ?

 

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3 Commentaires

  1. Raz le bol de l’évocation permanente de la soi disant peste soi disant brune à tout propos, et ne s’appliquant pas aux sujets.

  2. le président des riches a déjà un rallié de taille (enfin !!!) la cfdt
    les autres suivront, ps, insoumis, écolos etc.

  3. « Peut-on affirmer que 15 % du corps électoral est atteint d’un virus et annoncer l’arrivée de la peste brune ? »

    15% c’ est le chiffre, aujourd’hui, des intentions de vote pour E. Zemmour au 1er tour. Mais !…mais 70%, c’ est le chiffre de ceux qui partagent les idées d’ Éric Zemmour -et pas les vôtres, monsieur borello- depuis des mois, voire des années. Nuance de taille.

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