La stratégie américaine de couper l’Ukraine de la Russie n’a pas marché

Publié le 13 décembre 2013 - par - 1 072 vues
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Les maîtres de ce monde seraient-ils en difficulté ? La situation en Ukraine permet, une nouvelle fois, de se le demander. A la crise inattendue, voire inespérée, que subissent en Syrie les membres Al-Qaïdistes (ou Al-CIAdistes) de l’alliance anglo-islamiste, s’ajoute dans plusieurs pays européens la crise de plus en plus sévère du politiquement correct (« pourrect », pour les intimes). La chape de plomb se fissure. Une teinte rougeoyante s’empare d’elle, trahissant la montée du magma « populiste ». C’est étrange. Les logiques
orwelliennes échouent. « La paix, c’est la guerre », ça ne marche plus. « La liberté c’est de fermer sa gueule » fait de moins en moins recette aussi.
Le peuple européen semble décidément insupportable. Jamais deux sans trois. Ou jamais deux sans trop, de « trop c’est trop » : voici qu’en Ukraine, « L’harmonie,  c’est la zizanie » n’a pas non plus fonctionné. On voulait isoler la Russie. On : L’Ombre. Mais l’ombre a dû sortir de sa tanière, ce qui est rarissime. La tactique habituelle des Américains, de se servir de leurs obéissants valets allemands, ne fonctionnait pas. De ces jours ci, afin que le gouvernement ukrainien revienne sur sa décision de « suspendre » les discussions menant à son adhésion à la soi-disante « union européenne », la  fine fleur de la diplomatie anglo-saxonne s’est déplacée en personne à Kiev.
Mesdames Victoria Nuland, du « département d’Etat » américain, ainsi que Catherine Ashton, qui dirige les affaires étrangères à « l’union européenne », se sont présentées sur le sol ukrainien en vue officiellement de persuader Viktor Ianoukovitch qu’il se remette à la table des négociations, et officieusement, en vue de l’intimider à l’heure de nettoyer le centre de Kiev de quelques dizaines de milliers de manifestants. Ceux-ci s’estimaient à peu près aussi fermement soutenus que les islamistes radicaux en Syrie, occupaient des bâtiments indûment, déboulonnaient des statues, empêchaient la circulation, etc. le tout dans un clair signal de provocation au gouvernement pleinement « démocratique ». Mais serait-ce, soudain, que « la démocratie c’est la dictature » ?
Toujours est-il que ce bruyant conglomérat de manifestants, parmi lesquels on trouve probablement le groupe de nationalistes le plus fourvoyé du monde (le parti Liberté), est à présent déçu. L’ordre est rétabli. Le  temps du nettoyage, de la capitulation et des possibles règlements de compte est venu.
On ne mesure probablement pas assez l’ampleur de cette bataille. Les moyens mis en oeuvre en Ukraine sont énormes. La CDU allemande, valet parmi les valets, a été jusqu’à créer un parti qui est purement et simplement son émanation : l’UDAR, qui est l’alliée des « nationalistes ».
De toute évidence, la volonté anglo-américaine de « stabiliser » l’Ukraine a échoué, ce en dépit des moyens mis en oeuvre, y compris la présence physique de leurs éminences (dont celle « européenne »). Le plus extraordinaire est que des « nationalistes » soient venus à leur secours. On devrait, à ce sujet, se lancer dans des considérations sur le contraste entre le Nord-Ouest de l’Ukraine, proche de l’esprit polonais, au reste du pays.
Insidieuse, nuisible, l’Ombre est pour une fois sortie de l’ombre, démontrant au passage à quel point ses intérêts se fondent dans la soumission des pays européens à « l’union européenne ». Elle voulait couper l’Ukraine de la Russie. Mais ça n’a pas marché. « Les vessies, c’est des lanternes » : ça ne marche plus.
Oscar Letilleul

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