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La Suède voudrait expulser 80.000 demandeurs d’asile : trop tard ?

suedesuicide« Ils ne nous aiment plus ici, confie Maher, un Syrien réfugié en Suède, désabusé par la vie qui lui est offerte dans ce pays d’accueil, nous rapporte le Daily Mail du 31 janvier. On est trop nombreux, poursuit-il. On n’a rien à faire à part manger leur nourriture et dormir ». Il se plaint des chambres trop petites, de leur saleté, il n’aime pas non plus les pâtes qu’on lui sert tous les jours à manger. Le centre est tenu comme une prison chrétienne avec des prières avant chaque repas. On est musulmans. Et il pense aller tenter sa chance en Finlande.

La désillusion n’est pas qu’à sens unique. La Suède, un peu comme l’Allemagne, se réveille à l’aube 2016 avec la gueule de bois.

Qui l’eût dit? Depuis les années Olof Palme, la Suède a délibérément mis en œuvre une politique de multiculturalisme et d’hospitalité, ouvrant généreusement ses portes aux réfugiés et immigrants de tous horizons. La Suède serait multiculturelle ou ne serait pas. Ses gouvernements successifs ont pratiqué cette politique jusqu’à faire de la Suède  le premier pays d’accueil européen au prorata de ses habitants, et, forte de la caution morale que cette  ligne de conduite lui procurait, enjoignait à ses voisins de faire de même.

L’ex-Premier ministre suédois Frederik Reinfeldt allait jusqu’à déclarer: Notre pays appartient-il à ceux qui vivent ici depuis 3 ou 4 générations? Ou la Suède est-elle ce qu’en font les adultes qui  arrivent ici? Pour moi il est évident que la réponse est ce second cas de figure et qu’une société ouverte est une société plus forte.

Comme chez nous, cette altérophilie s’assortit d’autodénigrement. Cela se ressent jusque dans la littérature policière suédoise qui a fleuri ces dernières décennies et enchanté les amateurs de polars du monde entier. Les enquêtes du lieutenant Walander chez Mankell, du commissaire  Winter chez Ake Edwardson, ou du journaliste Blomqvist chez Larsson, se déroulent toujours sur un fond de Suède homophobe, un peu machiste, raciste, voire carrément nostalgique du nazisme, bref une Suède rance et moisie qu’il faut impérativement condamner plus encore que l’auteur des crimes que la police traque.

Las! il semble que la récente vague d’immigration que nous connaissons actuellement et dont rien n’annonce qu’elle va se tarir,  fissure le lisse et beau modèle suédois au point que l’actuel ministre de l’Intérieur Anders Ygeman annonce que sur les 165000 demandes d’asile déposées en 2015, près de la moitié sont rejetées. La Suède s’apprête donc à expulser 80000 migrants au cours de l’année 2016.

Des signes avant-coureurs annonçaient les frémissements du réveil suédois: le rétablissement du contrôle de ses frontières avec le Danemark en novembre dernier; ce mois-ci l’extradition vers le Danemark d’un demandeur d’asile tunisien après l’agression d’une mère de famille dans le métro de Stockholm.

Une série de graves événements, camouflés longtemps par la police et la presse, ne peuvent plus être dissimulés et parviennent maintenant à la connaissance du public. En janvier, le meurtre d’une jeune femme poignardée par un Somalien dans le centre d’hébergement de Mölndal. Cet été, le meurtre d’une mère et son fils dans un magasin Ikea par deux Erythréens, et surtout, après la cauchemardesque nuit de la Saint Sylvestre à Cologne et autres villes allemandes, la révélation d’agressions sexuelles commises en Suède lors d’un concert l’été dernier, que la police avait dissimulées.  En fait, depuis octobre 2015, plus de 5000 incidents, dont 2 alertes à la bombe et 450 bagarres, dans un pays un temps connu pour sa paix sociale. Tout ceci a sans doute entamé chez les autorités et la population le syndrome,  appelé non sans ironie et sans raison, de Stockholm.

Nous serions donc tentés d’applaudir à la sage décision de l’actuel ministre de l’Intérieur suédois: expulsions de quelque 80000 demandeurs d’asile déboutés.

Fort bien! Mais comment? Le ministre admet que les vols commerciaux n’y suffiraient pas et qu’il faudra affréter des charters. La police suédoise, déjà débordée, va-telle réussir à faire monter à bord d’un avion des migrants qui ne veulent pas partir, et en outre, faisons-leur confiance, soutenus par nos antifas, No border et autres ONG droitdelhommistes? Quel équipage acceptera de prendre en charge un vol à si haut risque?

Et pour quelle destination? Est-on sûr du pays d’origine de ces demandeurs d’asile? Celui-ci acceptera-t-il le retour de ses migrants?

Comme l’a dit récemment Catherine Nay sur le plateau de C dans l’air: une fois que les migrants sont là, il est impossible de les faire partir.

Il y a donc de fortes chances pour que les déclarations martiales du ministre de l’Intérieur suédois soient aussi suivies d’effets que les coups de menton de notre Premier ministre.

Le réveil, si réveil il y a, est bien tardif et les Suédois revenus de leur syndrome, risquent, comme nous, d’assister les yeux ouverts à la chute de leur propre monde.