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La secte en pullover ou la dictature en marche sur notre quotidien

Ne croyez surtout pas au hasard quand, de nouveau, un ministre vient nous commander une pratique vestimentaire, à la façon d’un dirigeant de secte qui ordonne un type d’habillement pour bien distinguer les membres vertueux de la secte de ceux qui pourraient lui résister.

Nous ne sommes pas dans le fait divers ou le propos d’un incompétent. Nous sommes dans des actes délibérés de politiques sectaires. Ceux-ci ne veulent plus laisser de place à la vie privée, puisqu’ils sont légitimes à ordonner nos modes de vie dans les moindres détails. Bientôt, ils seront légitimes à ordonner la température et à venir vérifier, en violation de la propriété privée, mais pour une bonne raison, et il s’agira de nous ordonner l’heure de la cuisine et du dîner, au nom de la faible production électrique. Tout est bon pour détruire l’espace privé et commander toute nos vies.

C’est bien une dictature en marche sur notre quotidien, consistant à organiser toutes les privations en les rendant parfaitement légitimes une à une. On nous impose des rituels sectaires, puisqu’il sera possible d’inclure tous les membres vertueux qui auront mis leur pull-over et d’exclure visiblement ceux qui auront résisté à la consigne sectaire, comme pour les passes vaccinaux. D’autre part, il s’agit bien aussi d’un propos infantilisant. En tenant ce discours, le ministre fait l’hypothèse que le citoyen n’est pas à même de bien considérer les meilleurs moyens de se protéger du froid pendant l’hiver.

La République macroniste retire à chacun sa liberté de s’adapter à son environnement selon son gré et en vertu de ses choix. Comme dans toutes les sectes, il suffira d’ancrer une nouvelle bonne raison à toutes sortes de privations, pour ensuite nous ordonner le comportement considéré comme le seul possible. Face aux pénuries, il sera bientôt raisonnable de recommander l’avortement pour ne pas engendrer de nouvelles bouches inutiles et de stigmatiser les jeunes femmes enceintes : criminelles.  

Depuis trois ans maintenant, l’oligarchie occidentale veut asservir ses populations. Pour cela, elle s’attaque méthodiquement aux trois piliers de la cohérence psychique, indispensables à une vie honnête dans le monde. On nous persuade que nous ne disposons plus des ressources nécessaires à une bonne vie. La vie devient insupportable, car les conditions de vie se dégradent à très grande vitesse. Nous n’avons plus confiance en notre environnement. Ensuite, ils s’emploient à rendre le monde incompréhensible, ce deuxième facteur de confiance tout aussi essentiel est brisé. Nous ne comprenons plus ce qui se passe autour de nous : décisions absurdes, informations biaisées, manipulations de toutes sortes. Nous n’avons plus confiance et ne comprenons plus le monde. Enfin, la dernière est la confiance en l’avenir et dans le sens de ce qui nous arrive. Là, c’est pire que tout, les décisions sont délibérément insensées pour casser cette confiance, liée au sens de ce qui se passe. L’incertitude permanente fait partie de la déstabilisation voulue.

Comme le dit le sociologue Antonovsky, en l’absence de ces trois facteurs de confiance, le monde devient souffrance, le lendemain une épreuve, la vie un stress de chaque instant. Elle est précarisée et l’avenir devient possiblement un enfer. Or, il montre que la santé humaine est liée à ces trois piliers de la confiance. On voit bien que l’oligarchie sectaire nous détruit donc jour après jour méthodiquement. Reconstruisons modestement autour de nous des îlots de confiance qui nous sont vitaux.

Pierre-Antoine Pontoizeau