$La StradaZeneca, pitoyable version de la télévision française

Dans La strada, sur un terrain vague, le grand Zampanò, un hercule de foire, marche torse nu à grandes enjambées sur un tapis autour duquel se sont attroupés quelques habitants d’un quartier misérable. Roulements de tambours. Le spectacle commence : « Voici une chaîne d’une épaisseur d’un demi-centimètre en fer forgé, plus résistant que l’acier ; par la simple expansion des pectoraux, c’est-à-dire des muscles de la poitrine, je vais faire sauter cette chaîne. Pour réussir ce tour de force, je vais gonfler mon thorax comme une chambre à air ; je peux me rompre une veine, cracher le sang. Un jour à Milan, un type qui pesait deux fois plus lourd que moi a perdu la vue en faisant cet exercice. Pourquoi ? Parce que c’est le nerf optique qui fournit tout l’effort, et une fois qu’on a perdu la vue, on a tout perdu. S’il y a des personnes sensibles dans l’assistance, il leur est recommandé de fermer les yeux, il y aura peut-être du sang. »

Le cirque à domicile
Le 3 mars, sur un plateau de télévision devenu, avec son auréole de projecteurs, un cirque à domicile, un mini-Zampanò en costume-cravate entend briser les chaînes de sa condamnation à de la prison ferme. Les roulements de tambour annonçant le spectacle ont retenti les jours précédents : « Mercredi prochain au 20 heures de TF1, mesdames-messieurs, Nicolas Sarkozy sera l’invité de Gilles Bouleau ». L’inévitable boniment du politique ne se fera cependant entendre qu’à la fin de l’entretien. Voulant savoir si ses démêlés judiciaires avaient modifié ses relations avec Emmanuel Macron, le journaliste lui demanda : « Est-ce que l’actuel Président de la République vous consulte en vous disant « que feriez-vous à ma place ? ». Reformulée, la question se fit immédiatement plus personnelle : « D’ailleurs, que feriez-vous à sa place sur la vaccination, par exemple ? »
Après une brève déclaration d’amour adressée à la France au cours de laquelle il crut faire frissonner le pays avec cette confidence : « Je suis français par tous les éléments de ma peau », le Nicolas Sarkozy que l’on connaît entra en piste pour répondre à la question de la situation sanitaire du pays : « Sur la situation, elle est très difficile. Pour moi, c’est clair, et je l’ai dit au Président de la République, la seule solution contre le Covid, c’est vacciner, vacciner matin et soir, vacciner sept jours sur sept, parce que le problème n’est pas le confinement, le problème c’est le virus, le virus sous toutes ses formes, et la seule réponse à ce virus, c’est la vaccination, il faut vacciner jour et nuit, sept jours sur sept, c’est la seule façon de s’en sortir et c’est la façon d’ailleurs qui coûtera le moins cher. »

Un ancien président qui saute comme un cabri
Non seulement Nicolas Sarkozy a rappelé qu’il payait ses impôts en France, non seulement il s’est inquiété du coût pour le contribuable français des poursuites judiciaires et des enquêtes dont il a été l’objet depuis dix ans, mais en plus il sait, lui, de façon certaine, que le vaccin est la solution la plus sûre et surtout la moins coûteuse pour le pays. Après quinze mois durant lesquels le Gouvernement a trompé les Français, les a effrayés, privés de liberté, manipulés, confinés, culpabilisés, infantilisés et sanctionnés, sauter ainsi sur sa chaise comme un cabri en disant « le vaccin, le vaccin, le vaccin » et n’avoir que cela à dire aux Français, n’est pas à la hauteur de la fonction occupée hier. Nicolas Sarkozy n’a fait que jeter sa désinvolture à la figure des Français. N’apprenait-on pas le lendemain sur BFM TV que le chef du service de réanimation à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avait été testé positif au Covid-19 après avoir reçu le vaccin Pfizer ? Puis, quelques jours plus tard, que Le Danemark, la Norvège et l’Islande, suivis par d’autres pays, puis aujourd’hui par la France, suspendaient le vaccin AstraZeneca ? Qu’à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy entend éclairer le choix des Français lors de la prochaine élection présidentielle. Le bruit court qu’il pourrait leur demander de voter Emmanuel Macron.

La chienlit de la gestion gouvernementale
Mensonge sur les masques, maintien de l’ouverture des frontières, interdiction de prescrire faite aux médecins, mise à l’index de l’hydroxychloroquine, instrumentalisation de la peur, confinement, abandon des essais cliniques, utilisation aberrante des tests PCR. Plus achat par l’Europe, auprès du laboratoire Gilead, de doses massives, inutiles et dangereuses de remdésivir, couvre-feu, fermeture des restaurants, des bistrots, des lieux culturels et des salles de sport, endettement du pays, conflits d’intérêts, insultes, menaces de mort, plaintes diverses et variées, comité scientifique sans comptes-rendus, conseil de défense flottant et autoritaire, plateaux de télévision saturés par une parole aux ordres, comptes Twitter censurés, course précipitée au vaccin, opacité des contrats, désorganisation à tous les niveaux, annonces contradictoires, parlement dépassé, commissions d’enquête inutiles, cynisme de la nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur d’une infectiologue ayant des conflits d’intérêts avec Gilead et enfin exfiltration de l’ancienne ministre de la santé vers la Suisse avec une nomination promotionnelle à l’OMS. Face à cette monumentale chienlit, l’ancien président de la République, plus caricatural que l’image qu’en donne ses imitateurs, s’est réfugié dans un boniment à la Zampanò.

Où est l’opposition ?
Où est donc l’opposition dont il est difficile de dire que l’ancien président ne fait pas partie même si certains de ses obligés sont « en même temps » dans la majorité ? Les Français, pour ne pas perdre espoir, n’auront entendu que Florian Philippot, Jean-Frédéric Poisson, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau leur parler des traitements, quelques rares parlementaires, quelques journalistes tout aussi rares, et aux avant-postes, quelques chercheurs de haut niveau, des médecins, des personnels soignants, tous opposants courageux à la soumission de l’Etat à des intérêts qui ne sont pas ceux du pays.

Jérôme Serri

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