La théorie de Ricardo, un fiasco pour la France

Publié le 20 décembre 2020 - par - 8 commentaires - 818 vues
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La théorie des avantages comparés théorisée par l’économiste David Ricardo préconise qu’une zone géographique (le plus souvent un pays) doit se spécialiser dans le domaine où il est le meilleur en abandonnant celui où il était seulement bon. En gros si vous avez 19 sur 20 en maths et seulement 15 en français, renoncez à hypokhâgne et à khâgne.

Cette théorie peut-être valable au niveau individuel (et encore, nous connaissons plusieurs personnes ayant réussi l’Ena et Polytechnique), envoie un pays vers la mono-industrie. Et la France, pays où de multiples fleurons s’épanouissaient, décida de choisir le… tourisme.

Il est vrai que la France est un pays aux paysages magnifiques (marais poitevin, montagnes, falaise d’Étretat, lac d’Annecy, dune de Pyla, cirque de Navacelles…) et variés (aux États-unis vous devez rouler plusieurs centaines de miles pour sortir du désert), paysages qu’effectivement des millions de touristes viennent visiter chaque année.

Mais c’était faire fi que nous constituions surtout un pays d’inventeurs (les frères Lumière et Montgolfier), de découvreurs (Marie Curie), d’ingénieurs que le monde nous enviait (cela a abouti au TGV), ingénieurs qui ont même généré des paysages (lacs de Serre-Ponçon et de Tignes).

Cela ne comptait plus, nous devenions la capitale mondiale de la couture, de la gastronomie, du tourisme parfois sexuel (ah les petites femmes de Paris) et c’est tout. Giscard décida de freiner le projet du web où nos ingénieurs étaient pourtant en avance sur le projet américain au milieu des années 70. La France était devenue petite à leurs yeux mais curieusement pas à ceux des Français. L’UE était le seul avenir possible et évidemment radieux.

Ce choix déjà calamiteux en soi par le renoncement exigé et la vision de la France qu’il incarne devient dramatique en période de pandémie mondiale. Plus de touristes, plus de richesses, la mono-industrie nous tue dans ces conditions.

On le voit, sans cette spécialisation, la situation de la France serait bien moins terrible. La spécialisation théorisée par Ricardo appliquée à la France a été d’une bêtise sans nom, un véritable suicide.

Comment y remédier ? Déjà, je pense que cela sera impossible avec ce gouvernement. Sinon, il faudra revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire mathématiques et français et on voit qui fera un bon ingénieur. Et ceux-là sauront bien mieux que moi quoi faire.

Platon du Vercors

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Notifiez de
Fabiola FERRANTE

BRAVO ! Superbe article Platon du Vercors !!

Vous avez raison : cette théorie est absurde en finalité !
Je ne la connaissais pas et vous remercie de m’avoir appris quelque chose aujourd’hui.

Par contre, ayant été Responsable Administratif et Financier d’entreprises, je sais qu’une entreprise qui dépend d’un ou deux gros clients, est une entreprise sur le fil du rasoir…
Il faut toujours qu’au moins 60 à 70% du C.A. dépende de plusieurs clients, afin d’être sûr de tenir la route même si on en perd quelques-uns.
L’idéal étant bien sûr de n’en perdre aucun, mais bon…

Alors je ne comprends pas que des politiques ayant fait l’ENA et POLYTECHNIQUE ne sachent pas cette notion de base appliquée dans toutes les entreprises !!
“Il ne faut jamais mettre tous les œufs dans le même panier.” !

lafronde

Pardon, mais la débandade de l’Industrie française n’est pas due au libre-échange en soi, mais au rôle néfaste de l’Etat : excès de réglementation, et excès de fiscalité conjuguée avec une parité trop forte : l’euo-mark ! A ce sujet, voir sur Atlantico l’excellente interview de Marion Maréchal qui dénonce l’Etat assistatnt social comme un boulet qui ruine l’Etat régalien et le pays. La théorie des avantages comparatif de Ricardo ne fait qu’optimiser les gains des consommateurs dans le commmerce international. Le seul problème est que les citoyens devraient pouvoir mettre leurs propres administrations, Etats et gouvernements en concurrence. Et valider le mieux disant : rapport services publics / poids de la fiscalité. tant au niveau local que national. D’où l’avantage aux pays fédéraux !

POLYEUCTE

Nous sommes arrivés à une Société de Services ! De “Livreurs de Pizzas” !
Plus d’Industrie, plus d’Armée, de Médics,
UNE CIBLE FACILE !

Franquie

“nos ingénieurs étaient pourtant en avance sur le projet américain”
Les américains ont d’énormes moyens de lobbying pour faire échouer les projets concurrents. Pensez au Concorde.
Quant au tourisme, c’est devenu la solution de secours de toutes les économies sinistrées sur la planète. Ce qui ne signifie pas forcément que ça fonctionne.
“il faudra revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire mathématiques et français”. Entièrement d’accord. C’est juste la réalité qui nous rattrape.

Irina

“Giscard décida de freiner le projet du web” ?

C’est Giscard qui a équipé la France en lignes téléphoniques, et c’est sous son septennat que le temps d’attente pour avoir le téléphone chez soi est passé de plusieurs années à quinze jours…. Je parle ici des lignes d’abonnés, qui sont indispensables, quel que soit le réseau, pour accéder à internet.

Le deuxième outil indispensable, l’ordinateur personnel, a été créé par un ingénieur de la société française Machines Bull, mais refusé comme projet fantaisiste par sa hiérarchie (comme la photo numérique le fut par la hiérarchie de Kodak).

Le troisième outil, les codes et les protocoles, fut développé en majeure partie par le CERN.

Après tout ça, si vous pouviez nous expliquer en quoi Giscard a freiné le projet du web ?

Platon du Vercors

Je l’ai lu dans “Les francophobes” de David Martin-Castelnau. Mais bon je n’ai plus l’ouvrage entre les mains.

Vova

@Irina :…”les codes et les protocoles, fut développé en majeure partie par le CERN.”… => par deux chercheurs belges !!

Pivoine

“Après tout ça, si vous pouviez nous expliquer en quoi Giscard a freiné le projet du web ?”
Ils l’ont dit plusieurs fois à la télévision…

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