La révolution robotique va rendre encore plus aigüe la question de l’Islam

Publié le 18 avril 2015 - par - 2 194 vues
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Couverture reconquistaRLDans la foulée de la révolution numérique qui, en deux ou trois décennies, a métamorphosé notre vie quotidienne et modifié radicalement l’économie mondiale, des robots, de plus en plus performants et de plus en plus nombreux, sont en train d’envahir tous nos espaces. Aucun pouvoir politique n’est en mesure de ralentir ou d’orienter le phénomène, défini par les mathématiciens comme à la fois « exponentiel et combinatoire ». 2030 sera aussi différent de 2015 que 2015 est différent de 1970 (avant l’informatique généralisée) et 1970 de 1880 (avant l’électricité pour tous). Dans vingt ou trente ans, les machines porteront le coup de grâce à la civilisation néolithique, née il y a dix ou onze millénaires ; certains physiciens, et pas des moins sérieux, prédisent que l’humanité, un jour, pourrait être remplacée par ces golems qu’elle a créés. (Pour un état présent des lieux et les prévisions à court et moyen terme, on peut lire l’excellent Confucius et les automates, de Charles-Edouard Bouée, en collaboration  avec François Roche, édité par Bernard Grasset.)

En quoi cet immense chambardement peut-il, dans les années qui viennent, influer sur l’Islam et les relations entre les Musulmans et les autres ?

On peut, sans entrer dans la spéculation sans frein, faire plusieurs remarques.

  1. La robotisation ne va pas seulement faire disparaître les emplois sans qualification ; elle accélèrera encore la « mondialisation » ou « globalisation » avec les effets que l’on connaît : domination du marché par de très grandes entreprises (du type Apple, Google, Amazon…) ; développement de l’économie de la finance ; accroissement du différentiel entre pays très riches et pays très pauvres, entre individus très riches et très pauvres ; etc.

Il est amplement démontré que les pays musulmans souffrent de handicaps culturels qui les rendent incapables d’entrer dans cette nouvelle modernité. Tout donne à penser que leur décrochage ne peut que s’aggraver.

D’où des masses de plus en plus pauvres et en marge de l’histoire, en proie à un sentiment de frustration, générateur d’instabilité chronique et de violence. D’où, notamment, des révolutions, des dictatures, des coups d’Etat… (Faut-il dire : Comme d’habitude ?) Adieu, l’utopie des printemps arabes !

  1. La mondialisation s’accompagne partout d’une amplification du sentiment identitaire. Les peuples, déboussolés par des changements toujours plus rapides et qui ne leur permettent pas de dessiner un futur où ils auraient leur place, se raccrochent à leur identité profonde, qui leur garantit l’indispensable fierté d’appartenance et où ils pensent trouver des recettes qui ont fait leur preuve.

En Islam, ce mouvement est d’autant plus puissant que le retour au passé comme référence, « l’involution », est le sens même de la dynamique temporelle. C’est la sunna, et la sunna est le gêne directeur de l’islam.

Les salafistes de toutes nuances, qui prônent l’imitation à l’identique de Mahomet, « le beau modèle » selon le Coran, vont se multiplier, et, avec eux, en conséquence, les modèles d’actions puisés dans sa vie : meurtres, massacres, déportation de minorités…, toutes les formes du djihad par la ruse et par la violence. Al-Qaida, l’Etat islamique, Boko Haram… sont annonciateurs d’un tsunami terroriste.

  1. Les pays musulmans s’asphyxient sous le poids de leur démographie folle. La robotique va nécessairement y augmenter le nombre des « hommes en trop ». Les lois sur les modes de compensation à l’excèdent démographique (telles qu’exposées au siècle dernier par le polémologue Gaston Bouthoul) permettent de prévoir des guerres, intramusulmanes ou contre les Infidèles, l’éradication des minorités, des émigrations de masse…

D’autre part, la valeur de la vie humaine étant en baisse constante, le nombre des attentats suicides connaîtra une forte hausse.

  1. Dans les pays ayant accueilli une importante diaspora musulmane, il faut s’attendre au pire : pression migratoire accrue, intégration impossible et, d’ailleurs, refusée de part et d’autre, économie souterraine efflorescente, criminalité inflationniste… et fin de l’utopie d’un islam-religion, « modéré » et prétendument compatible avec la démocratie.

Voilà ce que nous apportent les robots à coup sûr.

En conclusion, on pourrait dire : Heureuses les nations à la démographie basse et sans communauté immigrée inassimilable, comme, par exemple, le Japon. Tiens, le Japon est justement le pays qui, l’an dernier, s’est doté du plus grand nombre de robots (16% du total mondial, devant la Corée du Sud et la Chine).

Quant à la France,  il lui faudra choisir. Ou prendre sa part résolument dans la mutation civilisationnelle induite par les nouvelles technologies de la robotique, c’est-à-dire rester parmi les nations qui ont un avenir, ou tolérer en son sein une communauté musulmane de plus en plus nombreuse, revendicative, pesante, entravante, et finalement mortifère.

René Marchand

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