La réforme Taubira livre nos compatriotes désarmés aux psychopathes

Pedalo 210Ainsi donc, via l’aménagement des peines et la suppression des peines-plancher, Madame la ministre de la Justice veut en finir avec le « tout-carcéral ».

Parce que, bien sûr, un pays qui, en proportion, compte huit fois moins de détenus qu’aux Etats Unis pratique le « tout-carcéral ».

Attitude ô combien généreuse, bien qu’oubliant très légèrement que ce n’est pas le délinquant, mais la société qui est au centre du système judiciaire. La prison n’a pas comme vocation première à « rééduquer » les voyous, mais à les mettre hors d’état de nuire.

Qu’à cela ne tienne, « élargissons ». Il n’y a pas assez de schizophrènes dans les rues de notre futur ex beau pays.

Et, donc, « réformons ». Jusqu’à ce que notre garde des sceaux n’ait effectivement plus que les sceaux à garder.

La politique dite « du carreau cassé » avait fait baisser la délinquance de 60% à New-York.

Mais notre humaniste a été chercher l’inspiration sous d’autres latitudes.

Comme, par exemple, le Vénézuela d’Hugo Chavez, voisin et manifestement modèle de la belle guyanaise.

Ri7taubira vengeresseCet autocrate averti s’enorgueillissait d’avoir divisé par trois le nombre de ses concitoyens vivant sous le seuil de pauvreté, le faisant passer de 60 à 20%.

Idem pour l’extrême indigence : de 15 à 5%.

Nos élites bien pensantes et mal agissantes nous rabâchant à l’envi que la pauvreté est la mère de la délinquance, le taux de criminalité aurait donc dû s’effondrer.

Et bien, pas vraiment.

Car en effet, feu l’Allumé bolivarien ne se contentait pas de modifier la Constitution tous les quarts d’heure. Taubiresque avant la lettre, il concocta une petite réforme pénale et policière pleine de bons sentiments.

Résultat : quelques dizaines de milliers de détraqués se sont retrouvés à baguenauder librement dans tout le pays, faisant du Venezuela LE coupe-gorge de l’Amérique du Sud.

Statistiquement, cinq fois plus de risques de se faire trucider à Caracas qu’à Bogota, et deux fois plus qu’à Rio. Assez parlant.

Après Palavas-les-Flots, Caracas-le-Crâne.

A telle enseigne que le ministère de l’Intérieur s’était refusé, pendant deux ans, à communiquer les chiffres officiels de la délinquance.

Mais bon, les prisons étaient « désengorgées », et c’est cela le plus important, non ? Désengorgement contre égorgement, marché conclu.

Chez nous, le message est passé avant même l’application de la réforme. Attaquer un train ou le détourner vaut aux auteurs d’être vertement tancés, et les trafiquants continuant à dealer en bas de chez eux avec leur bracelet électronique doivent rigoler doucement.

Jamais Jérémie n’aurait dû croiser Ali.

Jamais deux jeunes filles de Colombes n’auraient dû se trouver en face de Sofiane.

D’autant qu’Ali et Sofiane, vu leurs antécédents judiciaires, étaient considérés comme pleinement responsables. Botter en touche en les traitant de « déséquilibrés » relève de la lâcheté la plus insigne.

La réforme Taubira, c’est la multiplication des pains dans la gueule.

Madame la ministre de la justice joue à l’ apprentie-sorcière, mais nul doute que si la réforme est adoptée en l’état, le terme « apprentie » deviendra superfétatoire.

Jacques Vinent

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