La saga Iquioussen : Darmanin découvre la « République des juges »…

Darmanin à Marseille, ce lundi 8 août

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On s’en doutait un peu, et confirmation en a été donnée par Moussa Darmanin soi-même lors d’un déplacement à Marseille ce lundi 8 août : l’iman Hassan Iquioussen est fiché « S »…

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Et ce, depuis 18 mois. Les juges du Tribunal administratif de Paris ne pouvaient l’ignorer. Ce qui, le 5 août dernier, ne les a pas empêchés de suspendre l’expulsion de l’imam vers son Maroc natal, ces messieurs estimant qu’une telle mesure était « excessive » et qu’elle portait une « atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale » dudit Iquioussen. Nos juges ont donc, en toute connaissance de cause, décidé que la sérénité de « la vie privée et familiale » d’un imam radicalisé passait avant la sécurité des Français. Paieront-ils un jour pour ce qu’il faut bien appeler une décision criminelle ? A votre avis ?

Darmanin avait aussitôt annoncé qu’il faisait appel de cette décision devant le Conseil d’Etat.

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Ce lundi, de la cité fosséenne, Darmanin précisait : « J’ai signé un arrêté d’expulsion pour ce monsieur, comme je l’ai fait depuis que je suis ministre de l’Intérieur pour 74 autres personnes qui avaient des discours séparatistes » qualifiant Iquioussen de « prédicateur de haine qui n’a rien à faire sur le sol de la République ».

On remarquera le caractère parfaitement grotesque de l’expression « le sol de la République » : la République, que l’on sache, est un régime et non une nation. Le ministre eut été mieux inspiré de parler du « sol national ». Mais le mot « nation » lui écorche peut-être la bouche… Passons.

Cet imam « est radicalisé, il tient des propos antisémites » a précisé le ministre, ajoutant : « J’attends avec sérénité la décision du Conseil d’Etat. »

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La suite des propos de Darmanin est proprement renversante : « Mais si jamais [le Conseil d’Etat] venait à nous donner tort, nous étudierons avec les parlementaires les moyens de donner les forces à la République de se défendre, en modifiant la loi s’il le faut »

Darmanin découvre l’eau tiède : la France est en fait gouvernée par des juges non élus, ceux des tribunaux administratifs, du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel, et non par le gouvernement…

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Petite parenthèse : on se souviendra que le 5 août 2021, le Conseil constitutionnel, présidé par Laurent Fabius, validait le passe sanitaire et la vaccination obligatoire pour certaines professions. Des décisions en tout point conformes aux préconisations du cabinet de conseil McKinsey dans lequel Victor Fabius, fils de Laurent, occupe le poste éminent de directeur associé… Vous avez dit conflit d’intérêts ? Là aussi, passons.

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Que veut dire Darmanin quand il affirme vouloir « donner les forces à la République de se défendre » ? Que les susdits juges seraient en fait anti-républicains ? Des propos qui devraient à coup sûr faire réagir l’ensemble de la classe politique, tant ils sont énormes.

Et que signifie l’épilogue de ses propos : « en modifiant la loi s’il le faut » ? Si les décisions des tribunaux administratifs ainsi que celles du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel ne vont pas dans le sens des décisions prises – avec ou sans l’aval des parlementaires – par le gouvernement, Darmanin estime-t-il que ce dernier se réserve le droit de passer outre ? Eventuellement en faisant voter ou revoter les parlementaires afin d’invalider clairement les décisions des juges ? Ce qui reviendrait à considérer les décisions des juges comme de simples avis consultatifs, le dernier mot restant au gouvernement et aux parlementaires.

Mais c’est une véritable révolution constitutionnelle que vous nous proposez là, mon cher Moussa

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Darmanin a-t-il vraiment mesuré la portée de ses propos ? On peut en douter, tant leur mise en application constitueraient un gigantesque séisme politique. La vérité est sans doute plus triviale : le ministre a simplement voulu se la jouer « gros bras » devant les Français. « Voyez comme je sais être intransigeant quand il s’agit de votre sécurité »… On rappellera au ministre que la proportion d’exécution des OQT ne dépasse pas 15%. Chiffres officiels. Officieusement, on tournerait plutôt autour des 5%…

Ne soyons pas naïfs : au cas où les juges du Conseil d’Etat confirmeraient la décision du Tribunal administratif, l’ensemble du système saura lui rappeler qui gouverne en France. Moussa s’est placé de lui-même sur un siège éjectable. A moins qu’il ne déclare qu’ « on l’a mal compris » ?…

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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3 Commentaires

  1. Ayant observé comme tout les « Français » que Darma Nain a subit un désaveu total et qu’il n’est plus ,ou plutôt n’est pas du tout crédible , je pense que le meilleur des services qu’il peux rendre aux Français ; C’est de démissionner , ce qu’il aurait du faire depuis longtemps . Il ne sert strictement à rien ,c’est un gougnafier ,il ne sait que brasser de l’air et qu’il est coutumier de l’esbroufe . Que l’on donne ce poste a quelqu’un qui en sera digne et qui aura l’audace d’imposer ses mesures ,car Darma Nain n’à aucune audace ; l’audace c’est le talent que les autres n’ont pas « môssieur » .

  2. Dard malin ment, dard malin entube, dard malin enfume, dard malin fait du bon boulot et le bulot franchouillard y croit à mort…

  3. Pendant ce temps là, Trump devient inéligible et plus personne pour faire des calembours sur le Giec. Sale temps, sans jeu de mot, pour les excités.

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