La rivalité algéro-marocaine pour le contrôle du CFCM conduit à moins d’intégration

Contrairement à ce qui se produisait auparavant, la presse française, en 2012, n’a pas informé nos concitoyens de l’intrusion annuelle d’imams venant d’Algérie ou du Maroc en France, à l’occasion du ramadan. Ont fait exception La Croix ou Nord-Eclair.

Les Français ne pourront donc plus savoir que chaque année plus d’une centaine d’imams étrangers viennent renforcer les rangs des imams déjà installés en France.

Cette implantation étrangère au sein de l’islam en France contredit les sempiternelles promesses d’un islam de France, effectuées depuis plus de 20 ans, garantie d’une démocratisation de cette religion au contact des valeurs républicaines. Pourtant, ne se lassant pas de cette rengaine ritualisée, le nouveau ministre de l’Intérieur Manuel Valls a encore invoqué cet islam de France, en invitant début juillet les musulmans à le construire indépendamment de toute tutelle étrangère (1).

L’islam de France, c’est comme l’Arlésienne : on en parle beaucoup mais c’est un concept qui se dérobe à toute réalité. Si ce n’est d’anesthésier les Français, pour les empêcher de constater la dangerosité de l’islam, dont de nombreuses prescriptions sont incompatibles avec les valeurs républicaines. L’islam de France, ce serait une nouvelle religion qui renoncerait à toute intention temporelle ou politique, pour se cantonner au domaine spirituel. Bref, une religion qui n’aurait plus grand-chose à voir avec la religion mahométane.

L’islam de France serait également une religion totalement contrôlée par les musulmans de France.

On en est évidemment aux antipodes, avec cette arrivée en juillet d’imams algériens. 120 imams d’Algérie, envoyés en France, exerceront leurs fonctions au sein de mosquées françaises gérées par la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris. Le ministre des Affaires religieuses en Algérie, M. Ghlamallah, aux côtés du recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a souligné l’intérêt qu’accorde l’État algérien « au sens nationaliste, civique, éthique et religieux dont doit faire preuve l’imam pour qu’il soit le meilleur ambassadeur de son pays » (2).

Eh oui, des imams algériens vont exercer leurs prêches en ayant en arrière-pensée une motivation nationaliste algérienne. Cette annonce du ministre algérien ne se préoccupe en rien d’un islam de France, mais elle « s’inscrit dans la lutte d’influence que se livrent sans cesse l’Algérie et le Maroc pour contrôler l’islam [en] France et étendre leur pouvoir au sein des lieux de culte musulmans, et ceci afin de mieux investir le Conseil français du culte musulman (CFCM) » (2).

Leur premier souci n’est évidemment pas de métisser un islam avec une culture française, mais de propager leur talent en arabe, comme l’indique un représentant du culte musulman dans le Nord : « ils connaissent le Coran par coeur, ont une prononciation exacte des mots, ce qui va augmenter le niveau de nos fidèles. » (3) « Chaque année, nous recevons des imams qui récitent le Coran par cœur ». Bigre, quelle belle preuve d’ouverture et d’humanisme.

De plus, ces imams seront accompagnés de « mourchidates » (chargés de la prédication et l’orientation) qui auront pour tâche de se rapprocher des familles algériennes vivant en France pour contribuer à la sauvegarde de leur cohésion (4).

On voit bien que tout cela contribue davantage à enfermer des personnes issues de l’immigration dans un enfermement communautaire sous le chaperonnage d’envoyés « du bled », pour les remettre bien sur les rails, en cas de déviation vers une assimilation française.

Ce « cadeau » offert par les responsables islamiques du Maroc et de l’Algérie s’effectue depuis déjà de longues années. Mais il s’amplifie régulièrement. Ainsi, d’environ 60 imams marocains en 2007, on est passé à 180 imams l’an dernier (5). De 100 imams algériens en 2011, on passera à 120 cette année (6).

Dans les années passées où l’on osait encore annoncer aux Français ces venues, les rédacteurs des articles (comme ceux de RFI ou du Monde) rassuraient leurs lecteurs, en affirmant que « pour la France, ces imams marocains sont la garantie que les prêches prônent un islam tolérant. » (5)

Une belle imposture, car l’islam à la marocaine n’est pas forcément tourné vers la modernité, si l’on considère que le ministère des Habous et des Affaires islamiques marocain, gardien de l’orthodoxie sunnite de rite malékite, préconise de lire les livres de son fondateur l’imâm Malik Ibn Anas (710-795), dont l’incontournable Al-Muwatta’. Or y sont prescrits l’exécution des apostats, l’exécution des chanoines faisant de l’apostolat , la légalité de l’esclavage et l’inclusion des femmes dans la composition du butin de guerre, alors licitement violées. L’autre livre référence, La Risâla (L’Epître), prône toujours le djihad (7).

On est donc loin de l’objectif utopique d’un islam démocratique de France qui favoriserait l’intégration. Est renforcé au contraire une tendance conservatrice de l’islam en augmentant le nombre de ces imams malékites. Car une fois le ramadan achevé, il serait intéressant de savoir combien rentrent vraiment en Afrique du Nord.

Ce genre de démarche ne rend que toujours plus difficile l’intégration des citoyens de culture musulmane. On s’éloigne donc ainsi toujours plus du modèle d’intégration à la République et à la laïcité.

Jean Pavée

(1)    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/06/97001-20120706FILWWW00533-valls-un-islam-de-france-independant.php

(2)    http://www.saphirnews.com/Ramadan-2012-120-imams-d-Algerie-envoyes-en-France_a14705.html

(3)    http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/07/21/vingt-imams-d-algerie-en-renfort-dans-la.shtml

(4)    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/26/97001-20100526FILWWW00706-52-imams-algeriens-envoyes-en-france.php

(5)    http://www.rfi.fr/afrique/20110829-imams-marocains-renfort-france-fin-ramadan

(6)    http://www.bivouac-id.com/billets/100-imams-algeriens-pour-diriger-les-prieres-pendant-le-ramadan/

(7)    http://www.islamisation.fr/archive/2008/07/16/100-imams-marocains-malekites-islamistes-depeches-par-le-mar.html

un article de Joachim Véliocas, sur l’Observatoire de l’islamisation, en 2008

L’islam, pratiqué au Maroc, l’islam malékite, est considéré comme « l’islam du juste milieu ». Pourtant le malékisme, pratiqué intégralement, est aussi dangereux que le wahhabisme saoudien. Ainsi le ministère des Habous et des Affaires islamiques marocain, gardien de l’orthodoxie sunnite de rite malékite, préconise de lire les livres de son fondateur l’imâm Malik Ibn Anas (710-795), dont l’incontournable Al-Muwatta’.

Ce livre prescrit : l’exécution des apostats (Malik Ibn Anas Al-Muwatta’’ point 1444 ), l’exécution des chanoines faisant de l’apostolat (Al-Muwatta’, point 982), la légalité de l’esclavage (Al-Muwatta’ , livre 21) ou l’inclusion des femmes dans la composition du butin de guerre, alors licitement violées  (Al-Muwatta’, point 1265 ).

L’autre livre référence, La Risâla (L’Epître), d’Ibn Abî Zayd Al-Qayrawânî, est l’épître de référence, toujours chez les sunnites de rite malékite. Le rite malékite est  également officiel en Algérie, majoritaire en Tunisie et au Sénégal. Ce livre prône le djihad : si les « infidèles » refusent l’ « invitation » (le fameux appel) à embrasser l’islam, ou le statut de dhimmi, ils doivent être combattus par les armes.

 

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