La propagande de l’État islamique : ses effets et son déni

Publié le 29 décembre 2014 - par - 4 286 vues
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Dans les jours qui ont suivi la diffusion récente sur YouTube (et son retrait immédiat) d’une vidéo de l’État islamique ordonnant aux musulmans de tuer les infidèles partout dans le monde (notamment en France), des dizaines de personnes ont été blessées lors de trois attaques distinctes en France, et deux policiers ont été tués à Brooklyn, New York.

Une autre attaque a été perpétrée en France lundi soir, lorsque des coups de feu ont été tirés sur une synagogue de Paris, et une autre a pu être déjouée quand un homme armé de deux fusils à pompe et d’un couteau a été arrêté à Cannes. Il y a quelques jours, un restaurant cacher a été visé à Paris. Les agressions se multiplient, mais il reste tabou de les associer au terrorisme islamique. Dans une vidéo de la semaine passée, le jihadiste français de l’État islamique appelle les musulmans à commettre des attaques contre les infidèles ou incroyants, surtout en France: «Faites exploser la France ! Réduisez la France en miettes ! Explosez la tête de ces kouffars! (infidèles).»  

bilalIl ordonne également aux musulmans de prêter serment d’allégeance au chef de l’État islamique, le calife Abou Bakr Baghdadi, et lance quantité exhortations: «Tuez-les (les infidèles), tuez-les où qu’ils soient, tuez-les, ne les laissez pas vivre en paix!… Explosez leurs têtes, que ce soit avec une pierre, ou quoi que ce soit. Si t’arrives pas à te procurer un pistolet, y’a des pierres, y’a des couteaux, y’a tout ce qu’il faut». Tout cela est conforme aux enseignements islamiques et à l’histoire du monde musulman, depuis la naissance de l’État islamique de Mohammed à Médine. Un jour plus tard, une série d’attaques débute en France, et se poursuit, avec pour armes des couteaux et des voitures.

À Brooklyn, New York, un converti à l’islam a tué deux policiers avec un pistolet. En France, à Joué-lès-Tours, un autre converti a attaqué des policiers au couteau. À Dijon et Nantes, on a utilisé une voiture et une camionnette pour renverser des piétons. Bien que des témoins disent avoir entendu les trois assaillants crier Allahu Akbar (Allah est le plus grand), les autorités françaises estiment que ces attaques ne sont pas motivées par le terrorisme islamique.

Rien n’a été dit au public sur les motifs spécifiquement musulmans de tels actes, sur le jihad, pourtant considéré comme l’un des devoirs religieux les plus sacrés de tout musulman, prescrit par le Coran et d’autres textes fondateurs de l’islam.

Les chefs de gouvernement et les médias conventionnels continuent d’évoquer ces incidents similaires non pas comme des attaques terroristes islamiques, mais comme des gestes isolés commis par des «loups solitaires» ou des «déséquilibrés». Ces tueurs auraient agi seuls. Mais ils sont tous liés à la même idéologie du jihad, qui appelle à la violence contre l’incroyant – contrairement à ce que dit le premier ministre Manuel Valls, selon qui il n’existe aucun lien entre les attaques de Dijon et Nantes.

L’automobiliste qui a fauché 13 piétons à Dijon a été qualifié par la procureur de la République, Marie-Christine Tarrare, d’«individu mentalement déséquilibré» souffrant d’«une pathologie psychiatrique ancienne et lourde» pour laquelle il a fait «157 passages en unité psychiatrique entre 2001 et 2014… Il ne s’agit absolument pas d’un acte terroriste.»

L’autre automobiliste qui a foncé avec sa camionnette sur plusieurs passants à Nantes semblait être déséquilibré, et «l’agression commise par cet homme ne paraissait pas avoir de visée politique ou religieuse» selon le ministre de l’Intérieur de la France, Bernard Cazeneuve. «Il semble que cet acte soit le fait d’un déséquilibré

De plus, lundi, un homme a été arrêté alors qu’il détruisait des décorations de Noël au centre-ville du Mans, en France. «Il a alors tenté de prendre l’arme des policiers et a même crié ‹Allah Akbar›… et a aussitôt été placé en garde à vue. Son état mental, rapidement jugé déficient, a nécessité son placement au centre hospitalier spécialisé d’Allonnes.»

Au lieu de demander aux auteurs des attentats combien de fois ils ont visité une mosquée, ou à quelle organisation islamique ils appartiennent, on s’inquiète de leur traitement psychiatrique. L’assassin des deux policiers de Brooklyn, New York, appartenait à la Société Islamique d’Amérique du Nord (ISNA), liée aux Frères Musulmans.

Curieusement, la très «politiquement correcte» BBC suggère que les attaques en voiture ont été motivées par la religion: « même s’il est établi que ces attaques sont le fait de personnes déséquilibrées, on peut se demander si la propagande islamiste a joué ici un rôle, en incitant ces personnes à passer à l’acte ? » En d’autres termes, cette dernière vidéo de l’État islamique aurait inspiré des musulmans à lancer la récente poussée jihadique.

Le jihadiste français s’exprimant dans cette vidéo exploite l’ineptie, l’incompétence et l’ignorance qui paralysent les gouvernements occidentaux devant le terrorisme islamique et le jihad. Il proclame avec conviction que «les kouffars ne peuvent rien vous faire». Cela a permis de convaincre des recrues potentielles de devenir des machines à tuer pour l’État islamique.

Il exhorte également les musulmans de «prendre exemple sur notre frère Mohamed Merah», le jihadiste français d’origine algérienne qui, il y a près de trois ans, a abattu trois enfants juifs et un rabbin dans leur école à Toulouse, ainsi que trois soldats français à Toulouse et Montauban.

À ce jour, les chefs de gouvernement et les médias conventionnels continuent de minimiser publiquement les attaques jihadistes et d’ignorer les informations pourtant aisément accessibles telles que la vidéo récente de l’État islamique qui appelle à lancer des attaques contre les infidèles partout dans le monde.

Contrairement au premier ministre et aux autres représentants du gouvernement français, la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, distingue une corrélation entre les attaques de ces derniers jours et les exhortations de l’État islamique: «Ceux qui refusent de voir ce lien, à mon avis, ne sont pas, encore une fois, dignes de nous diriger, parce ce qu’ils se voilent la face, ils se cachent les yeux, et que se cacher les yeux, c’est prendre le risque d’autres victimes.»

Les représentants du gouvernement sont-ils dans le déni quand ils refusent de voir au-delà de la maladie mentale? Ou en savent-ils plus que nous le pensons? Pourquoi sinon la France fait-elle augmenter le nombre de patrouilles militaires (plan Vigipirate) ajoutant 300 soldats supplémentaires aux 780 militaires des patrouilles déjà déployées pendant la période de Noël?

Tout cela pour lutter contre des troubles mentaux? Ou les autorités françaises cachent-elles quelque chose à leurs citoyens?

Les autorités connaissent peut-être fort bien la vidéo, mais refusent d’en tirer les déductions qui s’imposent publiquement? Quoi qu’il en soit, en ne reconnaissant pas publiquement le jihad comme la cause de ces attaques, en se référant à celles-ci comme les actes isolés de loups solitaires ou de déséquilibrés, les dirigeants occidentaux permettent la propagation d’une idéologie meurtrière qui torture et fauche tous les opposants sur son passage.

Comment vaincre un ennemi que l’on refuse de seulement nommer?

Sonia Bailley

(billet paru en anglais sur American Thinker)

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