La politique parisienne de Bertrand Delanoé s'inscrit dans le remplacement de population prôné par Terra Nova

La vidéo sur l’intervention de l’udcc dans une rencontre publique avec M le Maire de Paris, dans le 18° art., en présence de M. Vaillant, Maire de l’arrondissement, ancien Ministre de l’intérieur, m’inspire certaines remarques et une demande :
Réf. : http://ripostelaique.com/des-parisiens-demandent-des-comptes-a-delanoe-video-11.html
1- Il est question, sur la vidéo, de propos lénifiant de M. le Maire.
Ce n’est pas exact.
M. Delanoë met en œuvre une doctrine politique bien précise qui n’a rien de lénifiante. Elle ne ressortit pas du : nous sommes tous des frères. Ceci bien qu’elle emprunte à certains moments à ce vocabulaire prêcheur.
M. Delanoë s’inscrit dans la ligne politique (réflexion et action) qui est celle de Terra Nova. Cette association est importante car elle composée de hauts fonctionnaires. Ce qu’elle dit interviendra dans la composition du prochain programme législatif de la France.
Cette association prône la reconnaissance de « la citoyenneté musulmane ». Autrement dit de mettre fin à l’unité nationale, à l’indivisibilité de la République. Des reculs ont eu lieu sur le titre de la référence sur Internet, mais pas sur le fond.
De la même façon, Terra Nova qui est présentée comme un Think tank du PS, veut substituer les « origines de » aux classes populaires françaises, ouvriers, employés, cadres subalternes et moyens. Ces gens sont de Sciences Po ou de l’ENA. En dessous de leur grade universitaire on n’existe que s’ils le veulent.
Selon eux, le PS doit s’adresser aux Bacs+5, aux patrons, aux « personnes d’origines immigrées », c’est-à-dire aux arabes, aux noirs, aux asiatiques définies comme étant les classes populaires. Cette définition des « originaires » en « populaires » quelque soit leur diplôme et leur capital relève de l’idéologie coloniale. Le moment venu, les cadres communautaristes la retourneront contre les français.
Le plus important est que cette doctrine s’organise par l’exclusion d’une certaines catégories de personnes. Ces personnes et ces groupes ne sont pas exclues parce que ouvriers ou employés. Ils le sont parce que français. C’est leur qualité de français qui leur vaut cette exclusion. Ces gens se retrouvent définis français par cette procédure de repérage et d’exclusion.
En retour, la qualité d’ouvrier, d’employé, de cadre moyen, se défini par leur qualité de français.
Ces penseurs font coup double. Ils se débarrassent des classes populaires et de la France.
Sans l’étude de cette ethnicisassions des catégories sociales pour aboutir à la restauration de fait du suffrage censitaire, on ne comprend pas la complexité des manœuvres en cours sur ces sujets.
Ils n’hésitent pas alors à reprendre le vocable : « de souche ». Au début, lorsque JM Le Pen a employé ce mot pour la première fois, Le Monde a crié à la ségrégation.
Nous comprenons mieux ainsi dans quelle réflexion s’inscrit M. Delanoë.
Nous pouvons la qualifier de « diplomatique ».
La Mairie de Paris ne s’occupe pas d’examiner les demandes d’administrés musulmans, ou d’associations musulmanes. Ce qui est tout à fait son rôle.
Elle établit un accord entre deux puissances souveraines que seraient les « communautés ». C’est très perceptible dans le discours de M. Le Maire. Il y a les « communautés » « de souche » et les « communautés » « musulmanes ».
Nous ne nous en apercevons pas, mais tout le débat politique est maintenant imbibé de cette politique d’accord diplomatique.
La fameuse « communauté musulmane » tend ainsi à être reconnue comme un État dans l’ État légitime.
En conséquence, la Mairie de Paris ne pense pas déroger à ses prérogatives en cédant du territoire à cette « communauté » souveraine, et en lui construisant une ambassade, un parlement, appelez le comme vous voudrez, un lieu d’exercice et de démonstration de cette souveraineté.
Déjà, tous les procès d’opinion initiés par les musulmans et acceptés par les magistrats reposent sur cette diplomatisation de la vie publique.
Toute la théorie juridique de « l’incitation à la haine », du « envers » (une religion, une appartenance ethnique, une race, etc.) relèvent en fait de la mise en place d’une relation juridique publique diplomatique entre puissances publiques souveraines distinctes.
Si vous parlez des musulmans, ou à un musulman, ou de musulmans, vous ne parlez pas en temps que particulier, expert, élus, etc. à des citoyens ou groupes de citoyens, français ou étrangers, réunis ou non.
Vous parlez en temps qu’ambassadeur de votre pays « les sous-chiens », votre « communauté », à un autre ambassadeur « les musulmans, les diversitaires, est. », autre « communauté ».
Ce qui insidieusement ramène un droit que nous connaissons dans l’histoire. C’est le droit germanique valorisé à la Renaissance. Chacun a la religion de son seigneur souverain. Lui seul peut dire son fait au seigneur d’en face. Sous réserve d’être à sa place de seigneur. Sinon une instance judiciaire disqualifiera sa capacité à mener cette polémique. Mais les sujets sont sommés de ne pas provoquer de conflit en rompant l’équilibre des souverainetés.
Le peuple est « sujet » et non « souverain ».
Un citoyen allemand n’a pas le droit de faire la moindre remarque sur la présence des turcs en Allemagne. Par contre, le Premier Ministre Turc peut dire, sur le sol allemand, que les turcs présents en Allemagne et de nationalité allemande, n’ont pas à apprendre l’allemand. Le Ministre des affaires étrangères allemande peut lui répondre vertement qu’il n’a rien compris à la modernité.
Chacun gère son bétail au mieux de ses intérêts seigneuriaux.
Par contre, si des citoyens turcs revendiquent de ne pas parler allemand, ils deviennent des terroristes d’al Qaïda. Si des citoyens allemands manifestent contre les propos d’ Erdoğan, ils deviennent des extrémistes de droite.
Nous avons là tous les procès d’opinion de ces 15 dernières années.
C’était la raison de la plainte d’une association de la négritude contre un historien. Marquer les délimitations de souveraineté à l’intérieur du territoire de l’historien, et engager des discussions diplomatiques entre les souverains blancs et les souverains noirs.
Comme il était trop tôt, la plainte a été retirée.
D’autres n’ont pas eu cette chance.
Nous ne sommes qu’au tout début des développements de ce droit diplomatique et féodal.
M. Delanoë ne construit pas seulement un institut. Il construit un État. Cela n’a rien de lénifiant.
2- Cette politique d’installation des souverainetés, ou « citoyennetés » multiples paraît commencer à former l’administration publique elle-même.
Le moteur en est le principe religieux du martyr. Les musulmans sont toujours en état de discrimination, de ségrégation, d’exclusion. Il faut donc les inclure, les rendre visibles, les protéger.
Ainsi s’installe progressivement dans le tissu même des relations de travail et de la vie civile, une division méticuleusement organisée, codifiée, mesurée, entre deux catégories de populations.
Il ne s’agit pas de fusionner deux populations. Au contraire, ces dispositifs reconduisent à l’infini le développement séparé, jusqu’à la nano-séparation, de ces populations.
En économie, on appelle ça : les subprimes, les actions pourries. Un jour, soudainement, elles ont brisé le système financier mondial.
La Mairie aurait signé cet été un accord avec des associations dites de diversité. Aux termes de cet accord, toutes les entreprises qui travaillent avec la mairie, devraient justifier de leur action pour promouvoir la diversité dans leur personnel.
Là aussi, une organisation doit vérifier les faits.
Il va de soi que cet accord deviendra vite extensif. Il suffit d’avoir besoin d’une patente pour « travailler avec la mairie ».
Cet accord qui instaurerait un privilège d’embauche, un droit de contrôle, pour des particuliers ou associations civiles, est contraire au droit et au code du travail. Cet accord fait un travail législatif, policiers, judiciaire, punitif.
A quoi sert-il d’élire un parlement, de disposer d’un pouvoir exécutif, d’une autorité judiciaires, de codes, de syndicats, de propriétés privées, etc. ?
D’autre part, cet accord qui brise l’égalité des personnes devant l’embauche, intervient dans le pouvoir discrétionnaire du patron dans l’embauche.
Il ya surement beaucoup à dire sur ce pont fixe, public et reconnu. Mais que dire de l’institution d’intervenants dont personne ne sait rien sinon qu’ils s’organisent exclusivement sur des préoccupations raciales, religieuses, et d’occupation de places, autrement dit de territoires ? Qui peut nier qu’il s’agit d’institutionnaliser une confrontation ethnico-religieuse dans les procédures de fonctionnement des entreprises ?
Au-delà de cet exemple dont il convient de vérifier la réalité, ne faudrait-il pas commencer à réfléchir sérieusement à cette question ? Y réfléchir à l’abri des pressions car tout le monde, à commencer par les juristes, commence à faire dans son froc devant la puissance des ces organisations. Ne sont elles pas soutenues activement et publiquement par l’ambassadeur des États-Unis en personne ?
3- M. Delanoë qualifie les intervenants à cette réunion publique du 18° art. de « militants d’extrême droite ». Ceux-ci démentent. En fait, on s’en fout.
Cette qualification du contradicteur selon le vocabulaire incantatoire du moment est une astuce rituelle de tous ceux qui ont à tenir une assemblée.
Elle permet d’exclure du cercle de la famille idéologique ceux que les chefs du lieu considèrent comme des corps étrangers. Elle ne permet pas de répondre aux questions posées par des gens qui n’acceptent pas les non-dits de la famille idéologique considérée.
La gauche a volontairement refusé de gagner en 1995-2002-2007. Cela l’aurait obligé à se confronter au réel.
Elle va probablement gagner en 2012, si elle le veut. C’est-à-dire si elle ne proclame pas son refus de tout débat avec les classes populaires comme principe premier de son programme, comme M. Jospin en 2002.
Il faudra bien que la gauche accepte cette confrontation avec l’autre. En démocratie, elle passe par la discussion, le débat public. L’examen des faits n’est pas une partie de plaisir.
Pour l’instant Terra Nova propose de ne pas tenir compte de l’existence électorale des ouvriers, des employés, des cadres moyens, français, parce que français. Attendons de voir.
Cet été, la droite parlementaire a voté le remboursement de la circoncision. La violation de la loi 1905 est flagrante. Pendant ce temps, des smicards ne peuvent plus se soigner complètement, des dizaines de milliers d’étudiants ne se soignent plus du tout.
Il s’agit là de la mise en œuvre de la technique de l’unanimité différée.
La majorité vote un texte avec ses seules voix. L’opposition peut voter contre et faire des moulinets de paroles. Alternance, la dite opposition arrive au pouvoir. Elle conserve le texte qui est ainsi acquis pour toujours. Cqfd.
Quasiment tous les textes sarkozystes d’ordre public vont subir ce traitement de faveur. A commencer par la loi sur les bandes qui suppriment techniquement la liberté d’Association. Elle la soumet à l’appréciation du commissaire de police quant à la civilité de l’association. Elle concourt à la consolidation de la règle des crimes sans délits ni intention d’en commettre. Mais elle n’interdit pas de chanter trois fois la Marseillaise en sautant à cloche pied. Donc la majorité de gauche pourra la reconduire.
Il va falloir autre chose que des imprécations pour rassembler les français et tracer un chemin dans ce que le Vert allemand Joschka Fischer, assez bien informé, appelle : « Le désastre qui s’annonce ». cf. : Le figaro, « Un gouvernement européen pour sauver l’Europe », 07.11.11.
Marcel Lallier

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