La résistance patriotique s’enracine dans la France avant d’être « républicaine » ou « jacobine »…

Publié le 5 août 2013 - par - 3 289 vues
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Depuis un certain temps, des divergences se font sentir au sein de Riposte Laïque par rapport aux positions statutaires très XVIII° siècle et jacobines de l’association Résistance Républicaine. De nombreux contributeurs émettent des doutes sur 1789, sur les Lumières, sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, sur les « valeurs républicaines » en un mot. Et je fais partie de ces contributeurs… dissidents.

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Car toutes ces choses, 1789, les Lumières, la Révolution, etc. ne peuvent se réduire à des slogans. Je l’ai rappelé de nombreuses fois, comme l’a fait aussi Paul-Antoine Desroches. Le camarade Desroches ou moi-même, forts de nos lectures d’Ortega y Gasset, Marcel de Corte, Simone Weil (la philosophe) ou encore Julien Freund, avons largement contribué à dénoncer l’homme-masse (le médiocre, de bas ou de haut niveau, qui ne pense rien sur rien et qui se fout de tout) et à poser cette équation le Mal (ou « Satan ») = le Vide. Je sais de source sûre que cela déplaît fortement à certains camarades de Résistance Républicaine, parce qu’ils se sentent visés : et si les fameuses « valeurs républicaines » n’étaient que du Vide ?

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Il faudra un jour ou l’autre, quitte à provoquer des disputes, un « clash » comme disent les jeunes, se poser cette question, en définitive terrifiante : et si nous nous étions trompés ? Et si, depuis quelques années, nous nous étions battus… en faveur de nos propres ennemis ?

10novembrefouleEntendons-nous bien. Je n’affirme point que les « valeurs républicaines », prises dans l’absolu, seraient nos ennemies. Mais j’affirme que les « valeurs républicaines », telles qu’elles se présentent aujourd’hui, dans la bouche même de l’oligarchie, dans la propagande même du Système, ces « valeurs », ces anti-valeurs devrais-je dire, sont définitivement, clairement et sans appel, nos ennemies, et nos bourrelles. Comme l’a si bien rappelé Desroches, tous les ennemis de la dissidence patriotique se réclament des fameuses « valeurs républicaines » pour nous massacrer ; et notamment la franc-maçonnerie, et les gauchistes, et l’État libéral-libertaire-liberticide socialiste. Et même la racaille. En 2005, après de sordides émeutes, le premier magistrat de l’État, Jacques Chirac, avait déclaré que ces «jeunes » étaient tous filles et fils de la République. Si l’on juge une mère à ses enfants, je n’ai guère envie de me battre pour une pareille matrone ! Depuis je ne sais combien d’années, on nous raconte que la République est un truc formidable, qui intègre tout le monde sans distinction de ceci ou de cela, etc. Quelle merveilleuse machine… Le problème c’est qu’elle ne fonctionne pas.

Suis-je, aujourd’hui encore, attaché à la République ? Je n’en sais plus rien, et j’irais presque à dire que je m’en tape. A choisir entre une République immonde, comme celle d’aujourd’hui, où la terreur exercée contre le peuple est cogérée par la racaille et par l’État, et une monarchie absolue où la police ferait enfin son boulot, où la justice ne servirait qu’à coffrer de vrais méchants, je serais prêt à faire mes bagages pour rejoindre cette monarchie absolue. Entre un pays catholique où l’on verrait des dizaines de curés en soutane dans les rues mais où les émeutes urbaines seraient inconnues, et une république laïque comme la France d’aujourd’hui, où la « laïcité » se réduit à la cathophobie, et « l’ordre républicain » au culte de la délinquance, je préférerais de loin vivre dans un pays avec des dizaines de curés en soutane dans les rues.

Du reste, à choisir entre l’Espagne actuelle, certes secouée d’une crise sans précédent, mais où survit encore une certaine douceur de vivre (convivencia), une certaine décence des mœurs quotidiennes, et la France actuelle où tout n’est qu’oppression et exploitation des honnêtes gens, je partirais vivre en Espagne, si je n’étais point patriote, et si j’avais les moyens matériels de m’y refaire une vie. Et pourtant les Espagnols se soucient comme d’une guigne de la République, du centralisme jacobin et même de la laïcité, eux qui vivent dans une monarchie constitutionnelle, qui n’ont ni 1789 ni Déclaration dans leur histoire, qui ont une organisation administrative très décentralisée, et qui, au final, même athées, sont tous bons catholiques dans les fêtes de village et les processions. On va me dire que j’idéalise… Et pourtant je défie quiconque de démontrer que les « valeurs républicaines » ont jamais sauvé la France et qu’elles la sauveront un jour, puisque c’est au nom de ces fameuses valeurs, de ces termes creux comme des outres vides, qu’on massacre la France un peu plus chaque jour.

« Liberté, égalité, fraternité », Mélenchon en a plein la bouche, les francs-maçons aussi. Laïcité ? Les maires le plus islamophiles de France, Delanoë en tête, ne cessent de s’en réclamer. Droits de l’homme ? C’est en leur nom qu’on expédie l’innocence en prison, et qu’on bichonne les pires des criminels. 1789 ? Un siècle de guerre civile en France, initié par une révolution bourgeoise (voir l’article de l’ami Desroches). Les Lumières ? Comme s’il n’existait ni raison, ni science, ni bon sens, ni philosophie avant les Lumières. La République ? Une comédie de suffrage où l’on change une équipe de guignols tous les cinq ans. « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ? Comme si moi, Jacques Philarcheïn, patriote appelé prochainement à comparaître en correctionnelle pour avoir dit quelques évidences, j’étais « libre » ! Comme si moi, Jacques Philarcheïn, j’avais les mêmes droits (et les mêmes moyens) que le MRAP ! Comme si moi, Jacques Philarcheïn, j’étais l’égal de ces racailles qui peuvent cogner, tuer, violer avec la bénédiction de la République, pendant que les honnêtes gens n’ont plus droit ni à la parole, ni à la légitime défense !

Un simple fait devrait nous arrêter : tous les mouvements patriotiques, sans exception, quand ils ne sont pas estampillés « extrême-droite », sont catalogués par le Système comme « anti-républicains », ce qui revient au même. Résistance Républicaine elle-même est, au yeux du Système, une organisation totalement anti-républicaine, une organisation hostile au joyeux vivre-ensemble républicain. Rappeler à tout bout de champ que nous sommes républicains ne nous vaudra ni considération, ni même tolérance de la part du Système. Nous pouvons hurler 24 heures sur 24 que nous sommes républicains, le Système et l’homme-masse continueront à voir en nous des néo-nazis, des « Hitler »… Le point Godwin a encore de beaux jours devant lui.

C’est au nom de la République qu’on réduit les patriotes au silence ; c’est au nom de la République qu’on détruit la France. Comparez un instant ces deux concepts : France et République. La France évoque des choses concrètes, une histoire, un territoire, des paysages, des gens, des villages, on croit sentir un fumet de cuisine, on salive à l’idée d’un fromage, on se réjouit d’un bon vin. La République évoque un fonctionnement politique, rien de plus, et encore un fonctionnement politique qui ne correspond, précisément, qu’à une histoire assez récente, celle qui débute en 1789. Dès l’origine, la République, par rapport à la France, ne pouvait être qu’un concept rabougri, pour des raisons évidentes, des raisons de chronologie et de logique (la partie ne saurait être plus grande que le tout).

Rabougries dès l’origine, ces valeurs républicaines se sont amenuisées jusqu’à n’être que du vide : c’est l’horrible situation d’aujourd’hui. Et le Mal, c’est le vide, comme le vide est le Mal. Je veux bien me battre pour des valeurs ayant un sens déterminé, concret. Mais me battre pour des slogans, des outres creuses, c’est terminé. Si un jour la France est sauvée, peut-être que nous sauverons avec elle sa défroque républicaine… Je n’ai rien contre cela. Il y a des naufragés qui finissent nus sur la plage, et d’autres qui ont conservé quelque linge sur le dos. L’essentiel est que l’organisme vive, avec ou sans la République.

Aucun d’entre nous ne sait ce que sera la France dans cinquante ans ou dans un siècle. Si elle est encore républicaine, à la bonne heure ! Si elle ne l’est plus, qu’importe ! Le tout est que l’organisme vive. Qu’il surmonte notamment toutes les maladies sociétales d’aujourd’hui, qui peuvent être mortelles. Que la France vive, avec ou sans la République… Et à cette fin, il faut déjà qu’elle se débarrasse d’une certaine république, celle des slogans usés (Ah, 1789 ! Ah, les Lumières!), des lieux-communs démagogiques, des crispations stupides… La France a fait la République. La République ne fait pas la France.

Jacques Philarcheïn

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