La place des femmes dans les religions

Publié le 12 décembre 2011 - par - 2 075 vues
Share

Je pense que ma contribution a sa place dans RL! Car la place de la Femme est centrale au sein des Religions. J’insiste sur cette place au cœur de l’islam actuel, la seule religion qui n’ait pas évolué au fil des siècles!
Toute observation historique ou scientifique est donc la bienvenue!….

L’humain se compose de deux genres. Ce fait est incontestable depuis la phase initiale de l’embryon, lequel cherche sa réalité sexuelle à l’intérieur du ventre de la mère et la trouve avec le fœtus qui transforme son organe asexué en clitoris/vagin ou pénis/testicules… voir pour plus de précisions les écrits de Jean Rostand. Voilà le schéma idéal malgré quelques hiatus physiologiques ou psychiques. Par exemple, le cas où le corps se trouve être en contradiction avec l’esprit… d’où maintenant le secours de la chirurgie réparatrice!
Oublions au passage une formule fabriquée de toute pièce: il n’y a pas de « côté
masculin » chez les femmes ou de « côté féminin » chez les hommes. Il y a tout simplement
un « côté humain » -et plus qu’un côté- chez tout être. C’est comme « l’intuition féminine »
qui n’est évidemment que condescendance pour minimiser l’intelligence des femmes.

Les choses étant posées, reste la place des deux genres sur la Terre et ce dans l’espace public comme dans l’espace privé.
Pour notre espèce, dans le cadre de l’évolution darwinienne, la force physique a longtemps édicté sa loi dans le domaine de la hiérarchie des sexes avec ses prolongements identiques sur tous les continents. Et pour ce qui fut des rapports entre tous les individus, quels qu’ils fussent. A travers les premiers siècles, le processus ne bougea guère, hominiens après hominiens, néandertaliens ou homo sapiens, l’ordre imposé par les plus brutaux ou les plus forts. Les chefs étaient des hommes, mis à part Cléopâtre en Afrique. A l’occasion des premières religions, animistes, polythéistes ou monothéistes cet ordre « bestial » se pérennisa, entretenu par les psalmodies ou décalogues multiformes assénés par les sorciers ou les prédicateurs, soit les proto-ministres cultuels. On verra apparaître au fil des générations druides, chamanes, prêtres, rabbis, popes, imams, curés ou docteurs de telle ou telle foi, toujours des mâles à destination des mâles, jeunes ou vieux, sans exclusive ou presque! Édictant les articles ayant force de loi, celle de la savane, de la forêt ou de la jungle! Les femmes n’étant que des adjuvants, jusque dans les langues qui se formaient alors. Pour preuves les règles de grammaire comme évidentes mais chargées de masculinité sans équivoque… Arrivent ensuite, plus tard, les noms, issus des « pater familias » avec l’apparition des patronymes, et non des matronymes! La généalogie moderne sacralise ainsi ces antiques clichés. Elle sacralise toujours les patronymes, venus du temps où la femme « quittait sa famille ». Le contraire ne s’imaginait même pas. La femme « quittait son nom »! L’homme « donnait son nom »! En fait, la femme était objet et non sujet. A sa naissance, elle n’existait que dans l’ombre du Pater et de son nom. A son mariage, l’objet changeait de Maître et donc de nom!
Une époque révolue en République française? Nullement, témoins les simulacres hérités de la tradition religieuse… Les noms? Calqués sur le décorum chrétien: le nom du père se transmet sans questionnement aucun. La femme mariée ne change pas de nom pour l’état-civil mais… celui-ci mentionne pour elle un nouveau nom… celui de son époux! Et l’usage fait que c’est sous ce nom qu’on l’appellera le plus souvent. Sauf pour voter. Du reste, l’Administration distingue « madame » et « mademoiselle » et sans distinguo pour les mâles. Ne cherchons pas midi à quatorze heures! L’objet qu’elle est est soit « madame X » soit « madame Y », peut importe que ce soit un nom de père ou un nom d’époux. « Mademoiselle » est donc une survivance d’un temps ouvertement sexiste car religieux: la femme non mariée n’est pas un vrai sujet selon les formulaires administratifs non revisités.
Revenons aux druides, prêtres, imams et cætera… Les noms sont lâchés. Avec leurs florilèges de sottises et d’incongruités, avec leurs Livres sacrés qui devaient figer à jamais les sentences des plus forts! Comprenons bien que les religions ont été forgées par des hommes à destination de tous les individus, mâles et femelles, mais dans des sociétés patriarcales donc avec des us et coutumes conformes à ces sociétés, donc des religions fabriquées par des hommes. Passons sur les périodes primitives basées sur l’esclavage, un système qui engendra des dynasties à travers la planète. Tous les continents furent témoins de cette pratique dont on se souvient mal. Surtout dans certains pays comme la France, pourtant héritière des rois des Francs et plus tard des rois de France. En 1779, Louis XVI abolit l’esclavage sur son territoire proprement dit. Précision essentielle pour ses colonies. Les esclaves, il faut le souligner, ne furent pas nommés comme tels mais appelés « serfs » par les historiens français, peut-être par souci de réconciliation nationale. Pour les colonies d’alors, qui deviendront départements républicains, l’abolition vint quelques années plus tard, avec la République. Le mot serf veut dire « esclave », notons-le, mais à destination des pays européens comme la Russie ou la France, ces esclaves-là étant plutôt juridiquement des immeubles, contrairement aux meubles que l’on peut déporter dans des zones lointaines… Au passage, pour les Antilles, les esclaves étaient devenus esclaves en Afrique et vendus aux Européens royalistes qui pensaient que ces nouveaux « travailleurs » supporteraient plus facilement le climat que les « serfs » occitans, dauphinois ou normands. Ne voyez pas chez les esclavagistes de sentimentalisme ou de solidarité régionale: ils étaient des chefs d’entreprises et jaugeaient avec objectivité les êtres dont ils avaient besoin en fonction de leurs seuls potentiels… Les hommes et les femmes étaient pour eux des meubles (ou des immeubles) plus ou moins rentables! Les femmes, hélas, y furent souvent doublement esclaves.
En aparté, les « philosophes » de l’époque réalisèrent-ils l’absurdité de la chose?
Qu’un humain est héritier de l’ensemble de ses ancêtres, moitié aïeules et moitié aïeuls, ce
qui détruit les théories du genre « les hommes portent en eux l’instinct de chasseur et
les femmes celui de préparatrices de marmites, issus de la préhistoire. Eh oui, les femmes
et les hommes ayant le même héritage dans leur ADN, ils sont « mixtes » de fait, et sans
posture préétablie! Le restant est le fruit des cultures terrestres, sans pour autant nier les
lois hormonales que certains voudraient du reste idéologiquement revisiter…
En parallèle, les religions monothéistes tenaient les femmes pour quantité négligeable à l’envi. Avaient-elles seulement une âme dixit un fameux catholique? Le cas le plus extraordinaire reste le cas Mahomet, évoluant dans l’univers injuste décrit plus haut.
Mahomet, que l’on peut qualifier de compatissant vis-à vis des femmes. Il apparait sincèrement désireux d’améliorer le sort des femmes en limitant le nombre des concubines et maintes avancées dans un temps où le monde entier tenait la gent féminine sous le joug
masculin. Mais le temps, hélas, s’est figé absurdement en Arabie et les mahométans
n’ont pas trouvé le nouveau prophète qui leur ferait observer dans ses sourates que les aiguilles ont tourné depuis l’invention du Coran et que leur stagnation est stupide. Le mot
stupide étant évidemment bien léger eu égard aux crimes intégristes.
Mais, Bible ou Coran, les femmes ont été des simulacres dont certaines ont fini par
intégrer l’idée, confusément, et ceci au fil des générations. De pseudo-principes de
grammaire inventés par des mâles, décrétant la supériorité du masculin sur le féminin, aux
règlements judiciaires en passant, bien sûr, par les élections.
A ce sujet -ô combien primordial- depuis quelle année les femmes peuvent
-elles voter en France? Depuis 1944 seulement! Et ce ne fut pas le fait de républicains.
Ce fut par la « grâce » de la seconde guerre mondiale, les sacrifices patents et le courage
insigne des combattantes. Et ce ne fut que le début d’un processus non encore achevé!
Pour l’athée que je suis, je ne tiens pas à juger les religions. Mais elles veulent peu ou prou régir des nations entières, notamment les pays où domine le dogme musulman.
En France, l’attaque est larvée mais réelle. Aujourd’hui, pour ne parler que de l’Hexagone,
les femmes peuvent mesurer que presque tout est à faire. L’affaire DSK l’a démontré sans
conteste. N’avons-nous pas entendu des considérations sexistes, voire narquoises, que l’on
croyait appartenir au passé?L’ Âge des cavernes, encore, religions ou pas religions, hélas,
est toujours dans les gènes de beaucoup. On espère encore d’une laïcité plénière à venir.
Une véritable laïcité qui reste encore à installer sur toute la planète.

Car l’ Âge des cavernes est toujours au fond de nous. Quelques uns semblent
même désireux de nous faire revenir dans le passé, par peur ou pour des calculs plus
ou moins sournois! Oubliant les leçons de 1944, date qui ne fut hélas qu’une amorce de
droits purement formels en République française.

Ainsi, idéalement, comme triptyque, je préférerais personnellement LIBERTÉ-
ÉGALITÉ- LAÏCITÉ à la devise incluant « fraternité ». Car cette nouvelle devise, fatalement, inclurait la fraternité… ou la « sororalité »!

Gérard Barettapiana

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.