La stratégie du mâle bêta : pour vivre heureux, vivons à genoux

Publié le 6 avril 2019 - par - 11 commentaires - 978 vues
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Contrairement à ce que certains poujadistes pensent (Alain S., Boris L., Daniel C., Alain de, Henry de,  Julien R., Serge A. …), la classe moyenne n’est pas l’âme de la nation, le support de son identité, l’aristocratie du peuple aujourd’hui bafouée par des élites corrompues. La classe moyenne n’est pas non plus un collectif de gros balourds mal dégourdis – idiots et naïfs – qui aurait systématiquement la mauvaise idée de croire tout ce qu’il entend à la télé. Fondamentalement honnête mais dramatiquement désinformée, la classe moyenne ?

La classe moyenne est en vérité le plus fidèle soutien au Système : 1001 conférences fachosphériques ne pourraient la faire dévier de sa trajectoire pleinement assumée.

En Occident, la classe moyenne a la vie facile : 2 voitures, 2 enfants, 2 fois par an en vacances, 2 salaires, « de » bons voisins…

Pour maintenir ce train de vie, ses membres ont choisi la soumission, l’obéissance consciente (bien qu’inavouée, inavouable) au patronat élargi. C’est un non-dit, une convention tacite qui n’a pas connu de délibération concertée. Les membres de la classe moyenne sont tous arrivés à la même conclusion, que c’est là la meilleure façon de protéger leurs privilèges.

Ce qui se traduit matériellement par le refus de toute grève ou revendication, et un vote « sérieux » de centre-droit, voire de droite (P « S » inclus). C’est ce qu’on appelle l’esprit de classe.

Singulièrement, un phénomène original s’est développé tant parmi les cols bleus que les cols blancs (en usine, l’ouvrier sans qualification a pratiquement disparu). En effet, le prolétaire est souvent obligé de se soumettre aux injonctions pénibles de son chef (venir travailler le samedi, par exemple). Une réaction négative de fierté ou sarcastique risquerait d’engager une confrontation inégale avec le supérieur hiérarchique, chose à éviter si l’on veut rester dans ses petits papiers. Le prolétaire décide-t-il donc de neutraliser tout risque de « casus belli » en abaissant temporairement son QI apparent : il va jouer les abrutis, les simplets, les « braves types » de service pour satisfaire aux desiderata de son patron. Selon la séquence syllogique suivante : pas de problème à l’usine = pas de frictions = évaluations positives par le DRH = de meilleures chances de garder son boulot. Et pour qu’il n’y ait pas de problème à l’usine, suffit de les ignorer, les relativiser, les oublier opportunément, de simplement « penser printemps », d’où la baisse artificielle du QI… pas con, le gars (enfin, vous m’avez compris).

L’anonymat sur l’internet permet seul (jusqu’à un certain point) la libération de la pensée du prolétaire, jusqu’à lui donner la pleine mesure de sa valeur.

Du point de vue idéologique, la soumission passe par la négation des réalités économique, culturelle, politique… (voir la dissonance cognitive), l’entretien fidèle de la flamme du libéralisme béat et l’ostracisme vis-à-vis de toute pensée subversive. La classe moyenne s’efforcera de croire aux fadaises des experts patentés et autres intellectuels autorisés. Ça donne : « l’austérité pour relancer la croissance », « punir la Russie pour l’annexion de la Crimée », « l’immigration est une chance pour nos sociétés », « les chômeurs ne veulent pas travailler »…

Le discours dominant – libéral-libertaire – est ainsi devenu une religion…

Comme dans toute religion, c’est un blasphème que de contester son catéchisme. Comme dans toute religion, il y a des procès en hérésie, des condamnations pour sacrilèges.

Comme dans toute religion, il y a quelques bigots et surtout beaucoup de tartuffes…

N’étant pas un logos rationnel, la religion dispense de réfléchir : ça aide pour la dissonance cognitive. C’est là une caractéristique essentielle de la classe moyenne. Elle n’est ni stupide ni désinformée, elle cherche juste à détourner systématiquement les attaques du patronat par la soumission, à passer entre les gouttes.

De fait, les politiciens ne s’y trompent pas, eux qui exigent toujours plus de compromissions. Les politiques appliquées exigent d’abandonner un peu plus à chaque fois le prolétariat précaire. La classe moyenne y consent loyalement (d’autant plus facilement qu’elle ne supportera pas les conséquences les plus dramatiques de ces politiques).

En parallèle, la classe moyenne souhaite de plus en plus sublimer un besoin – semble-t-il irréductible – de solidarité, par l’accueil de migrants.

L’aide aux migrants, c’est pour la classe moyenne l’opportunité de se la jouer « généreuse », au prix – modique – de la charité (qui plus est collectivisée). Une sorte de catharsis de type schizophrénique : par essence égoïste, la classe moyenne découvre la bienveillance, mais la version pas cher… (et pas près de chez elle).

Pour la classe moyenne, les migrants sont des victimes… mais le discours se doit d’en rester là, histoire d’éviter les raisonnements qui fâchent : qui pillent l’Afrique si ce ne sont les multinationales qui inondent les marchés occidentaux de produits chocolatés ou électroniques ? Et qui c’est qui se goinfre entre les repas ? Et qui c’est qui achète une nouvelle tablette électronique chaque année ?  Les délires cognitifs de la classe moyenne lui permettent de penser que donner de la soupe tiède à un migrant africain peut lui gagner le pardon éternel, que la pollution au mercure du puits du village du migrant est oubliée… tout est oublié, tout est pardonné.

La terreur des membres de la classe moyenne ne se nourrit pas du terrorisme islamiste… de la petite bière ! Ces gens n’ont pas peur de la mort, ils n’y pensent d’ailleurs jamais. Par contre, le déclassement social, ça c’est autre chose…

Après 50 ans de gauchisme, la société a vu se dissiper lentement les trois formes séculaires de la solidarité interpersonnelle : la Nation, la Famille et la Communauté religieuse. L’individualisme a triomphé partout : jouir sans entraves étant le nouveau commandement remplaçant tous les autres, il était logique que toutes entraves – quelle qu’en soit la nature – se dissolvent.

L’explosion du nombre de migrants et la robotisation inexorable doit à terme réduire le poids électoral de la classe moyenne, et donc sa valeur pour le Système… mais quand ? Probablement trop tard pour une révolution pacifique…

Geoffrey Delavallée

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Notifiez de
Markorix

L’expression classe moyenne appartient à une époque « sociologisee » où il n’était pas encore bien clair dans quelle direction cette « classe » aurait été menée. Elle ne savait pas qu’elle allait dans le mur . Le seul superbe avantage c’est qu’on peut désormais reparler de PEUPLE et que par cette heureuse redécouverte, nous allons pouvoir remettre les pendules à l’heure, pigé pape François et tous les autres qui voulez culpabiliser et humilier ce peuple?

Denys

Je ne savais pas qu’il y avait des neo communistes qui dénonçaient le « gauchisme » sur RL. Savoureux. Au fait c’est quoi un neo communiste pour mon édification personnelle ? Je crois déjà savoir qu’il attaque le libéralisme mais aussi le libertarisme. Qu’il n’est à l’évidence pas internationaliste. Qu’il a son nazi, le patronat, et son collabo, la classe moyenne. La classe moyenne est surtout « bourgeoise ». Est-ce que le neo communiste croit en la lutte des classes c’est ce qui m’échappe ? Et finalement la lutte entre quelles classes ? Est-ce qu’être neo communiste ça ne serait pas finalement être pro… lire la suite

Gib

Denys
Vous! vous devez en connaître un rayon de rester à genoux avec toutes les prières musulmanes que vous faites a la mosquée. Ah ah ah hi hi hi

Denys

Aïe aïe aïe …

Marnie

La classe moyenne prend du bon temps et profite un maximum de tout ce que lui offre l’argent qu’elle gagne ou a gagné. Elle ne pense pas à l’avenir sombre qui se dessine estimant qu’elle est dans son bon droit d’en profiter. C’est le cas notamment de la classe moyenne en retraite qui a connu les années très dures de l’après-guerre et qui s’en est vu pour obtenir ce qu’elle a acquis péniblement. Cela explique sa fausse indifférence actuelle.

Lili

C ‘est tellement vrai !

le Franc

c’est clair, car la classe moyenne, c’est la dette de 2 500 milliards dont ils disent que c’est du pipi de chat (mélenchon, héraut de la classe moyenne)

Moustique Rouge

Trop facile de jeter la faute sur les classes moyennes, faut pas oublier que les bourgeois sont tout autant responsables que le reste, la vérité c’est qu’en France, les Français n’ont aucune solidarité, la république française n’est qu’un nid ou seul les privilégiés en profite (spécialement les francs-mac) seule chose véridique dans l’article les français ne sont préoccupés que par leurs quotidiens (vacances, week-end ect) et c’est la même chose pour la majorité des Européens. L’Europe est offerte sur un plateau d’argent à tout conquérant a cause de la niaiserie généralisée des Européens.

Geof'

je suis l’auteur de ce texte, je ne dis pas que la CM est responsable de la situation, je dis juste que face à l’invasion migratoire, aux privatisations, à la fraude/ingénierie fiscale, à la destruction du droit social…, la CM préfère se soumettre, elle a trop à perdre (c’est d’ailleurs un truisme) ; mais voilà, les intellectuels de droite continuent à la jouer « les gens (dont la CM) ne savent pas qui est macron » (càd le fils à rote-shield)…ben, si, les gens savent très bien qui est qui ; la bêtise des gens n’est que feinte !!!!!!!!!
Geof’

jan le Connaissant

Très bien vu !!

"à la" poubelle !

Excelente analyse !