La révolution ou le gouffre

Publié le 25 avril 2017 - par
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« Nous n’allons pas au monde en doctrinaires pour lui apporter un principe nouveau. Nous ne lui disons pas : Voici la vérité. Tombez à genoux ! »

Karl Marx (lettre à Ruge 1843)

En politique, il est des orgueilleux cupides qui de leur vivant érigent des statues de marbre corsetées de béton. Ils sont comme ces marins égarés ayant rencontré une méchante vague porteuse. Comme le mouvement perpétuel, elle les ramène inévitablement au même endroit. Cette fixité, capable de durer indéfiniment, est la marque des doctrinaires intransigeants qui manifestent un parti pris :

« Nous ne bougeons pas donc les idées ne bougent pas, ainsi votre intérêt est toujours de se fier à notre boussole infaillible que suivent nos opinions. »

Les ombrageux intellectuels, commentateurs, journalistes médiatiques cumulards (un journaliste, c’est souvent au chômage ou c’est une pute ), grands spécialistes des « opinons » sentencieuses ( il est vrai qu’ils opinent et font opiner du bonnet ) ont décidé depuis des mois que Macron était élu. Dans le réel cela consiste à manipuler les braves « gens » qui ne feront que se soumettre à la mascarade électorale écrite d’avance.

Considérant leurs hautes qualités usurpées nous pouvons affirmer que le Front National peut cependant arriver au pouvoir. Il suffit d’écouter ces Attali, Duhamel, Bergé, Aphatie, Calvi, Elkrief, Salamé et autres BHL, qui soliloquent le contraire pour en avoir la certitude. Leurs prévisions s’avèrent régulièrement fausses, la dure réalité est plus forte que leur propagande de corrompus.

Rosa Luxembourg disait :« l’existence détermine la conscience ».

Le FN a d’abord dû se construire, puis résister aux ouragans des politiciens professionnels qui voulaient l’abattre. Il en est sorti grandi et respecté, par les français, au grand désespoir de la Bourgeoisie comme classe. Jean-Marie Le Pen a tenu bon le cap vers le pouvoir, à sa manière, avec son caractère d’homme, naturellement bigarré de défauts et de qualités, mais en bon disciple de Gramsci, sachant que « La conception du processus révolutionnaire est caractérisée par deux traits fondamentaux que Romain Rolland a résumé dans son mot d’ordre : Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté. »

Mais faut-il le redire une fois encore ? Sans son énergie stupéfiante et sa sûreté de jugement, le Front ne serait resté qu’un groupuscule de nostalgiques avinés ( Gustave Le Bon écrivit: « L’intelligence montre toutes les possibilités pouvant se produire. Le jugement discerne parmi ces possibilités celles qui ont le plus de chance de se réaliser. » )

Il est stupide d’affirmer que Jean-Marie Le Pen « ne voulait pas le pouvoir ». En bon matelot, il méditait les paroles de Mitterrand, « il y a ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui se contentent d’en humer l’écume » . Il faut, avec un bateau, un planeur ou un parachute « savoir faire avec les vents », c’est une école de la patience, une pratique du stoïcisme. Toute prise de pouvoir est un composé de patience et d’obstination. Les stratèges politiques veulent, veillent et guettent.

Marine Le Pen en bonne élève se forgea donc un caractère de tigresse : Attendre puis bondir.

Alors la voilà attaquée, par les docteurs de la foi cathodique, comme d’habitude sur les prétendus résidus de « fascisme » ou sur son absence de qualité « d’experte » reconnue en économie pour appliquer un programme non conforme aux diktats de la « mondialisation ».

Les experts, évidemment, sont toujours les Hollande, Moscovici, Copé, Parisot, Gattaz, Pompili, Hue, Bayrou … Thierry Pech, Laurent Berger and Coo ! Les experts en faillite, les génies du chômage, les érudits de la destruction du service public, les diplômés de la délinquance, les agrégés de la désinformation. Les diplômés en arrivisme.

On veut nous refiler les vieilles occasions, les spécialistes de l’escroquerie, ceux qui sont ou ont été aux affaires et dont nous connaissons et subissons les résultats calamiteux.

On nous vend la grande révolution française de 1789 comme l’aube du renouveau européen. Mais la force des Robespierre et des Saint Just, c’était précisément de n’avoir jamais été, auparavant, aux affaires.

Ce qui semble échapper aux médiatiques causeurs des beaux quartiers, c’est que le FN est

« historiquement » le porteur de la rupture. Le FN n’est pas un parti « révolutionnaire » à priori. Il le devient par obligation sociale, économique et patriotique.

Le règne des gestionnaires s’effondre et la nature a horreur du vide.

Avez-vous oublié ? Lénine n’était qu’un petit bourgeois social-démocrate vagabond et désargenté mais il accepta, contre tous, le poids de l’inévitable révolution. Il fallait bien reprendre les commandes de la folle locomotive russe désertée.

Nous sommes dans un cas de figure comparable. Le processus révolutionnaire français désigne ses chefs. Comme disait Lénine, « Le bolchevisme est un socialisme de soldats » et non pas un pique-nique champêtre pour élus débonnaires. La révolution s’empare du Front National comme outil. C’est elle qui choisit, on ne la choisit pas. Il n’y a que Mélenchon pour avoir cru que son écharpe rouge bobo et ses discours flamboyants lui conféraient une stature d’insurgé.

On nous parle, ici et là, de l’accord, plus ou moins tacite, après les présidentielles, des « insurgés », des vrais gaullistes, des syndicats (lesquels ?) pour mener à bien l’entreprise d’un troisième tour social. On se trompe et on nous trompe, on nous a déjà fait le coup avec Sarkozy et Hollande. Le peuple de France n’a plus aucune alternative car sinon, n’en doutez pas, ce sera Macron pendant cinq ans avec « les forces de l’ordre » et les médias pour domestiquer les travailleurs.

Malgré sa diversité, sa patience policée, ses contradictions, le peuple de France s’insurge librement. Les « rouges » rejoignent en masse la vague bleu-marine. Notre peuple a le goût des parisiennes parfumées, des vins de terroir, des vacances à la campagne et des plages inondées de soleil, mais il véhicule aussi, dans son patrimoine génétique, la fièvre de Hoche, Kléber et Marceau, la foudre des foules brandissant leurs piques, le courage des Gavroche sur les barricades et le silence des résistantes sous la torture.

La Nation choisit Marine comme naguère elle reconnut Jeanne pour préserver son identité. Il ne s’agit plus, aujourd’hui, d’immigration mais de migrations. Les nouvelles grandes invasions sont en train de faire craquer toutes les faibles digues érigées en vain par tous les régents d’Europe. C’est pourquoi les patriotes se lèvent comme leurs aïeux les poilus en entendant à l’oreille murmurer :

« Debout les morts ! »

Alors macronistes réactionnaires de l’heure dernière, experts ignobles, sans identité autre que le prix des choses, quittez notre terre. Laissez-nous les champs de ruines, nous reconstruirons, entre pauvres gens à qui « tout est peine et misère ».

Emportez la patrie à la semelle de vos escarpins de luxe. Partez vite, car la France éternelle, malgré vos trahisons et vos spoliations, est de retour.

Mais pour Le Font et pour Marine, la responsabilité de la révolution est écrasante. Il ne faudra ni trahir l’émancipation sociale, ni freiner la destruction du capitalisme, ni plier devant les barbares français ou étrangers, ni sous prétexte d’une « laïcité » gangrénée d’exiger des chrétiens et des juifs de se faire discrets sur leur terre millénaire sous prétexte de « ménager » la susceptibilité de la Grande Mosquée de Paris (qui vient d’appeler à voter Macron !!).

Au final seule la refondation d’un nouveau Conseil National de la Résistance pourra définitivement unir la nation contre les parasites de son patrimoine.  L’ordre libéral bourgeois trébuche, il faut donc le pousser au son du refrain de Montesquieu : « Je n’aime que ma patrie ; je ne crains que les dieux ; je n’espère que la vertu. »

Jean-Marc DESANTI

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